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11 SEPTEMBRE: SPÉCIAL 10 ANS
LE CERVEAU PRÉSUMÉ DES ATTENTATS, C’EST LUI!
Détenu à Guantánamo depuis 2006, Khaled Cheikh Mohammed revendique la paternité du 11 septembre. Son procès se tiendra en 2012 aux Etats-Unis, en pleine campagne présidentielle. Portrait d'un terroriste discret, chef opérationnel méconnu d'al-Qaida.

Par Christian Rappaz - Mis en ligne le 07.09.2011

Son nom, Khaled Cheikh Mohammed, ne vous dit sans doute pas grand-chose. Logique, puisque al-Qaida et la tragédie du 11 septembre sont d’abord liés à Oussama Ben Laden.

C’est pourtant bien ce Khaled Cheikh Mohammed qui est considéré comme le cerveau présumé des attentats les plus meurtriers de l’histoire. De Guantánamo, le centre de détention militaire américain de haute sécurité où il est incarcéré et maintenu vingtdeux heures sur vingt-quatre à l’isolement depuis 2006, il ne cesse en tout cas de revendiquer lui-même la paternité de l’attaque. Terré dans ses grottes afghanes de Tora Bora, Ben Laden n’aurait, selon lui, que validé et financé l’opération. Un investissement estimé à 450 000 dollars par la CIA. Certains spécialistes du terrorisme international vont même jusqu’à présenter Mohammed – KCM, comme on l’appelle désormais – comme le véritable chef d’al-Qaida. Selon eux, il n’aurait fait allégeance à Ben Laden et son organisation qu’après le 11 septembre.

Curieusement, ce terroriste de très haut calibre reste méconnu. Plus que son nom, c’est son image qui a fait le tour de la planète: celle d’un homme en liquette, massif et hirsute, diffusée par les médias lors de son arrestation par l’armée pakistanaise le 1er mars 2003 à Rawalpindi, à la suite de la trahison d’un de ses cousins, appâté par les 25 millions de dollars de récompense offerts par les Etats-Unis. Un portrait aujourd’hui obsolète. Amaigri de 30 kilos après ses cinq ans passés au camp No 7 de Guantánamo, réservé aux détenus «de haute valeur», vêtu d’un drap blanc et coiffé d’un turban rouge et blanc, longue barbe poivre et sel et Coran toujours ouvert dans sa main droite, Mohammed ressemble désormais à s’y méprendre à Oussama Ben Laden. L’intelligence en moins?

DJIHADISTE DE NAISSANCE

La question fait débat. Parfois décrit comme un fin idéologue et un stratège brillant, il ne serait en fait qu’un prêcheur rudimentaire et naïf, parlant un arabe approximatif, loin de maîtriser les versets coraniques. C’est l’avis de Terry McDermott, journaliste au Los Angeles Times. Auteur d’un très long article intitulé «The Mastermind» (le cerveau) paru dans les colonnes du New Yorker le 13 septembre 2010, notre confrère américain est le seul à avoir brossé le portrait de KCM dans son livre Perfect Soldiers, paru en 2005. On y apprend que Khaled est l’avant-dernier d’une famille composée de neuf enfants, benjamin des quatre garçons de la fratrie. Il serait né le 14 avril 1965 dans la banlieue de Koweit City de parents baloutches, venus du Pakistan dans les années 50, et il n’a que 4 ans à la mort de son imam de père. Dès lors, ce sont ses frères qui veillent à son éducation. Zahed, l’aîné, en particulier, est un des leaders des Frères musulmans dans la région, très actifs au Koweït à cette époque-là. Dans son sillage, Khaled étudie la littérature islamiste et découvre les mouvements radicaux.

Citant un de ses professeurs, McDermott le décrit comme un élève studieux, appliqué mais révolté. Il confie qu’avec son neveu, Abdelbassit Abdelkarim, l’auteur de l’attentat du World Trade Center en 1993, plus connu sous le nom de Ramzi Youssef, Khaled a détruit le drapeau koweïtien flottant sur le toit de leur collège.

Considérée comme bidoune (terme arabe signifiant «sans papiers»), la famille Mohammed n’a pas droit aux bourses mais peut envoyer étudier un garçon à l’étranger. Ce sera Khaled.

Muni d’un passeport pakistanais, KCM débarque en janvier 1984 à Murfreesboro, un village de 2000 habitants perdu dans les forêts de pins de Caroline du Nord. Il rentrera trois ans plus tard à Peshawar avec un diplôme d’ingénieur mécanicien en poche, mais surtout avec une haine viscérale des Américains qu’il qualifie de débauchés et de racistes. Adoubé par Zahed, Khaled fait la connaissance de plusieurs figures importantes de l’islam militant. Il croise notamment Abdullah Azzam, le Palestinien à l’origine de la notion de djihad radical, Ayman al-Zawahiri, le désormais numéro un d’al-Qaida et un certain Oussama Ben Laden.

LE ROI DU DÉGUISEMENT

KCM devient un militant islamiste engagé. Installé au Qatar, il sillonne le Moyen-Orient pour récolter des fonds auprès des grandes fortunes. Allié à son neveu Ramzi Youssef, le seul à connaître sa véritable identité, il se lance pendant dix ans dans une campagne de terreur et d’attentats qui ne prendra fin qu’avec leur arrestation. On impute au duo des assassinats au Pakistan, aux Philippines, en Thaïlande, une contribution importante dans l’organisation des attentats de Londres et de Madrid, ainsi que des projets de grande envergure comme l’explosion simultanée en plein vol de douze avions de ligne américains, l’assassinat de Bill Clinton et de Jean Paul II. A Guantánamo, KCM reconnaît avoir esquissé pas moins de 31 plans de ce type. Grâce à son art consommé du déguisement et à sa faculté à changer d’apparence, il échappe à cette époque aux services secrets américains, qui ne le considèrent pas comme un élément clé d’al-Qaida. Une grave erreur d’appréciation qui lui permet de parcourir le monde et de réunir les 19 terroristes du 11 septembre. Depuis le Pakistan, il planifie les moindres détails des attentats, en collaboration avec Mohammed Atta, le pilote en chef, arrivé aux Etats-Unis en juin 2000. Il accueille et forme des recrues à son domicile de Karachi. Il leur apprend les rudiments de la vie clandestine, en leur donnant par exemple une astuce pour communiquer leurs numéros de téléphone par e-mail: convertir chaque chiffre du numéro pour que le chiffre initial et le chiffre codé additionnés fassent dix. Son numéro de portable, 92 300 922 388, devenait ainsi 18 700 188 722. Il leur fournit aussi des mots codés simples: «mariage» pour «explosion», «hôtel» pour «Manille». Ainsi, «préparer un mariage à l’hôtel» se traduit par «placer une bombe à Manille».

AVEUX SOUS LA TORTURE

En janvier 2002, guidé par sa folie meurtrière et son objectif déclaré de «tuer le plus d’Américains possible», KCM apprend qu’un journaliste américain, Daniel Pearl, vient d’être kidnappé par des djihadistes. Toujours selon Terry McDermott, il voit là l’occasion de frapper un grand coup. Il rachète l’otage à ses ravisseurs pour 50 000 dollars, embauche un caméraman et décapite le reporter de sang-froid devant l’objectif. Des images effroyables qui feront le tour de la planète.

En attendant son procès, dont la date exacte et le lieu n’ont pas encore été divulgués, Khaled Cheikh Mohammed continue à narguer les autorités américaines. Il a rejeté ses quatre avocats commis d’office et son interprète, qu’il juge incompétents, et adopte un comportement théâtral durant les procédures. Surtout, il revient sur ses aveux extorqués sous la torture, dit-il. Pour le seul mois de mars 2005, il aurait subi 183 séances de waterboarding (torture de la baignoire), ainsi que diverses autres «techniques d’interrogatoire renforcées». Une bonne partie des spécialistes du 11 septembre le considèrent incapable, intellectuellement parlant, d’organiser dans les détails un attentat d’une telle ampleur…

UNE VERSION OFFICIELLE DE PLUS EN PLUS CONTESTÉE

Qui se trouve derrière les attentats du 11 septembre? Cette question, posée à l’été 2008 par le site américain WorldPublicOpinion.org à 16 063 personnes de 17 pays, a donné des résultats surprenants. Seuls les sondés de neuf pays atteignent une très légère majorité pour accuser al-Qaida, Ben Laden et les islamistes radicaux. Mais au total moins d’une personne sur deux (46%) affirme que ces derniers sont les auteurs de l’attentat. Vingt-cinq pour cent disent ne pas savoir, 15% accusent le gouvernement américain, 7% Israël et 7% «des autres». Même l’Europe est divisée. En France, en Allemagne, en Italie, en Grande-Bretagne ou encore en Russie, des minorités entre 35 et 45% apportent une autre réponse qu’al-Qaida.

 


L’ADMINISTRATION BUSH ACCUSÉE DE MENSONGE

Un autre sondage, réalisé conjointement par le New York Times et CBS, indique que seuls 16% des Américains pensent que l’administration Bush leur a dit la vérité à propos des attentats, alors que 53% estiment qu’on leur a caché des choses et 28% qu’on leur a menti.

Enfin, le 8 juin 2011, une autre enquête d’opinion réalisée par l’institut de recherche indépendant Siena auprès de 643 New-Yorkais démontre que le doute subsiste massivement. Quarante-huit pour cent des sondés déclarent en effet être favorables à l’ouverture d’une nouvelle enquête, en particulier sur l’effondrement de la tour No 7 du WTC ainsi que sur l’attaque du Pentagone.

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Tags: 11 septembre, 2001-2011, al-Qaida, Guantánamo, Khaled Cheikh Mohammed, cerveau, attentats, terrorisme, djihadisme Aller en haut de page Haut de page

 

10 ans après les attentats du World Trade Center, croyez-vous à la thèse officielle? (sondage réalisé du 7 au 13 septembre 2011, minuit)


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dup, le 07.09.2011 à 14:28

on dirait Raimu derriere son comptoir dans Cesar. Alors ce mal rasé a pu depuis sa grotte faire detrourner 4 avions , exploser 3 gratte ciel.déjouer toute la securité americaine ? hooo ! on se reveille ! plus personne marche dans la combine mais personne bouge , et ça c'est grave. http://you-videos.com/playlist/95/bigard-se-lache-sur-le-11-septembre-2001.html

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