Pour rien au monde ces ultras de la royauté n’auraient manqué le spectacle. Portraits.
Par
Blaise Calame - Mis en ligne le 04.05.2011
«MON FILS POURRA DIRE: «J’Y ÉTAIS!»
Samantha Bennett, 28 ans, et son fils Jago, 9 mois, du Berkshire (Angleterre).
Protégeant son fils Jago des nuages de poussière qui tournoient, Samantha Bennett a prévu des couvertures et du thé en quantité pour la nuit. Le petit observe les badauds et les imite, agitant son drapeau avec enthousiasme. «Dans notre famille, assister aux mariages royaux est une tradition, confie Samantha, interprète en langage des signes. Ma mère nous avait emmenés, mon frère et moi, pour les noces de Fergie et Andrew. Je n’avais pas 4 ans.» Bien sûr, elle n’en a gardé aucun souvenir, mais l’important n’est pas là: «Mon fils pourra dire plus tard: «J’y étais!» Nous sommes très fiers de notre monarchie et je pense qu’une majorité des jeunes Anglais sont de mon avis. Il s’agit tout de même du mariage du futur roi d’Angleterre. Cela n’a rien d’un événement banal, ni pour mon fils ni pour moi.»
«C’EST UNE IDÉE DE MA FEMME…»
Geoff Brown, 64 ans, et Beryl Brown, 64 ans, de Wirral (Angleterre).
Désormais paisible retraité sur les rives de la Mersey, l’ancien dentiste Geoff Brown, 64 ans, aurait préféré passer le week-end à Liverpool et regarder un match de foot au pub avec les copains, mais Beryl ne l’entendait pas ainsi… «Venir camper ici, c’est une idée de ma femme, avoue-t-il en avalant une gorgée de mousseux, elle est royaliste!» Dans sa bouche, cela sonne comme une critique. Il a néanmoins joué le jeu. «On a de la famille ici à Londres, et ce soir nos cinq petits-enfants nous rejoindront pour la nuit», ajoute-t-il en souriant. Geoff a gardé un souvenir marquant du couronnement de la reine Elisabeth II, en 1953. Il avait 7 ans. «C’est néanmoins le genre de spectacle qu’on apprécie davantage en vieillissant», reconnaît-il en trinquant à la santé du prince William.
«J’AURAIS DÛ LUI PRÉSENTER MA FILLE»
Gloria Lewis, 70 ans, du Pays de Galles.
Elle a fière allure, de la répartie et un prénom de circonstance, Gloria Lewis. Maquillée comme une voiture volée, cette pétulante septuagénaire galloise est une habituée des grands événements royaux. «J’ai assisté au jubilé de la reine, aux funérailles de la reine mère, au mariage de Charles et Diana ainsi qu’à celui de Fergie et Andrew, et je reviens aujourd’hui», confie cette monarchiste de la première heure, patronne d’une boutique de vêtements. Son plus beau souvenir avant ce 29 avril 2011? «Les noces de Charles et Diana, en 1981. J’étais venue avec ma fille, qui était toute petite. Aujourd’hui, c’est une belle jeune femme, célibataire… J’aurais dû la présenter à William.» Elle rit aux éclats. «Plus sérieusement, ce mariage sera un grand spectacle, comme toujours, et c’est important pour les jeunes, parce que ça maintient le fil de l’histoire.» Gloria compte d’ailleurs assister au futur couronnement du roi William. Le jour J, elle sera là, au même endroit.
«FIÈRES DE NOS MANIÈRES ANGLAISES»
Helen Hakola, 40 ans, et Bethany Funerton, 13 ans, de San Diego (Californie).
«Si nous faisions payer chaque photo qu’on a prise de nous aujourd’hui, on serait riches, s’exclame Helen Hakola, mais c’est super fun!» Pour cette mère de famille expatriée aux Etats-Unis, ce retour aux sources à Londres en cette veille de fête restera marqué d’une pierre blanche. «Nous sommes une vraie attraction touristique», renchérit sa fille Bethany, en faisant valser son accent californien. En présence de sa grand-mère, qui quitta le Royaume-Uni à l’été 1969 «avec (sa) fille dans un bras et le double album blanc des Beatles dans l’autre» pour aller refaire sa vie en Californie, l’adolescente évoque ses racines dans l’Ancien Monde. «Je me sens Américaine, bien sûr, mais aussi Britannique. J’ai grandi avec des manières anglaises, dont je suis fière. La royauté fait partie de mon héritage.»
«JOUEZ LA PAIRE GAGNANTE!»
Danielle Stokes, 22 ans, et Daniel Parish, 42 ans, de Londres.
On les croirait sortis des pages d’Alice au pays des merveilles, de Lewis Carroll, avec leurs costumes de cartes à jouer. En réalité, ces deux collègues de travail sont mandatés par le Fox Poker Club. «Jouez la paire gagnante!» insiste le roi, Daniel Parish, sous l’œil amusé de la reine, Danielle Stokes. L’allusion à Kate et William est subtile. Recrutés par le jeune patron de ce nouveau club de poker londonien, Daniel et Danielle font et refont le futur parcours des mariés, entre Buckingham Palace et l’abbaye de Westminster, depuis une semaine. Que pensent-ils des futurs époux? «William épouse celle qu’il a choisie, c’est déjà ça, confie Daniel Parish. De toute façon, la monarchie doit évoluer, ou alors elle disparaîtra.» Danielle Stokes opine du chef: «William et Kate sont quand même moins coincés que Charles et Diana, heureusement!»
«J’AI TOUJOURS ADORÉ WILLIAM»
Maria de la Cruz, 27 ans, de Manille (Philippines).
La veille encore, elle déambulait dans le centre de la capitale des Philippines, où elle dirige un centre d’appels. A l’heure du cortège royal, Maria de la Cruz n’aura d’yeux que pour le jeune marié. «Je suis fan de William depuis toute petite, je l’ai toujours adoré, confie-t-elle, le regard pétillant. J’ai eu la chance de lui serrer la main l’an dernier en une autre occasion. C’était un tel honneur pour moi…» Maria est en quelque sorte en mission pour les gens de son village, proche de Manille. «A mon retour, je ferai une projection de photos. Aux Philippines, la vie des Windsor suscite un intérêt massif, Buckingham fascine tout le monde, mais c’est uniquement le cas de la famille royale britannique. L’Espagne ou Monaco, ça n’a rien de comparable. La reine, c’est forcément Elisabeth II, le prince, c’est William. Son destin fait rêver les gens, en particulier les plus modestes.»