Patron d’une entreprise de paysage new age à Bex, ce géobiologiste a créé un jardin magique, une bulle de zénitude aux vertus thérapeutiques. Et le 9 mai, jour de la Fête des mères, ce jardin lui a fait un cadeau: Chouchen.
Par
Mireille Monnier - Mis en ligne le 04.08.2010
LA RENCONTRE: «Ce jardin que j’ai créé avec ma femme, Magali, est plein de vie. On y trouve toutes sortes d’animaux et, depuis plusieurs années, un couple de corneilles a choisi d’y faire son nid. Là-bas, au fond du jardin.
C’est le jour de la Fête des mères que nous avons entendu un oiseau crier et, au pied de l’arbre, nous avons trouvé deux petites corneilles d’une semaine à peine, tombées du nid. L’une était morte.
L’autre faisait peine à voir: sans plumes, une aile cassée, on a pensé qu’elle allait mourir aussi. Mais nous l’avons recueillie, nourrie à la pipette d’eau et aux boîtes pour chat, et voilà: aujourd’hui, c’est un oiseau puissant, bien là au niveau caractère et force physique, et c’est elle qui fait la loi dans la maison. Elle a un sacré aplomb et ne se laisse intimider ni par les chiennes Nasha et Plume ni par la furette Chaussette.»
ELLE M’APPORTE: «Elle me recentre, elle me relie à la nature, à
quelque chose de plus essentiel. Et puis, vous savez, si les corneilles
sont des mal aimées qui traînent une réputation sulfureuse depuis
l’époque où elles mangeaient les yeux des pendus, ce sont en fait des
oiseaux très intelligents et très joueurs. Très enquiquineurs, aussi.
Au bureau, Chouchen joue avec l’ordinateur, avec le fax, qu’elle vient
de bloquer… Et puis elle vole tout: les clés, les stylos, elle boit
dans votre verre, elle pique dans la gamelle des chiens. On rit
beaucoup grâce à elle, ça nous détend. Contrairement aux chiens, qu’on
connaît bien, elle n’arrête pas de nous surprendre. Par exemple, elle
fait un truc bizarre: elle se couche sur la fourmilière du jardin, bat
des ailes comme pour énerver les fourmis et, après, elle en a partout.
Est-ce un jeu? At-elle besoin d’acide formique? En tout cas, quand elle
vient se poser sur notre épaule juste après, ce n’est pas très
agréable.»
ON PARTAGE: «Magali et moi sommes un peu ses parents.
Bien qu’elle vive en liberté, elle vient lorsqu’on l’appelle. Elle a
des moments tendres: elle se pose sur votre épaule, elle corbine
doucement, elle se frotte; elle adore qu’on lui caresse le bec. Elle
s’exprime beaucoup et nous fait plein de cadeaux. Des pétales de
fleurs, qu’elle dépose devant moi. Des petits bouts d’écorces, alignés
sur une serviette. Quand je désherbe, elle désherbe à côté de moi et,
le soir, quand on promène les chiens, elle nous accompagne: elle plane
audessus de nous, pique sur les chiens, les touche avec les pattes,
rebondit et continue.
Parfois, on joue au frisbee avec elle: on
se met à 50 mètres, je l’appelle, elle atterrit sur mon bras, Magali la
rappelle, elle repart… Et quand on s’installe dans un fauteuil,
souvent, elle vient faire la poule sur nos genoux et s’endort.»
L’ANECDOTE:
«L’autre jour, une cliente a eu peur d’elle et a couru se réfugier dans
le magasin. Chouchen est restée cachée derrière les buis devant la
porte et, chaque fois que la dame voulait sortir, elle lui piquait
dessus. C’est une coquine! Et très rusée: on a découvert par exemple
qu’elle savait faire la morte, couchée sur le dos, les pattes en l’air.
C’est un truc de corneille d’ailleurs, car nous en avons eu une autre
avant elle, qui était aussi tombée d’un nid et qui faisait elle aussi
la morte, en particulier lorsque les chiens, dont elle se méfiait, lui
fonçaient dessus.»
LA VIE SANS ELLE: «On laisse toujours une
fenêtre ouverte de manière qu’elle puisse partir si elle le souhaite.
Si elle reprend sa liberté, c’est tant mieux, pourvu qu’elle puisse
survivre. Peut-être qu’elle arrivera à s’affirmer. Si elle recréait une
famille ici, dans le jardin, ce serait le plus beau des cadeaux.»
Au Diable vert, boutique, jardins et bioénergie, route de Magny 45, 1880 Bex, tél. 024 463 30 38; internet: www.marawa.ch. Retour de vacances le 9 août.
MA PHOTO PRÉFÉRÉE
LA CORNEILLE ET LA STATUE
«Chouchen
aime bien se poser sur cette statue que nous avons sculptée et qui est
un petit protecteur du jardin. Je trouve que cette photo symbolise
l’esprit de la nature: l’animal, le bois, le métal, le végétal, l’air…
C’est un tout.»
LE PEDIGREE
Nom: Chouchen. «C’est le nom d’un alcool breton à base de miel; ça lui va bien, elle qui pique dans tous les verres.»
Age: 3 mois.
Race: corneille noire.
Elle
aime: «Prendre son bain: elle se couche dans le bol, elle crie, elle
met de l’eau partout! Par contre, elle n’aime pas qu’on la mouille.»
Elle déteste: «Qu’on l’attrape.»