S'il y a une pièce qui a pris une importance inédite dans le logement, c'est bien la cuisine. Mais l'écologie est aussi passée par là: les matériaux et l'électroménager visent plus que jamais la durabilité.
Par
Philippe Clot - Mis en ligne le 28.07.2010
C’est devenu LA pièce qui doit en mettre plein la vue. Avec ses plans de travail aussi grands que des tables de ping-pong et néanmoins réglables en hauteur, avec ses rangements pouvant engloutir des batteries industrielles de casseroles, avec ses frigos et cuisinières de science-fiction, la cuisine a pris sa revanche. Car, durant de longues décennies, la malheureuse s’était réduite à un espace ridiculement petit, étriqué, mal équipé, notamment pour gagner de l’espace pour le séjour et les chambres. Et cette mode des grandes cuisines où il fait bon cuisiner, manger et vivre ne pouvait pas rester en marge des préoccupations écologiques croissantes.
LES VILAINS SOLVANTS
En effet, c’est bien dans cette pièce
que l’énergie, l’eau, le nettoyage, les déchets et la qualité des
matériaux sont des enjeux centraux et quotidiens. L’écoconception s’est
donc glissée aux fourneaux, dans les tiroirs, dans les robinets et dans
les poubelles pour faire de cette pièce un espace aussi naturel que
possible.
Les innovations les plus récentes - et les moins
connues - concernent les matériaux. Les panneaux de particules de bois,
qu’on appelle aussi aggloméré, demeurent encore la norme chez les
fabricants, mais pour combien de temps? «J’ai de plus en plus de
clients qui ont entendu parler des dangers sanitaires que peuvent poser
certains matériaux industriels. C’est cette méfiance qui a sans doute
le plus contribué à renforcer l’intérêt pour la conception de cuisines
plus écologiques, même si de plus en plus de propriétaires se tournent
aussi par conviction vers un habitat écologique», explique Gilles
Bovet, patron de Gil Meuble, à Lausanne et à Gland, un cuisiniste qui
revendique un bonus d’écologie dans la façon de faire son métier.
L’aggloméré et le contreplaqué émettent en effet des formaldéhydes,
des composés organiques volatils pas franchement sympathiques pour la
santé humaine, et souffrent d’un écobilan souvent catastrophique. Il
existe certes de l’aggloméré moins nocif, grâce à des solvants plus
naturels, mais ces techniques se paient souvent par une fragilité
accrue. Or, la solidité, justement, plaide aussi pour le bois massif.
Une charnière arrachée dans un panneau d’aggloméré implique un
remplacement pur et simple des pièces, alors qu’un tel incident dans du
bois massif est réparable sans qu’il faille forcément tout remplacer.
Au
niveau des rangements, des plans de travail, des tiroirs, la solution
s’appelle donc bois. Et du bois FSC (Forest Stewardship Council), si
possible. Ce label reconnu pour son sérieux garantit que le bois
provient d’une sylviculture durable et non d’un morceau de forêt
pluviale scalpé à jamais par des entreprises forestières sans scrupule.
L’autre option durable pour les plans de travail est minérale. De
grands plateaux de granit permettent d’envisager une durée de vie pour
plusieurs générations d’habitants.
Des appareils électroménagers
écoconçus devraient idéalement accompagner ces choix de matériaux
tournés vers le vert. Du frigo au four en passant par les plaques et la
hotte, des différences en consommation d’énergie parfois très
importantes méritent qu’on étudie de très près les fiches techniques.
L’étiquette Energie ne permet hélas plus vraiment de faire son choix.
Car, faute d’une réforme des critères de son classement, tous les
appareils ou presque se retrouvent avec la mention A. Pour la
cuisinière en tout cas, les plaques à induction permettent d’économiser
environ 30% d’énergie par rapport au vitrocéram. Mais cette technologie
implique de s’équiper de casseroles compatibles.
L’éclairage,
très important dans une cuisine, sera parfaitement servi par les
nouvelles ampoules LED (trois à quatre fois moins gourmandes que les
fluocompactes et dispensant une lumière comparables à celle du Soleil).
Et économiser l’eau, sans même qu’on s’en rende compte, est possible
avec une robinetterie équipée d’arroseurs rationnels. Certains robinets
sont même munis d’une touche éco.
L’étape la plus ardue de la
recette d’une cuisine écologique, en bois certifié et dotée des
appareils les plus efficaces, demeure au fond celle de la facture. Pas
de miracle, il faut mettre le prix d’une petite voiture pour s’offrir
une belle petite cuisine naturelle.
Site internet du cuisiniste Gil Meuble: www.gilmeuble.ch
UNE MARQUE VERTE
TEAM 7, OU LE CREDO DE LA DURABILITÉ
La
marque autrichienne de meubles TEAM 7 est particulièrement
représentative d’une démarche industrielle durable. Le bois utilisé
pour ses cuisines modulables provient exclusivement de feuillus
d’Europe et d’exploitations forestières durables. C’est déjà tout cela
d’énergie de transport, d’énergie dite grise, économisée. Et c’est bien
sûr la garantie de ne pas contribuer au déclin des forêts tropicales.
Le
bois, après avoir été méticuleusement sélectionné, est traité avec de
l’huile végétale et sans solvants. L’entretien de ces matériaux
naturels nécessite des huiles et des cires également naturelles. Et la
solidité est un critère non négociable. Tout est modulable et adaptable
en fonction de besoins qui peuvent évoluer avec le temps. La sobriété
des formes rend cette marque presque indémodable. Au fond, c’est toute
la conception, de la sélection des matériaux aux finitions, qui est
dictée en fonction du critère central de durabilité. Une durabilité qui
concerne aussi les postes de travail de cette entreprise restée fidèle
à une production sur sol européen.
Site internet de Team 7: www.team7.ch