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MUSIQUE
LE PHÉNOMÈNE BASTIAN BAKER
Son premier album, «Tomorrow May Not Be Better», fait un carton en Suisse. A seulement 20 ans, le jeune chanteur romand a conquis tant le public que les professionnels de la musique. Itinéraire d’un garçon doué à qui tout réussit.

Par Aurélie Jaquet - Mis en ligne le 23.10.2011

Une gueule d’ange prédestinée à figurer sur une pochette de CD, une aisance scénique débarquée d’on ne sait où, douze titres pop-rock bien rodés. Il n’en fallait pas plus pour mettre en orbite Bastian Baker, le chanteur romand de 20 ans qui a conquis les oreilles et le cœur des Suisses avec son premier album, Tomorrow May Not Be Better, sorti début septembre. «Cette année a été un peu folle et tout s’est passé très vite», confie le principal intéressé, encore parfait inconnu il y a douze mois. En mai 2010, celui que ses copains du gymnase lausannois Auguste-Piccard appellent encore Bastien Kaltenbacher est à l’anniversaire d’une copine à Belmont. Ambiance fin de soirée, il empoigne une guitare et se met à jouer quelques-unes de ses compositions. «J’ai chanté jusqu’à 4 heures du matin. Le père de la fille chez qui on était a entendu ce que je faisais. Il a aimé et s’est proposé de devenir mon producteur. Trois semaines plus tard, je recevais un coup de fil de l’équipe du Caprices Festival, à qui il avait fait écouter ma musique.» La suite va vite. Très vite. Le 24 décembre 2010, Bastien signe son contrat avec sa maison de disques et conquiert son premier public en s’imposant comme le nouveau talent romand de la chanson à l’occasion de sa prestation au Caprices Festival 2011. «Ce premier concert reste un souvenir incroyable. Non seulement je jouais face à 3000 personnes, mais surtout devant ma famille et mes amis», se souvient Bastian Baker.

REPÉRÉ PAR MYLÈNE FARMER

La machine est lancée, le succès immédiat. Après l’enregistrement studio de son album à Paris, au printemps dernier, Bastian Baker rentre au pays, passe son été sur scène et enchaîne les concerts à travers toute la Romandie. Trois semaines après la sortie de son premier album, le jeune prodige est numéro un des ventes iTunes en Suisse romande. Devant David Guetta et les Red Hot Chili Peppers. Chaque jour, plus de 8000 fans suivent son actualité sur sa page Facebook, qui a récemment été taguée d’un coup de cœur de Mylène Farmer. «C’était une sacrée surprise, elle qui publie un post toutes les deux semaines…» Même étonnement du côté des musiciens et amis de Baker. «On pensait bien que ce premier album ferait un peu parler de lui, mais on ne s’attendait pas à un tel succès, c’est fou!» confient Nathan Bonjour et Joris Amann, respectivement batteur et guitariste du Romand.

HOCKEYEUR PROMETTEUR

Pourtant, rien ne prédestinait vraiment Bastien Kaltenbacher à une carrière de chanteur. Né à Lausanne en 1991, il grandit à Villeneuve aux côtés de Margot, 17 ans, et de Marine, 15 ans, ses deux sœurs. Sa mère, Magali, est institutrice à l’école primaire, son père, Bruno, ancienne gloire du hockey suisse, tient un restaurant à Lausanne. «On ne peut donc pas vraiment dire que je vienne d’une famille de musiciens!» Mais Baker est précoce, et, à l’âge où d’autres s’endorment en écoutant des comptines pour enfants, lui préfère Led Zeppelin, Eagles et R.E.M. Et chante, à seulement 5 ans, Losing My Religion debout sur le bar du resto de son père. A 7 ans, il commence ce qui deviendra alors très vite ses deux passions: le hockey et la guitare. Elève doué mais rebelle, Bastien préfère s’amuser à imiter Lenny Kravitz qu’apprendre ses gammes et s’ennuie ferme au solfège. Sur la glace, en revanche, le hockeyeur se fait rapidement remarquer. Après des débuts à Monthey, il intègre les novices élite à Fribourg-Gottéron, puis l’équipe juniors élite à Lausanne. Et rejoint finalement Martigny en première ligue, où il jouera sa dernière saison avant de raccrocher définitivement ses patins. «Ma mère m’a toujours dit: «Passe ton bac d’abord et fais ce que tu veux ensuite.» Je l’ai prise au mot», plaisante Bastian. Une fois sa matu en sports-études bouclée, il se laisse pourtant convaincre par l’université et s’inscrit en français et histoire à Lausanne. «J’ai tenu quatre mois. Je n’étais pas franchement motivé, et c’était surtout assez incompatible avec la musique», confie le chanteur, qui n’exclut pas de reprendre les études un jour ou l’autre.

NOUVELLE VIE

Mais pas question aujourd’hui de laisser s’échapper un seul instant de cette nouvelle vie qui s’offre à lui. Installé depuis peu à Lausanne en colocation, l’ado d’hier gagne aujourd’hui sa vie et doit faire face à ses nouvelles responsabilités. «Pour l’instant, c’est pas vraiment la vie de château, mais j’arrive à vivre de ma musique. Ce qui a le plus changé par rapport à avant, c’est que chaque jour soit différent. D’avoir congé un mercredi et de me lever à 6 heures un dimanche. De me retrouver à Coire un après-midi, à Bienne le lendemain, à Fribourg ou Lausanne le jour d’après.» La notoriété, aussi, même si Baker a le succès modeste. «Il m’arrive de me faire aborder dans la rue ou au resto. Ou qu’on me repère au contrôle des habitants. Ça me fait plaisir en même temps que ça m’amuse», confie le chanteur, qui reçoit une cinquantaine d’e-mails de fans par jour. Des hommes, des femmes, des jeunes, qui lui confient écouter son album le matin en partant travailler ou lui demandent de venir jouer à leur anniversaire. Des messages inattendus aussi, parfois. Comme celui que lui a écrit Stanislas Wawrinka depuis l’Australie, où il disputait en septembre la Coupe Davis avec l’équipe suisse de tennis. «Il m’a dit qu’il aimait beaucoup mon album et qu’il l’avait fait écouter aux autres membres de l’équipe. Je suis fan de tennis depuis toujours, et je suis chaque rencontre de l’équipe suisse de Coupe Davis», confie Bastian Baker, tennisman accompli. «Mon meilleur classement a été R2. C’était en 2008, l’année où j’ai été sacré champion vaudois. Aujourd’hui, je joue avant tout pour me marrer», confie-t-il, avec toujours cette même désinvolture. Un peu comme quand on lui demande d’où lui vient cette incroyable aisance sur scène. Ou son accent anglais irréprochable. «Je ne sais pas, disons que j’ai toujours aimé ça. Et puis j’ai fait partie du chœur des écoles de Villeneuve, ça m’a peut-être habitué à la scène.» Pas de doute, ce garçon-là est doué.


«Tomorrow May Not Be Better», distrib. Phonag Records, www.bastianbaker.com



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Tags: Bastian Baker, musique, chanson, album, CD, «Tomorrow May Not Be Better», Mylène Farmer Aller en haut de page Haut de page

 

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