Quand on est un bébé hérisson et qu’on fait moins de 700 g à l’arrivée de l’hiver, on est condamné à une mort certaine. A moins d’une bonne âme. La petite boule de piquants qui dort dans la paille de sa cage, au parc zoologique chaux-defonnier du Bois du Petit-Château, a été recueillie le 21 septembre en gare de Neuchâtel. Transférée à la station de soins pour animaux sauvages du zoo, soignée, nourrie, elle ne pesait que 360 g à la mi-octobre, de quoi geler au lieu d’hiberner. Yasmine Ponnampalam, responsable de la station et gardienne-cheffe du zoo, lui a donc fait une place pour l’hiver.
Chaque année, elle reçoit ainsi 20 à 30 hérissons. Une goutte d’eau dans la mer des statistiques, puisque les trois quarts des jeunes meurent avant l’âge de 1 an et que 40 à 60% périssent prématurément à l’âge adulte, victimes de la route, d’empoisonnement, de parasites, de noyade, de blessures.
LIMITER L'HÉCATOMBE
On pourrait limiter cette hécatombe pourtant, rien qu’en rendant nos jardins hérissons-compatibles. Finis les antilimaces et insecticides, on laisse un coin sauvage où le petit insectivore peut nicher et c’est lui qui se charge de tous ces envahisseurs. Si on a une pièce d’eau, on installe une planche, qui évite les noyades. Et, quand on manie la débroussailleuse ou la tondeuse, on vérifie qu’aucun hérisson n’est endormi à portée de lame; s’il n’est pas tué, les mouches pondront dans ses blessures et il sera dévoré tout cru par les asticots!
Il est en effet tout nu entre ses piquants, une aubaine pour les parasites de tout poil, et, contre le fléau des mouches, diurnes, sa seule protection est d’être un nocturne. «On peut donc être sûr qu’il y a un problème si on voit un hérisson se balader en plein jour», relève Yasmine Ponnampalam. Et, là, il faut l’aider.
On le recueille, avec des gants pour éviter de se blesser et d’être infesté de parasites, on l’installe à l’abri des mouches dans un carton percé de trous et, si c’est un bébé et qu’il fait froid, on lui met une bouillotte – une bouteille en PET remplie d’eau chaude et emballée dans un linge.
Ensuite, on appelle le vétérinaire d’urgence, s’il est blessé, ou une station de soins pour animaux sauvages: c’est auprès d’un professionnel que le hérisson a les meilleures chances de survie.