Recherchez
« Article précédent Article planète n°35/72 Article suivant »
LE MÉTIER VERT DE «L’ILLUSTRÉ»
«UN BÛCHERON DOIT AIMER LA NATURE»
Le forestier-bûcheron moderne n’est plus seulement un abatteur d’arbres. Il est aussi et surtout un GARDIEN des richesses de la forêt. Portrait de deux apprentis heureux.

Par Philippe Clot - Mis en ligne le 09.12.2010

«Dans l’esprit des gens, le forestierbûcheron, c’est un coupeur d’arbres. En fait, notre métier est plus varié. On oublie par exemple que nous faisons autant de la plantation que de la coupe. Mais je reconnais que, pour moi en tout cas, la coupe reste la tâche la plus intéressante», explique Stéphane Culand, 20 ans, qui obtiendra son CFC de forestier-bûcheron l’été prochain, après trois ans d’apprentissage.

Dans cette forêt près de Cressier, dans le canton de Fribourg, le jeune Vaudois et son camarade Christian Arrigoni, 18 ans, Vaudois lui aussi, s’affairent au sein de l’équipe à la régénération naturelle de la hêtraie. «Cela consiste à couper environ un grand arbre sur deux afin de favoriser la germination des jeunes pousses», explique le patron, le garde-forestier Laurent Berset, chef de la Corporation forestière du Haut-Lac, qui compte 750 hectares de forêt. Les troncs abattus et ébranchés sont empilés par le gros tracteur Félix en fonction de leur qualité respective. Certains serviront à la construction, d’autres au bois de chauffe.

Il fait froid à la lisière de ce bois, mais les apprentis ne s’en plaignent pas. «Contrairement à ce que pensent les gens, ce métier est plus agréable en hiver qu’en été.» «En fait, précise Laurent Berset, c’est la première année d’apprentissage qui est la plus difficile. Dans le jargon, on dit que c’est l’année durant laquelle le jeune apprend à «marcher en forêt.»

Le muscle ne fait pas tout: il faut mettre en pratique les connaissances théoriques acquises dans les cours, notamment dans le domaine de l’écologie. Car la forêt est une irremplaçable usine d’épuration des eaux. Elle est aussi un acteur majeur de la préservation de la biodiversité. On ne la nettoie donc plus de manière maniaque: «Nous devons par exemple laisser des îlots de vieux bois pour favoriser certaines espèces animales. Nous plantons aussi des buissons qui servent de refuge aux oiseaux et qui sont précieux pour les papillons, par exemple», précise Christian Arrigoni, heureux lui aussi d’avoir choisi cette filière, même s’il se destine plus tard à la police.

LA PAUSE-FONDUE

Coupe de bois, plantation, construction de chemins forestiers, de refuges, d’ouvrages de protection contre les dégâts d’origine animale, végétale ou climatique, valorisation du bois, diversification des essences, développement de l’espace vital de la faune et de la flore… Les deux apprentis doivent savoir tout faire avec leur tronçonneuse, leur merlin, leur tourne-bois. Et une fondue entre camarades dans la roulotte agrémente parfois le quotidien.

Seule condition, selon Stéphane Culand, pour se lancer dans le métier: «Il faut aimer la nature pour être bûcheron.»

Deux sites internet: www.orientation.ch et www.cfhl.ch



Partager: Partager sur Facebook Partager sur Delicious Ajouter aux favoris Google Ajouter aux favoris Yahoo! Partager sur Twitter Partager sur Yahoo Buzz Partager sur Myspace  


Tags: dossier vert, métier, écologie, bûcheron, forêt Aller en haut de page Haut de page

 

A lire aussi

TOURISME

Vive les vacances vertes!

Le tourisme responsable est-il possible? Le fameux «Guide du routard» y croit et sort la cinquième édition de sa petite bible des vacances écologiquement et socialement correctes. »


AUTOMOBILE

Coup de foudre électrique

Et si Renault Twizy restait dans l’histoire comme l’engin ayant enfin convaincu la mobilité urbaine individuelle d’arrêter de fumer? Nous l’avons testée… Quel plaisir! »


MAISON

Isolation: et si on laissait le froid dehors?

La récente vague de froid rappelle que l’efficacité énergétique devrait être prioritaire dans l’immobilier. Ce sont les petits propriétaires qui montrent l’exemple… »

Page générée en 149 ms.