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UN MONDE DE TENDRESSE
GRAINES DE BÉBÉS
Véritable fée de la photo enfantine, Anne Geddes sait photographier les enfants comme personne. Parmi les graines, les coquilles et les cocons, ses nouvelles images renvoient aux racines de la vie.

Par Jean-Blaise Besençon - Mis en ligne le 18.01.2011

Dans le grand carré bio du jardin d’Eden, Anne Geddes a semé des enfants fleurs et des bébés carottes, des poireaux petits loupiots et des cornichons rieurs. En trente ans de travail, elle est même parvenue à cultiver en pot des centaines de bébés - 123 sur une image historique - pour une récolte record…

Dix-huit millions de livres vendus dans 83 pays! Sans compter les cartes postales, les faire-part de naissance, les calendriers et tous les produits dérivés, des peluches à la layette en passant par les bracelets porte-bonheur et les fonds d’écran. Si les enfants sont l’avenir du monde, ils ont déjà fait la fortune de la photographe. De la gare de Sydney, ville où elle a installé son studio, à celle de Zofingue, où est imprimé notre magazine, impossible désormais d’échapper aux bébés de l’Australienne.

BAMBINS DE JARDINS

Or donc, il était une fois… Anne Geddes, née en 1956 dans une ferme de 26 000 hectares où ses parents élevaient des bovins. Une enfance de rêve partagée avec trois sœurs entre les baignades à la rivière et les galops à la poursuite des bêtes égarées. La jeune fille grandit en rêvant sur les reportages du célèbre National Geographic. Alors quand, à 17 ans, elle s’en va travailler en Nouvelle-Zélande, c’est tout naturellement en photographies qu’elle raconte ce premier voyage… Barmaid, une première boutique de vêtements, un mariage sans enfants et sans lendemain, un travail de secrétaire dans une chaîne de télévision de Brisbane… C’est là qu’elle rencontre Kel Geddes, et elle l’épouse à Hong Kong en 1983. Entreprenante mais un peu désoeuvrée dans cette ville où elle a suivi son mari directeur d’une chaîne de télévision, elle réalise ses premiers portraits, des enfants, des amis et des connaissances. En 1984, la naissance de la première de ses deux filles transforme rapidement la photo-souvenir en passion.

«J’aime les enfants», dit-elle simplement pour expliquer ses images de bambins gentils et sages comme même leurs parents ne les ont jamais vus! Entre quelques jours et 6 mois au maximum, les enfants d’Anne Geddes sont saisis dans ces premiers moments de tranquillité et d’innocence. Avant les luttes pour leur faire manger des légumes, avant les bruits du monde, avant les guerres d’adultes. Quand le relâchement peut être encore absolu, celui auquel aucun maître zen ne parviendra plus jamais! Le roi du rock et le dictateur, l’assassin et Miss Monde, vous, moi, nous avons tous vécu ces premiers jours où le temps se compte avant tout en heures de sommeil tandis que les envies se limitent au sein nourricier. Sitôt les enfants à quatre pattes, incapables de tenir en place pour toujours, c’est fichu pour les photos.

D’autant plus qu’Anne Geddes réalise ses images sans trucages. Des décoratrices et des costumières confectionnent des décors douillets et soyeux, ou comment déguiser un couffin cosy en pelures d’oignons! Ensuite, il faut travailler vite - «dix minutes au maximum», explique la photographe - et bien pour obtenir ces images d’une qualité technique particulièrement remarquable.


 

Naissances, d’Anne Geddes, Ed. Presses de la Cité.



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Tags: Anne Geddes, photos, bébés, graines, coquilles, cocons Aller en haut de page Haut de page

 

TRAVAIL DE LA PHOTOGRAPHE EN MAKING OF

INTERVIEW DE ANNE GEDDES

SITE OFFICIEL DE ANNE GEDDES

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