En accueillant pour la 17e fois cette semaine le festival LA PLAGE DES SIX POMPES, La Chaux-de-Fonds s’affirme en tant que capitale européenne des arts de la rue.
Par
Blaise Calame - Mis en ligne le 03.08.2010
«Je suis comme un gamin à la veille de Noël!» avoue sans détour Michael Othenin-Girard, président bénévole du comité d’organisation de la Plage des Six Pompes, à La Chaux-de-Fonds, un festival qui constitue aujourd’hui le plus important rendez-vous des arts de la rue sur sol suisse, l’un des principaux en Europe.
LA MER À 1000 MÈTRES
Pour sa 17e édition, la Plage des Six
Pompes accueille 34 compagnies en provenance de Suisse, de France, de
Belgique, d’Allemagne ou encore du Japon, qui donneront jusqu’à samedi
soir près d’une centaine de représentations sur le site de la Plage.
Une plage dans les Montagnes neuchâteloises? Michael Othenin-Girard
s’en explique: «En réalité, les Six Pompes correspondent à une rue de
La Chaux-de-Fonds, la promenade des Six Pompes, où le festival s’est
installé. La plage, à l’origine, n’était qu’une place. C’est un clin
d’œil et notre façon de dire qu’on amène la mer à 1000 mètres
d’altitude!»
L’an dernier, quelque 70 000 visiteurs ont goûté à
l’esprit festif savamment cultivé par les quelque 250 bénévoles engagés
dans l’aventure, «qui viennent de plus en plus loin, souligne un autre
membre du comité, y compris de Pologne». Les spectacles sont gratuits
et tout public. En réalité, tous les artistes invités acceptent de se
produire au chapeau, à l’ancienne.
La convivialité est partout.
«Ici, on peut encore se loger et manger pas cher, rappellet-on, même si
ça coûte évidemment un poil plus que de rester à la maison et de
regarder TF1, mais une famille nombreuse peut encore voir des
spectacles et on offre gratuitement le sirop aux enfants!» Pour Michael
Othenin-Girard, la culture doit rester accessible et généreuse: «On
n’est pas de ces cultureux qui vont chaque année chouiner auprès des
autorités pour avoir du fric.» C’est dit.
L’an dernier, plusieurs
mesures respectueuses de l’environnement, telles que l’introduction de
gobelets recyclables ou l’incitation effective au covoiturage ont été
lancées. «Il s’agit maintenant de les apprivoiser», souligne Michael
Othenin-Girard.
S’agissant de l’offre des spectacles, la 17e
édition de la Plage des Six Pompes peut s’enorgueillir de la présence
de 33 compagnies officielles, auxquelles s’ajoutent, off, 22 compagnies
venues d’elles-mêmes. On citera de façon arbitraire Carnage Production
(F) et son spectacle Dérapage, le côté absurde des Oizeaux se crashent
pour mourir de la Cie Kiroul (F), les Berlinois Asphalt Piloten et leur
danseuse suisse Anna, les Petits chanteurs à la gueule de bois (CH),
enfin.
Des dizaines d’artistes qui débouleront sur la plage pour émouvoir et émerveiller. Alors à vos tubas!
La Plage des Six Pompes, Festival des arts de la rue, La Chauxde-Fonds.
Jusqu’au 7 août. Renseignements: 041 32 967 89 95 ou www.laplage.ch
COUP DE COEUR DU PROGRAMMATEUR
Responsable de la programmation de la Plage des Six Pompes, Manu
Moser est aussi l’un des trois seuls salariés (un poste à 33%) du
festival. Il voyage beaucoup, en France, en Belgique, en Allemagne, en
Suisse bien sûr, en quête de trésors. «Cette année, mon grand coup de
coeur absolu, avoue-t-il, c’est L’illustre famille Burattini, une
compagnie basée à Aurillac (Auvergne), dont le nouveau spectacle,
intitulé T’as de beaux yeux tu sais, Carabosse?, s’appuie sur des
marionnettes pour parler aux enfants de libertés, de choix de vie, de
certaines dérives, en tordant le cou à des idées reçues.» Une référence
du théâtre forain.
T’as de beaux yeux tu sais, Carabosse?
L’illustre famille Burattini, place du Marché. Vendredi 6 août à 19 h
45, samedi 7 août à 16 h 30 et 22 heures.