Durant des semaines, la grossesse de Carla Bruni-Sarkozy ne fut que rumeur. Aujourd’hui, bien que n’ayant toujours pas été officiellement reconnue, elle est une évidence. Et c’est sans complexe que l’ex-mannequin, enceinte de 6 mois − elle attendrait un garçon −, exhibe son petit ventre rebondi sur les plages de Bormes-les-Mimosas. Plus précisément au fort de Brégançon, la résidence de villégiature estivale des présidents de la République depuis de Gaule, où la première dame de France passe le mois de juillet. Son médecin lui a conseillé un repos total. Une grossesse à 43 ans n’est jamais anodine.
Cet été, Carla Bruni-Sarkozy restera éloignée de toutes les officialités. Elle sera la grande absente de la traditionnelle garden-party du 14 Juillet à Paris, comme elle l’a été lors du récent mariage monégasque d’Albert et de Charlène. En mai déjà, fatiguée, elle avait dû renoncer à se rendre au Festival de Cannes, où pourtant était présenté le dernier Woody
Allen, Midnight in Paris, film où la chanteuse faisait ses premiers pas au cinéma.
AOÛT AU CHÂTEAU
Sa femme interdite de déplacements, c’est donc Nicolas Sarkozy qui s’impose de fréquents allers-retours pour passer les week-ends avec son épouse au bord de la Méditerranée. Des retrouvailles placées sous le signe du farniente. Nul trace du smartphone de Monsieur ni de la guitare de Madame. Au programme: baignade, sortie en mer, lecture sur la plage et tendres baisers, le futur papa, grand fan du Tour de France, ne laissant sa femme que pour quelques escapades à vélo sur les routes varoises. Le couple présidentiel s’offre un agréable avant-goût des trois semaines de vacances qu’il passera début août à quelques kilomètres, au Lavandou. Depuis les année 70, la famille Bruni-Tedeschi, de riches industriels italiens, y possède le château de Faraghi, somptueuse demeure dressée au-dessus des falaises de la presqu’île du cap Nègre.
Lovée entre les pins, face à la mer, cette maison, où Carla a vécu une partie de son enfance, sera l’endroit idéal pour attendre l’arrivée (prévue entre fin septembre et début octobre) de ce bébé tant désiré. En décembre 2010, lors d’un voyage officiel en Inde, Carla confiait ainsi au responsable religieux du sanctuaire de Fatehpur-Sikri son souhait d’avoir un fils. Un vœu exaucé par les dieux, qui lui offrent un second enfant après Aurélien, 10 ans, fils du philosophe Raphaël Enthoven. De son côté, le président a déjà trois garçons: Pierre, 26 ans, Jean, 25 ans, qu’il a eus avec Marie-Dominique Culioli, et Louis, 14 ans, dont la mère est Cécilia Attias.
Mais, surtout, l’enfant du couple Sarkozy sera le premier bébé de l’Elysée version Ve République. Une naissance qui tombe au meilleur des moments, en pleine rentrée politique, alors que sera véritablement lancée la campagne pour la présidentielle d’avril 2012. L’arrivée du petit offrira cinq points de popularité en plus, prédisent déjà les sondeurs. Elle sonne comme un coup de pouce inespéré à un chef de l’Etat désespérément mal-aimé. Début juillet, 62% des Français affichaient encore une opinion négative à son sujet dans un sondage publié par Libération. Et cela malgré une sobriété nouvelle et de récents succès, dont la libération des deux otages français ou la nomination de Christine Lagarde à la tête du FMI.
LA «MAIN DE DIEU»
Au second tour de l’élection, Nicolas Sarkozy est donné largement perdant, quel que soit son adversaire de gauche, François Hollande ou Martine Aubry. Mais en politique rien n’est jamais irrémédiable. Nicolas Sarkozy le sait. Il voit dans le scandale DSK, qui a écarté son rival le plus redouté, un signe du destin. Peut-être même la «main de Dieu», confiera-t-il à un proche,
relayé par le magazine L’Express.
Dans ces circonstances, comment ne pas voir dans la mise en scène de ce bonheur avant tout un coup marketing, une communication à l’américaine? Comment croire à la sincérité de ce couple alors qu’il y a une année à peine le Tout-Paris bruissait des rumeurs d’infidélités de la belle Italienne? Une affaire privée devenue scandale d’Etat, lorsqu’on apprendra que le président avait chargé le Renseignement intérieur d’enquêter sur les sources de ces ragots. Mais qu’importe le passé. La machine médiatique est lancée. Hier femme insaisissable, icône des intellos bobos de gauche, croqueuse d’hommes, Carla Bruni est aujourd’hui «ultrasarkozyste», future maman poule et épouse attentionnée.
Lors de leur rencontre, lors d’un dîner en 2007, Nicolas Sarkozy, grand admirateur du président Kennedy, glissait à Carla qu’elle serait sa Marilyn. Elle sera finalement sa Jackie.