Recherchez
« Article précédent Article musique n°18/24 Article suivant »
HOMMAGE
GÉNÉRIQUE GAINSBOURG
Mélodiste de génie, le regretté Gainsbourg a souvent mis son talent au service du cinéma. En rééditant quelques-unes de ses musiques sous forme de COFFRETS VINYLES, le label Universal lui rend hommage.

Par Blaise Calame - Mis en ligne le 28.07.2010
Serge Gainsbourg avait beau considérer la musique «comme un art mineur», il sut parfois élever ses compositions jusqu’au sublime, notamment pour le cinéma. Peut-être était-ce pour lui, inconsciemment, une façon de racheter ses piètres prestations devant et derrière la caméra… Peintre de grand talent mais rongé par le doute, Lucien Ginsburg se rêvait secrètement cinéaste. Bien sûr, il y avait la musique, mais pour ce génial mélodiste, par ailleurs redoutable jongleur de mots, composer était si facile que cela ne pouvait décemment être sérieux… L’image, c’était autre chose.

Son cinéma, Serge Gainsbourg le voulut esthétiquement sublime, véhiculant des idées fortes et un zeste de provocation. Le public le bouda, comme les critiques. Les films de Gainsbourg, dont le concept était souvent déroutant, firent des bides. Lui-même s’en retrouva blessé.

Aussi, sans pour autant renoncer à ses rêves de cinéaste, Serge Gainsbourg sut se résoudre à réserver essentiellement son talent aux musiques de films, ceux des autres surtout.


 

FILMS TOMBÉS DANS L’OUBLI

«Ecoute ma voix, écoute ma prière, écoute mon cœur qui bat, laisse-toi faire, je t’en prie ne sois pas farouche, quand me vient l’eau à la bouche.» A l’image du début du thème de L’eau à la bouche, en 1959, énoncé sur un tempo jazzy, les compositions de Gainsbourg ont durablement marqué les esprits, souvent bien davantage que les films pour lesquels elles étaient écrites…

En proposant à la vente deux coffrets au tirage limité à 2000 exemplaires, comprenant chacun douze 45-tours vinyles, le label Mercury rend hommage au génie de Gainsbourg. Aux chansons succèdent des thèmes parfois franchement expérimentaux, cosignés avec de grands compositeurs: Alain Goraguer, Michel Colombier, Jean-Claude Vannier, etc. Le premier coffret propose, outre les thèmes de Striptease (1963), de la comédie musicale Anna (1966) avec Anna Karina au chant ou encore du feuilleton télévisé Vidocq (1966), deux 45-tours inédits: Le jardinier d’Argenteuil, datant de 1966, et Si j’étais un espion, film réalisé par Bertrand Blier en 1967.

Même principe pour le second coffret, couvrant les années 1966-1990, avec là aussi quelques perles, à l’image de Manon 70 (1968), Le pacha (1968) ou encore Je t’aime moi non plus (1976) et sa fameuse Ballade de Johnny-Jane. Le titre inédit est ici tiré du film Les cœurs verts d’Edouard Luntz, sorti en 1966. La plupart de ces 45-tours, quasiment introuvables en version originale, s’arrachent à prix d’or sur l’internet ou chez les disquaires spécialisés, et pas seulement en France ou en Suisse. Il suffit d’aller fouiner dans une échoppe londonienne pour s’en rendre compte.

«Je ne veux plus entendre que le silence», déclarait Gainsbourg peu avant de disparaître en 1991. Plus que jamais, réécoutons-le!



Serge Gainsbourg, Bandes originales de films
Artiste : Serge Gainsbourg
Editeur : Mercury Records

vol. 1 et 2 (éditions limitées),distr. Universal Music.

Images :
   



Partager: Partager sur Facebook Partager sur Delicious Ajouter aux favoris Google Ajouter aux favoris Yahoo! Partager sur Twitter Partager sur Yahoo Buzz Partager sur Myspace  


Tags: Cinéma, musique de film, Gainsbourg Aller en haut de page Haut de page

 

ÉCOUTEZ ET REGARDEZ GAINSBOURG DANS LE FILM «LE PACHA»

ÉCOUTEZ LA BO DE «LA HORSE»

A lire aussi

Bourgeoises bohèmes

«À Brigitte, on ne résiste pas»

Dans son premier album, «Et vous, tu m’aimes?», le duo français ose l’éclectisme musical. Et ça plaît. Confessions avant son prochain concert aux Docks, à Lausanne. »


BANDE-SON

L' Air lunaire d'une bande-son

Cent dix ans après sa sortie au cinéma, Le voyage dans la lune, de Méliès, gagne une bande-son. Aux commandes, le duo Air raconte cet étonnant alunissage. »


FESTIVAL

Une bonne dose d’Antigel

Musique, danse, performances: le festival Antigel mise sur l’innovation et explose hors les murs de Genève, jusqu’à l’aéroport et l’usine d’incinération. »

Page générée en 1033 ms.