La rencontre
C’est à Berlin, «Berlin-Ouest à l’époque», précise Tomi, que les deux futures fondatrices de SOS chats se sont rencontrées. Engagées et militantes déjà, elles travaillent alors dans le social, au service des femmes battues. «Nous avions envie de changer, de vivre dans la nature, de faire des films, du théâtre… Moi, je rêvais du Colorado, mais Elizabeth, qui avait vécu à Renens, m’a tellement vanté les montagnes suisses que nous sommes venues ici. C’est en 1981 que nous nous sommes installées dans cette vieille ferme de Noiraigue, en lisière de forêt.»
Le facteur chat
«L’amour des chats et des animaux, nous l’avions dans le sang. Ma mère était très chats, mon père était éducateur canin et la mère d’Elizabeth adorait les chats.»
Le déclencheur
En arrivant à Noiraigue, elles découvrent que les paysans tuent les chats errants et que c’est autorisé en Suisse. Le choc! «Tandis que je travaillais à Bienne avec des drogués, Elizabeth courait le Val-de-Travers pour défendre ces chats. Comme ça se savait qu’on les recueillait, on n’arrêtait pas de nous en amener. Très vite, on en a eu 34 et on a commencé à manquer d’argent. Après avoir vendu nos bijoux, on a décidé de créer une association.»
Brigitte Bardot
«Au lancement de SOS chats, en 1985, la presse ne s’intéressait pas à nous. On a eu l’idée de contacter Brigitte Bardot, et c’est grâce à son soutien que nous avons pu nous faire connaître.»
Les exclus des SPA
«SOS chats a toujours eu pour vocation d’accueillir les chats dont personne ne voulait, même pas les SPA, qui refusaient les chats errants, vieux ou pisseurs. Nous avons essayé de leur faire changer de mentalité en leur montrant qu’on pouvait vivre avec eux et je pense que nous avons réussi puisque, aujourd’hui, elles acceptent ces chats et font des campagnes de stérilisation pour les chats errants.»
Les lézards de Gomera
Très vite, l’engagement de SOS chats a dépassé les frontières. Ainsi, en 2004, l’association participe à la protection des chats de l’île de la Gomera, une des Canaries, abattus pour protéger une espèce de lézard géant unique au monde.
La victoire des peaux de chat
En août 2007, Tomi apprend que des peaux de chat sont en vente dans une mercerie de Bienne. Avec sa pugnacité et son sens aigu de la communication, elle alerte toute la république, fait parler de l’affaire jusqu’aux Etats-Unis, lance une pétition qui recueille 118 279 signatures, mobilise ses alliés, dont Brigitte Bardot et le conseiller national genevois PDC Luc Barthassat. Le nouveau texte de loi interdisant l’exportation et le commerce des peaux de chat devrait sortir cette année.
L’Eurofoot 2012
Dans les combats en cours, l’abattage des chiens – eh oui! – et chats errants en Ukraine pour nettoyer les rues du pays avant l’Eurofoot. Alerté par Tamara Tarnawska, présidente de SPA-SOS à Kiev, SOS chats a lancé sa machine de guerre bien rodée en mai 2009: pétition, presse, people, hommes politiques... «La bataille n’est pas gagnée, mais nous avons notamment obtenu que l’UEFA verse 10 000 francs pour la stérilisation des animaux errants», se réjouit Tomi.
Le pire souvenir
«Une nuit de 1996, quelqu’un a escaladé le grillage du parc et arrosé de benzine un de nos chats, Eddy, avant de lui mettre le feu; on a retrouvé son corps calciné au matin, c’était horrible! La princesse Aga Khan nous a donné 1000 francs pour payer un détective privé afin de retrouver celui qui avait fait ça, mais l’enquête a été vaine.»
La relève
«Nous aurons bientôt l’âge de la retraite, Elizabeth et moi. On aimerait donc bien trouver quelqu’un qui puisse prendre la suite. Ce n’est pas facile, car il faut aimer les chats, vivre au mi-lieu d’eux 24 heures sur 24 et 365 jours par an, être idéaliste, bosseur, combatif…»
Le rêve
«Que tous les chats qui sortent soient stérilisés et que la loi qui autorise à abattre les chats errants change enfin. C’est notre combat depuis le début et j’espère le voir aboutir, même si le Conseil fédéral vient de refuser d’entrer en matière.»
SOS chats, 2103 Noiraigue, tél. 032 863 22 05, www.soschats.org
LE PLUS BEAU SOUVENIR
DOBRICA LA MIRACULÉE