De l’Australie à la Chine, du Mexique au Japon, de la Russie aux confins des dernières régions polaires habitées, les fans de Céline Dion attendaient l’heureux événement avec fébrilité. Il y a quelques mois encore, à l’occasion d’une gigantesque tournée mondiale à guichets fermés, ils étaient 6 millions à l’avoir applaudie dans 25 pays et plus de 90 villes – mieux que Michael Jackson avec son légendaire Bad Tour.
Finalement, avec une quinzaine de jours d’avance sur le calendrier prévu, la nouvelle est tombée en Europe dans la nuit de samedi à dimanche: neuf ans après la naissance de son premier enfant, René-Charles, la recordwoman de ventes de l’histoire du disque, The Diva of Pop, comme l’avait surnommée le magazine Time, a donné naissance par césarienne à des jumeaux à l’hôpital St. Mary’s de West Palm Beach, en Floride, désormais cerné par les paparazzis. Il était un peu plus de 11 heures sur la côte est des Etats-Unis.
5, CHIFFRE FÉTICHE
Deux heures et demie à peine avant cet heureux événement, depuis leur villa de Jupiter Island, au nord de Miami, René Angélil, le mari de Céline Dion, parlait au téléphone avec L’illustré. Détendu, heureux d’évoquer son nouveau bonheur à venir, la conversation durait depuis plus d’une trentaine de minutes quand, évoquant la superstition du chiffre 5, que Céline et lui ont toujours retrouvé sur leur route, il lâchait avec prémonition: «Tiens, les jumeaux vont peut-être naître aujourd’hui 23 octobre. 2+3, ça ferait 5 aussi.»
Le lendemain, il nous rappelait, amusé: «C’est incroyable, je venais à peine de raccrocher avec vous hier et je m’apprêtais à partir assister à une partie de baseball disputée par René-Charles et son équipe junior lorsque Céline m’a appelé de l’hôpital pour me dire «Faut que tu t’en viennes», suivi ensuite aussi d’un appel de son médecin. J’ai confié mon fils à une des sœurs de Céline, qui vit avec nous, et j’ai aussitôt foncé à l’hôpital.» Depuis leur villa cossue, voisine de celle de Tiger Woods, le trajet dure quarante-cinq minutes.
«Les jumeaux dormiront avec nous les six premiers mois»
René Angélil
Le futur père a roulé assez vite, en espérant qu’il n’y ait pas de policiers sur la route. «Mais si cela avait été le cas, je leur aurais dit que ma femme était en train d’accoucher. Ça aurait été vrai, cette fois», rigole-t-il. Arrivé sur place, René Angélil doit revêtir «un costume vert, comme les médecins» et grimpe les étages avec Thérèse, la mère de Céline, et sa sœur Linda, qui a également assisté à l’accouchement et a tout filmé sur son caméscope. «C’est toujours une grande émotion, raconte René. Quand le premier bébé est sorti, et qu’on attendait qu’il pleure, Céline et moi nous sommes effondrés en sanglots. On n’arrivait plus à se parler, on riait, on pleurait. Le deuxième est venu tout de suite après. Vous savez, ça a été très rapide, l’accouchement a duré seulement trente-six minutes. Ensuite, j’ai coupé les deux cordons ombilicaux. Puis les médecins les ont placés dans des incubateurs, où ils resteront entre trois et cinq jours, enfin, le temps qu’il faudra. Mais ils sont très en forme. Ils pèsent 2 kg 31 et 2 kg 44! Il est prévu d’ailleurs que Céline quitte l’hôpital en même temps qu’eux.»
«ILS ONT PLEIN DE CHEVEUX»
Dès leur arrivée à la maison, les jumeaux dormiront ensemble, mais leur chambre n’est pas encore «tout à fait prête à 100%». «Il faudra s’organiser d’ici là, poursuit René. De toute façon, ils dormiront les six premiers mois avec nous, dans notre chambre, comme nous l’avions fait d’ailleurs à la naissance de René-Charles.» Au fait, comment sont-ils, ces deux bouts de chou? «Ils ne sont pas identiques, mais ils se ressemblent énormément. Tous les deux ont beaucoup de cheveux foncés. C’est fantastique, nous sommes vraiment soulagés», laisse tomber l’heureux père, la gorge nouée.
SIX ESSAIS
C’est que, pour Céline, le combat a été long. Aimée, comblée, oscarisée, la star n’attendait plus que ce nouveau bonheur qui s’est longtemps refusé à elle. «Il lui a fallu six essais de fécondation in vitro, mais elle n’a jamais lâché», détaille René, admiratif, confiant qu’après le cinquième essai, ils avaient songé à tout abandonner. «J’arrivais à tout faire et, là, j’avais besoin d’aide», avouait Céline à une TV québécoise au début de l’année. Elle doutait: «Peut-être qu’on est trop chanceux et qu’on ne peut pas tout avoir.» Et Céline, pour qui l’amour est plus qu’un credo, livrait alors, les larmes aux yeux, son envie irrépressible d’être mère une seconde fois.
Une grossesse qui, au dire de René Angélil, s’est «admirablement bien passée pour quelqu’un qui attendait des jumeaux». Durant tout ce temps, il a trouvé Céline finalement très en forme. «Depuis deux mois, elle était très grosse, elle avait de la difficulté à respirer. Donc on était très anxieux que cela se produise. Elle était à l’hôpital par mesure de précaution, parce que la semaine dernière elle avait commencé à avoir des contractions assez sévères.» René est bien entendu allé voir Céline tous les jours. «Avec sa maman, on essayait de passer beaucoup de temps avec elle, c’était important. On essayait de ne pas la laisser trop toute seule. René-Charles a dormi d’ailleurs deux nuits à l’hôpital avec elle.» Un petit garçon de 9 ans aujourd’hui, «fou de joie» d’avoir deux petits frères. «Il est content surtout que ce soient des garçons, explique René. Il y a quelques mois, avant l’échographie, le jour où l’on devait connaître le sexe des jumeaux, il a pointé le gros ventre de sa maman et il a dit: «J’espère qu’il y aura pas trop de filles là-dedans.» Lui, il veut pouvoir jouer avec, il veut plutôt des p’tits copains que des p’tites copines.»
Le choix des prénoms des jumeaux n’était pas arrêté encore lundi soir. «Pour l’instant, il y a bébé A et bébé B, sourit René. On devait en parler samedi pour essayer de se mettre d’accord, mais elle a accouché ce jour-là. Moi, j’aurais souhaité la solution «Tu choisis un prénom, je choisis le second». Mais Céline préfère qu’on s’accorde ensemble sur les deux prénoms. Maintenant qu’ils sont là et qu’ils ont un visage, en les regardant, ça va nous aider à décider.» Petit silence, puis cet aveu: «Mais je sens que je vais lui laisser choisir les prénoms. Elle est tellement courageuse.»
«ON A UN TRÈS BEAU SOUVENIR DE LAUSANNE»
A l’hôpital, en attendant l’accouchement, Céline a d’ailleurs beaucoup lu de livres de prénoms détaillant leur signification. «Céline a toutes sortes d’idées, avoue René. Mais elle est très superstitieuse. Vous savez, on est une famille de gens superstitieux.» Et son mari de revenir sur le fameux chiffre 5 qui leur a toujours porté chance: «Cela a commencé en 1982 au Japon, quand Céline, qui avait 14 ans, participait à un concours de la chanson où elle représentait la France avec Tellement j’ai d’amour pour toi. Avant d’entrer en scène, elle a trouvé une pièce de monnaie canadienne par terre. C’était drôle de trouver ça à Tokyo. Et c’était un cinq-sous! Elle était aussi la cinquième concurrente.» Et, évidemment, elle avait gagné le concours.
Avant de nous quitter, René Angélil évoquera encore la Suisse où il est venu quelquefois avec Céline, notamment en 1989 lors du concours Eurovision de la chanson, remporté l’année précédente pour la Suisse par la future star planétaire. «On a un très beau souvenir de Lausanne, où nous avions passé une semaine, se souvient René. On avait apprécié la chaleur des gens, on avait aussi aimé le lac. Depuis, on est revenus durant la tournée mondiale, à Genève et à Zurich, mais on avait moins de temps.» Et d’évoquer aussi, au début de la carrière de Céline, en 1983, leur passage à une émission d’Alain Morisod à la TSR qui, avec les Sweet People, «est si populaire au Québec».
«Nous serons à Las Vegas dès le 20 février»
René Angélil
Dès son retour dans sa villa de Jupiter Island, Céline n’aura pas le temps de chômer. Elle prépare son grand retour sur scène à Las Vegas le 15 mars prochain, pour trois nouvelles saisons. «Il y a quelques semaines, Céline prenait encore des cours de chant en vue de cet événement, précise René. Le spectacle est complètement monté, il y aura toutes sortes d’effets spéciaux, nous utiliserons à fond la technologie et nous reprendrons les répétitions avec l’orchestre à partir du 17 janvier, d’abord en Floride. Puis nous serons de retour à Las Vegas à partir du 20 février.» Avec un nouvel album? «Oui, il y en aura un bientôt, lâche encore René, les chansons sont prêtes. On va voir à quel rythme on pourra les enregistrer. Mais ce sera un CD en langue française, qui sortira en mars ou en mai 2010.»