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CULTURE
DE LA MÉTAPHORE DE L'AMPHORE
De grandes barques venues de Paris chargées d’amphores. Le couple BALDWIN/GUGGISBERG expose à Genève les fruits de son dernier voyage au pays du verre.

Par Jean-Blaise Besençon - Mis en ligne le 13.12.2011

Comme des objets remontés de la Méditerranée ou du Léman, qui en vit couler beaucoup, les derniers travaux du couple Baldwin/Guggisberg sont autant de trésors… Des amphores de verre dont la lumière révèle avec une subtilité délicate la douceur des formes, le moelleux de la matière et la magie de la couleur.

La Bernoise Monica Guggisberg et le New-Yorkais Philip Baldwin se sont rencontrés en 1979 à Orrefors, en Suède, où tous deux étaient venus apprendre le travail du verre. A peine trois ans plus tard, en 1982, ils ouvrent dans le village vaudois de Nonfoux ce qui sera le premier atelier de verre indépendant en Suisse. Durant trente ans, le duo, qui est aussi devenu un couple à la ville, va explorer tous les domaines de l’utilisation du verre: l’artisanat, le design, la sculpture, l’art et même l’architecture. Aujourd’hui installés à Paris, les maîtres verriers continuent leur voyage, et c’est peut-être pour cette raison que les travaux embarqués dans leurs bateaux semblent si naturels, si évidents.

EMBARQUEMENT IMMÉDIAT

A Genève, la magnifique exposition s’articule autour d’une œuvre monumentale, un bateau de 9 mètres chargé d’amphores et d’objets de mémoire, la quintessence du travail des artistes. Le bateau comme symbole des migrations des artistes: après la Suède, leurs pratiques se sont aussi exercées auprès des maîtres vénitiens du verre et jusqu’en Egypte, où des verriers, il y a trois mille ans, perfectionnèrent aussi l’art du soufflage. Si l’on se souvient que le verre est un liquide refroidi, la métaphore de la barque prend encore plus de sens. C’est aussi une façon d’emmener le spectateur Au-delà du verre, sous-titre incitatif d’un travail qui se soucie à parts égales du contenant et du contenu. Un riche catalogue accompagne ce grand déballage. Des photos particulièrement soignées (et difficiles à réaliser) rendent presque possible ce qui est interdit: caresser ses objets aux formes voluptueuses et aux couleurs magiques. Poli ou dépoli, le verre sous leurs mains de magiciens atteint ce point de fusion inégalable où le plus beau des artisanats se fond en œuvres d’art.

Baldwin/Guggisberg. Au-delà du verre - Beyond Glass, Musée Ariana, Genève. Jusqu’au 25 mars 2012.



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Tags: BALDWIN/GUGGISBERG, verriers, art, Musée Ariana, Genève Aller en haut de page Haut de page

 

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