ENTREZ LES CH... ARTISTES!
Dresser un chat? Le Russe Vlad Olandar est passé maître en la matière. Le numéro qu’il présente cette année au KNIE réunit huit tigres de salon tout blancs. Ebouriffant!
Par
Mireille Monnier - Mis en ligne le 17.08.2010
Même ceux qui n’ont pas de chat le savent, le plus petit des félins n’est pas le plus facile à dresser. Et si dressage il y a, c’est dans l’autre sens, le chat nous mettant habilement à son service. Alors, voir les angoras de Vlad Olandar sauter à travers des cerceaux, faire du monocycle sur son dos, jouer les funambules sur une barre fixe ou faire les beaux, assis dans la main du Russe, ça épate forcément. Et on se demande bien comment ce diable d’homme s’y prend. Vlad Olandar explique que c’est au berceau, et à la récompense, qu’il faut former l’artiste. «Le chat est très intelligent. Il comprend vite. Ce qu’il peut faire pour vous... et ce que vous pouvez faire pour lui. Montrez-lui un exercice une fois, il sait le faire. Mais voudra-t-il le faire durant le spectacle? Chaque soir, c’est la surprise. Qui va travailler, qui ne voudra pas? C’est à vous de vous adapter et d’improviser.»
Tout chats de cirque qu’ils soient, Sava, Shustrik, Riki et les autres restent donc de sacrées têtes de chats! Il est d’ailleurs faux de parler de travail à propos de leurs majestés fourrées, car les trois filles et cinq garçons de la troupe n’aiment pas bosser.
Jouer, oui. S’entraîner, avoir l’impression de travailler, la barbe! Le spectacle a donc aussi valeur de répétition.
LE CHATON FAIT LE LARRON
Bien qu’il adore les chats, c’est
par hasard que cet enfant de la balle, sixième génération d’Olandar à
fouler la piste, en est venu à les dresser. Enfant, il apprend
l’équilibre, la perche, le jonglage. Et puis, le jour de ses 15 ans, un
ami lui offre un chaton, chaton qui miaule à fendre l’âme et les
oreilles lorsque Vlad s’en va au cirque, le laissant seul dans la
chambre d’hôtel. «Les voisins m’ont prié de l’emmener. Pendant que je
répétais, il jouait sur la piste et, un jour où je faisais du
monocycle, il a sauté sur mon dos. J’ai donc eu l’idée de l’intégrer au
spectacle. Quand il a déboulé sur la piste, le public est devenu fou;
moi, je faisais le show depuis dix minutes et personne ne réagissait;
le chat arrive et tout le monde rit, crie, applaudit... Ça m’a fait
réfléchir!»
Un chat puis un autre puis... «Il m’a fallu plus de
dix ans pour arriver à monter un numéro à huit chats», raconte
l’artiste russe. Un numéro qui lui a valu de travailler dans les plus
grands cirques, de passer chez Patrick Sébastien au Plus grand cabaret
du monde, sur France 2, et de vivre mille et une aventures félines,
comme cette traversée de la Russie en train. Les chats avaient réussi à
se glisser, par le conduit de chauffage, dans un wagon occupé par des
étudiants en goguette – qui ont failli en venir aux mains en s’accusant
mutuellement d’avoir dévoré toutes leurs provisions durant la nuit. Cha
ba da ba da...
Le Knie sera à Genève le 27 août. Pour toutes les dates de la tournée en Suisse romande, consultez le site www.knie.ch