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FILM ET BD
LA SEMAINE DE TINTIN
Enfin sur les écrans! Après trente-six mois de travail, le grand Spielberg a rendu sa copie. Tintin, le film, devrait ravir les spectateurs de 7 à… 17 ans.

Par Jean-Blaise Besençon - Mis en ligne le 02.11.2011

«Tinetine», en réalité, puisque après des années d’hésitation, c’est à l’Américain Steven Spielberg et au Néo-Zélandais Peter Jackson qu’est revenu le redoutable privilège d’adapter au cinéma du XXIe siècle le plus célèbre des personnages de la BD francophone. Dans la version originale (VO) du film qui sort cette semaine en Europe, Tintin parle donc anglais à son fidèle Snowy, sous le regard protecteur des deux policiers Thomson et Thompson… Sans jouer les puristes, ce transfert linguistique (Jean-Pierre Jeunet, réalisateur français d’Amélie Poulain était aussi extrêmement intéressé mais n’est pas parvenu à s’entendre avec les redoutables héritiers du dessinateur) n’est pas la moindre surprise du voyage.

Côté savoir-faire cinématographique, ni le créateur d’E.T. et d’Indiana Jones ni celui du Seigneur des anneaux n’ont plus grand-chose à prouver. Le film démarre très fort dès le générique de dessins animés jusqu’à la première scène, dans le célèbre marché aux puces de Bruxelles où un jeune homme coiffé d’une drôle de houppe se faire brosser le portrait par un certain Georges Remi, alias Hergé (1907-1983). L’original ressemble-t-il à son portrait? Plutôt pas mal, oui! Le mimétisme est ici affaire de motion capture, technique qui consiste à filmer de vrais acteurs bardés de capteurs et de les habiller ensuite à grands coups de palette graphique électronique. Depuis Avatar, on sait le procédé au point et efficace, tellement même que l’on oublie que de vrais acteurs se cachent sous les pixels. Impossible en tout cas de reconnaître Jamie Billy Elliot Bell sous les traits de Tintin ou, parmi les rôles de méchant, Daniel 007 Craig en Sakharine ou Gad Elmaleh en Ben Salaad. Les créatures engendrées dans les ordinateurs de Weta Digital (société qui appartient à Jackson) sont désormais des comédiens comme les autres.

ACTEURS INVISIBLES

Contrairement au Mystère de la Toison d’or (1961) et aux Oranges bleues (1964) qui, sous les traits de Jean-Pierre Talbot, racontaient des histoires inédites, le film de Spielberg emprunte son scénario à trois albums: Le crabe aux pinces d’or pour la rencontre avec Haddock et quelques scènes légendaires dans le désert ou en naufragés des mers. Le reste de l’aventure découle du Secret de la Licorne et du Trésor de Rackham le Rouge. Un choix difficilement contestable (ce sont les deux albums les plus vendus parmi les 23 de la série) et les séquences les plus fidèles aux originaux sont de loin les plus émouvantes, quand le livre soudain semble s’animer, le dessin déborder de la page pour remplir tout un grand écran… Sans rien perdre de sa fameuse ligne claire.

Beaucoup moins réussis sont les quelques raccourcis confus empruntés par les Américains – par exemple, la recherche du trésor de Rackham le Rouge est l’occasion de la première rencontre avec le professeur Tournesol, grand absent du générique! Et puis la magie se gâte un peu beaucoup plus gravement dans les parties purement inventées. Ainsi, le personnage de Sakharine, grand méchant inconsistant, et surtout les scènes de poursuites – sur terre, sur mer et dans le ciel – aussi interminables qu’invraisemblables ou encore le grotesque combat naval caréné pour les jeux vidéo. Fidèle, Spielberg n’a pas trahi et donne à ces histoires écrites en pleine Seconde Guerre mondiale une magnifique modernité. Mais alors, mille sabords, pourquoi en avoir tellement rajouté?

Tintin - Le secret de la Licorne, de Steven Spielberg. 1 h 47.



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Tags: Cinéma, BD, Tintin, Spielberg Aller en haut de page Haut de page

 

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