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Michel Jeanneret - Mis en ligne le 01.02.2011
MICHEL JEANNERET Rédacteur en chef
Le triomphe. Avec les victoires que Didier Cuche a décrochées à Kitzbühel et à Chamonix, suivies par celle que Sarah Meier est allée cueillir à Berne, cette semaine restera dans les mémoires comme l’une des très belles pages du sport hivernal rédigées par les athlètes suisses. Des lignes écrites par un Neuchâtelois qui skie sur un nuage; puis celles, gracieuses, tracées sur la glace des Championnats d’Europe par une jeune patineuse éblouissante à l’heure de tirer sa révérence.
Les exploits de Didier Cuche et de Sarah Meier nous rappellent un fait enthousiasmant pourtant passé sous silence, accaparés que nous sommes à traquer le moindre éternuement du maître Federer: le sport suisse, souvent décrié dans un pays qui ne craint pas de cultiver un certain pessimisme ainsi qu’un léger dédain face à la performance, peut se targuer d’avoir mené au sommet une génération tout simplement remarquable. Aux côtés des grands vainqueurs de la semaine s’illustrent le dompteur de tremplins Simon Ammann, le stupéfiant Dario Cologna en ski nordique, l’inépuisable cycliste Fabian Cancellara et l’incontournable Roger Federer, rejoints par un Stanislas Wawrinka en pleine ascension.
La grâce qui touche comme par magie ceux qui doivent livrer une performance où chaque geste infime compte est d’autant plus belle qu’elle est d’une extrême fragilité. Mais n’y a-t-il pas derrière tout cela une recette du succès? On relève que tous ces champions ont au moins deux choses en commun, à l’instar de Cuche et de Meier. Le travail, tout d’abord. Là où certains se contentent de capitaliser sur leur talent, tous deux ont bossé très dur pour tutoyer les sommets. Le calme, ensuite. Nos deux vainqueurs ont pratiqué leur art sans pression. Le skieur des Bugnenets (NE) reconnaît être dans une phase de confiance incroyable et la jeune patineuse alémanique n’avait rien à perdre dans une compétition où personne ne la voyait dominer avec tant d’aisance. Le travail et le calme, ça ne vous rappelle pas quelque chose? Et si ces valeurs, très helvétiques et souvent jugées barbantes, étaient finalement la clé du succès?
Lire les articles en pages 22 à 25 et 38 à 43.
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