Madame Camélia
D’aucuns la comparent déjà à Barbara, ce qui la dépasse. A 17 ans, Camélia Jordana, révélation de «Nouvelle star» 2009, sort un premier album empreint de mélancolie.

Par Blaise Calame - Mis en ligne le 19.04.2010

 

Les médias se bousculent pour rencontrer la révélation féminine de Nouvelle star 2009, remportée sur M6 par l’ombrageux Soan. Avec ses lunettes à montures épaisses, sa moue et sa voix éraillée, la brunette Camélia Jordana a séduit. Elle sort aujourd’hui un premier album éponyme qui lui ressemble, entre douceur et spleen, un florilège d’une quinzaine de titres démontrant déjà une belle maturité artistique, à 17 ans. En promotion à Lausanne, elle se révèle étonnante de spontanéité, vraie. Du noir dans les cheveux, du noir autour des yeux et sur les ongles, du noir sur les multiples bagues qu’elle porte aux doigts, du noir enfin sur sa robe. Pour la couleur, il faudra gratter un peu.

De quel milieu familial êtes-vous issue?

D’une grande famille pleine d’amour. J’ai une grande soeur de 19 ans, un petit frère de 8 ans, beaucoup de cousins et cousines, d’oncles et de tantes.

Le fait que vos parents soient toujours ensemble, ça vous épate?

Ouais, ça me fait halluciner. Je ne sais pas comment ils font pour se supporter. Cela me paraît incroyable après vingt ans de mariage!

Vous les enviez pour cela?

Non, pas du tout. Franchement, vingt ans avec la même personne, au secours! Moi, j’ai tendance à trouver tous les défauts de la Terre aux gens avec lesquels je passe beaucoup de temps. C’est mon gros défaut. Je peux m’attacher, mais fusionner avec quelqu’un, ce n’est pas pour moi.

D’où viennent vos jolis prénoms?

Camélia, c’est ma tante qui l’a entendu dans un film et qui en a parlé à ma mère, qui voulait m’appeler Maeva ou Johanna, un truc comme ça. Et Jordana, ça vient du Jourdain.

En référence à des origines d’Afrique du Nord?

Oui. Mes parents sont tous les deux Français, mais mon papa est d’origine kabyle et ma maman d’origine algérienne.

Ces origines ont-elles de l’importance à vos yeux?

(Dubitative.) Ouais… Je suis retournée en Algérie il n’y a pas très longtemps, parce que j’ai perdu mon grand-père. J’avais besoin de voir sa tombe, ça m’a fait du bien. En Kabylie, je n’y suis allée qu’une seule fois, petite. Mes origines font ce que je suis. A côté de ça, je ne me dis pas tous les jours que je suis Arabe, Kabyle ou Algérienne. Je m’en fiche.
 
«Quand j’y repense, j’ai toujours voulu faire ma grande!»
 


 

Vous pourriez tout aussi bien passer pour une Latine!

Ah, mais, moi, j’ai vingt mille origines possibles sur ma gueule! On m’a souvent dit que j’étais juive, ou Espagnole, voire des îles… là, j’ai pas bien compris.

Vous semblez avoir un faible pour le noir, pourquoi?

J’aime bien, oui, mais si j’en porte aujourd’hui, c’est parce que je lave mon linge par couleur et que là, pour le coup, je n’avais plus que du noir à me mettre!

A 17 ans, avez-vous déjà vécu de nombreuses histoires d’amour?

Non, je n’en ai connu qu’une seule véritable. Ce garçon ne m’a pas apporté que du bien, mais je lui dois beaucoup.

Certaines chansons de l’album y font-elles référence?

Clairement.

Vous avez partagé vos malheurs sentimentaux avec les auteurs de vos chansons?

Non, pas du tout. C’est du pur hasard! Je ne sais pas si c’était marqué sur mon visage que j’étais en rupture, mais les auteurs ont tous tapé dans le mille. J’ai d’ailleurs choisi ces chansons-là, justement parce que je me sentais totalement concernée.

Cet album a-t-il été conçu au pas de course?

Pas du tout. Il y a une sorte d’aura, de bénédiction autour de moi, qui fait que, très rapidement, j’ai fait les bonnes rencontres. C’était écrit. J’ai une vision très spéciale de la chose: je ne suis pas croyante, mais agnostique, je crois en une certaine force, tout est cosmique. Pour moi, le hasard n’existe pas.

Vous sentez-vous une fille de votre âge?

Oui, mais avec un entourage de vieux, ou disons d’adultes. Cela me plaît beaucoup. J’ai toujours voulu faire ma grande, en fait.

Avec les garçons aussi?

Moi, je suis incapable d’être attirée par quelqu’un de moins de 25 ans! Je ne sais pas faire. C’est hallucinant.

Avant l’aventure Nouvelle star, comment cela se passait-il pour vous, à la maison?

J’avais un papa qui cadenassait énormément! Je ne peux sortir à ma guise que depuis que j’ai mon propre appartement, à Paris. Avant, c’était super strict, mais je remercie mes parents: le fait de les craindre m’a évité de faire des conneries.

Et aujourd’hui, seule à Paris, c’est sexe, drogue et rock’n’roll?

Pas du tout! J’ai 17 ans, je ne suis pas une sainte, mais je sais me fixer des limites. Je ne sors jamais seule, je fais gaffe. Je sais me tenir.