Dusty, english springer spaniel de 7 ans et demi, n’appartient pas à une race de chiens follement obéissants et il a, de plus, une tendance marquée à se laisser distraire par les belles en fourrure. Son maître, Gérald Margueron, président du Club d’éducation canine de Bellevue (GE), en fait pourtant ce qu’il veut… ou presque.
Son secret tient en deux mots: clic et bonbon.
Clic, ou plutôt clic-clac, c’est le bruit que fait le clicker, petite boîte en plastique dans laquelle se trouve une lame métallique, quand on appuie dessus. Et bonbon, c’est la récompense qui vient après le clic – on donne au chien quelque chose qu’il aime quand il fait quelque chose qu’on aime, c’est le principe même de toute technique d’éducation basée sur le renforcement positif.
DU BONBON AU JACKPOT
L’atout numéro un du clicker, c’est sa précision: il peut marquer pile-poil le moment où le chien fait ce qu’on souhaite, que ce soit spontanément ou sur demande. Il permet ainsi de réduire les erreurs de compréhension et d’accélérer l’apprentissage.
Mais, pour cela, il faut cliquer juste, et tout le monde n’y arrive pas du premier coup.
Comme tout éducateur formé à cette méthode, Gérald Margueron organise donc des séminaires pour apprendre à cliquer au bon moment. Et en cas de clic mal placé? «Il faut tout de même donner la friandise, précise-t-il, pour renforcer l’association d’idée clicker-récompense. C’est seulement lorsque le chien a bien acquis le principe qu’on peut donner les friandises de manière moins systématique.» Autre avantage du clicker, son égalité d’humeur. Au contraire d’un maître, il «parle» toujours sur le même ton, ce qui facilite encore la compréhension. Et si l’on est vraiment content de son chien, c’est de la voix et avec le choix des friandises qu’on le marque: petite action, petite friandise, grand exploit, friandise favorite – le jackpot, comme on dit en clicker training. Car, si le chien peut apprendre une action toute simple comme s’asseoir, on peut aussi l’aider à oublier un comportement agressif ou le former, pour l’agility ou le dog dancing par exemple, à des enchaînements complexes: il suffit de décomposer ceux-ci en segments qu’on va cliquer un par un, puis associés ou répétés.
MÊME LES CHATS!
Votre toutou marcherait-il au clicker? Gérald Margueron tient le pari, même si, reconnaît-il, «certains chiens sont plus longs à la comprenette». D’ailleurs, le clicker fait merveille avec des chevaux, des chats (!) et même des rats.
PRATIQUE
Le clicker: dans toutes les animaleries et dans les clubs canins pour une dizaine de francs.
Les cours: Club d’éducation canine Bellevue (GE), chemin William-Rappard 29. Renseignements et inscriptions: tél. 079 203 95 85, site internet: www.cec-web.ch