Le marché du bio progresse. Le nombre de labels aussi. Les magasins bios et les associations de consommateurs déplorent cette multiplication d’étiquettes. Petit inventaire à but didactique.
Par
Philippe Clot - Mis en ligne le 13.07.2010
Dans tous les secteurs (alimentation, textile, bricolage, santé, beauté, bois, papier), la jungle des labels s’épaissit. Et le consommateur s’y perd. L’Union européenne vient ainsi de s’inventer un nouveau label, en forme de feuille étoilée, pour les produits alimentaires bios en provenance de ses 27 Etats-membres. Beaucoup de marques surfent aussi à moindres frais sur la tendance écolo en décorant leur produit d’un label inventé en interne. Et n’oublions pas que le bio qui ne s’affiche pas existe aussi. Car certains petits producteurs ne veulent pas passer à la caisse pour obtenir ces logos parfois assez chers et contraignants. Les associations de consommateurs comme la FRC, mais aussi les magasins spécialisés eux-mêmes, en appellent à une uniformisation. Mais, la loi permettant de créer des labels en pagaille, il va falloir encore décrypter des dessins.
En novembre, la Fédération romande des consommateurs publiera dans son journal un dossier complet sur les labels.
HUIT LABELS POUR MIEUX DÉFRICHER CETTE JUNGLE DE DESSINS
LE SUISSE
Le
label Bio-Suisse, avec son bourgeon, est le pilier de l’alimentation
bio, sans produits chimiques, en Suisse. Il est cité dans le monde
entier pour son cahier des charges sévère (plus strict que les
ordonnances fédérales) et ses contrôles pointilleux. On devrait
idéalement n’avoir que lui pour le bio et qu’un label AOC pour le
terroir.
L’EUROPÉEN
Cette feuille d’étoiles est le
dernierné de la jungle des labels verts. Certains estiment qu’il s’agit
d’un label bio au rabais, pour permettre à tous les pays de l’Union
d’intégrer la famille bio. D’autres lui accordent une vraie
crédibilité. Il est en tout cas moins exigeant que le bourgeon et AB.
LE FRANÇAIS
Dans
les magasins bios, le label français Agriculture biologique, qui fête
ses 25 ans, est très représenté. Il est considéré comme fiable et
satisfait aux exigences des ordonnances fédérales. Il tolère hélas la
présence accidentelle et minime d’OGM.
L’ALTERNATIF
Le
label bio-dynamique respecte les exigences suisses et garantit que les
produits ont été cultivés selon les principes développés par Rudolf
Steiner. Il est plus exigeant que le label français AB, mais un peu
moins contraignant que le bourgeon. Il est considéré comme un label
très fiable.
LES OPAQUES
La variété de l’offre
internationale induit une avalanche de labels. Les produits français,
par exemple, peuvent être estampillés Ecocert, IGP, Produit certifié,
Agriculture raisonnée, Label rouge… Autant de labels désignant des
plus-values différentes et qui demanderaient une uniformisation
radicale.
L’ÉQUITABLE
Le label Fairtrade de la fondation
Max Havelaar, fidèlement collé sur les bananes, illustre les nuances
d’enjeux selon le label. Celui-ci garantit avant tout une bonne santé
et des revenus décents pour les producteurs. Des exigences qui
impliquent forcément un bonus écologique, mais minimal et variable.
LE MIGROS
Le
nouveau logo bio de Migros est parfaitement équivalent au bourgeon de
BioSuisse. Le grand distributeur tient à conserver son autonomie
purement graphique pour son assortiment d’un millier de produits bios,
au risque de compliquer la tâche des consommateurs.
LE COOP
Le
logo vert Naturplan de Coop, synonyme du bourgeon, poserait la même
interrogation que celui de Migros, s’il n’était pas accompagné d’un
petit… bourgeon! Et Coop a fait l’effort de rebaptiser Naturafarm, son
ex-logo bleu, Naturaplan, évitant désormais des confusions biologiques
fâcheuses.