Nos voitures consomment et polluent toujours moins. Mais ce n’est pas demain la veille d’un parc automobile sans pétrole. Quatre vérités et contre-vérités pour remettre autant de clochers au milieu de leur village.
Par
Vincent Hutter - Mis en ligne le 26.10.2010
Les voitures actuelles consomment la moitié moins qu’il y a vingt ans.
FAUX
Mais la consommation moyenne des voitures de tourisme neuves mises en circulation en Suisse est tout de même passée de 9 litres aux 100 kilomètres en 1989 à 6,86 en 2009, ce qui représente une réduction de 24%. Elle est essentiellement due aux progrès techniques réalisés sur les véhicules en général et sur les moteurs en particulier. Avec la multiplication des modèles hybrides essence-électricité ou diesel-électricité, cette baisse pourrait s’accélérer dans les années à venir.
L’Europe vise une importante réduction des consommations des véhicules dans les dix prochaines années.
VRAI
L’Union européenne a fixé aux constructeurs d’automobiles une limite d’émission de CO2 à 95 g/km en 2020, ce qui devrait entraîner également une forte diminution des consommations. De l’ordre de 30% ou plus. Reste à voir si ces exigences élevées pourront réellement être atteintes.
La soif réelle des voitures est souvent supérieure à celle annoncée par le constructeur.
VRAI
Les consommations affichées dans les catalogues et fiches techniques des véhicules sont mesurées selon des cycles standardisés (urbain/extraurbain/ combiné). Mais, en conduite normale dans l’usage courant, il est bien difficile, même avec un pied très léger, d’atteindre ces valeurs.
En 2030, la moitié des voitures seront tout électriques.
FAUX
Les spécialistes les plus optimistes s’accordent à prévoir que 10 à 15% au plus des voitures en circulation dans vingt ans seront à propulsion électrique. Mais toutes les autres ne tourneront pas – ou pas seulement – à l’essence ou au diesel. Le gaz et les biocarburants devraient gagner des parts de marché. L’hybride aussi, sous diverses formes. Beaucoup pensent que les transports, individuels comme collectifs, auront recours, suivant la région du monde, aux ressources énergétiques les plus accessibles sur place: pétrole ou gaz où il en restera à extraire assez aisément, électricité où elle pourra être produite proprement, biocarburants où il pourront être fabriqués en grande quantité, etc.