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SECRÉTAIRES ET ASSISTANTES
ZOOM SUR LES FEMMES DE L'OMBRE
Pour une fois, ce sont elles qui s’asseyent dans le fauteuil du patron. Un clin d’oeil en hommage à ces femmes indispensables et discrètes, à qui une journée mondiale a été consacrée le 22 avril. Qui sont-elles, que pensent-elles de leur chef? Portraits croisés.

Par Aurélie Jaquet, Marie Mathyer - Mis en ligne le 01.05.2011

 
«JE NE CHANGERAI RIEN CHEZ LUI, IL ME CONVIENT AINSI!»

Rita Wiederkehr, 60 ans, assistante de Bernard Nicod, 62 ans, promoteur immobilier.

Claquement de talons aiguilles et voix de stentor, secrets d’Etat et engueulades musclées: la moquette épaisse de ce bureau cossu a assourdi vingt-cinq ans d’une collaboration de choc. Au programme: complicité, amitié et surtout travail acharné, plus de dix heures par jour.

EN QUOI CONSISTE VOTRE TRAVAIL?

La vraie question, ce serait plutôt:«Qu’est-ce que je ne fais pas?» A part la blanchisserie et ses rendez-vous chez le coiffeur, je m’occupe de tout! Le matin, je lui prépare un café et une tartine de miel, et le reste de la journée, je m’occupe des dossiers, prospections, agendas, téléphones, mémos...

QUELLES SONT SES PRINCIPALES QUALITÉS?

Il en a beaucoup, mais il est surtout droit et généreux. C’est un homme de parole.

ET SES DÉFAUTS?

Une petite influence de la lune sur son caractère peut-être! Sinon, le fait qu’il crie souvent ne me dérange pas: je suis moimême explosive. Il arrive qu’on s’engueule plusieurs fois par jour. S’il m’a déjà fait pleurer, c’est avant tout de rage.

SI VOUS DEVIEZ LE RÉSUMER EN UN SEUL MOT?

Passionné et hyperactif.

CE QU’IL DIT D’ELLE

«Sans elle, ce serait l’enfer! Rita est belle, souriante, efficace et rapide. Une main de fer dans un gant de velours, un sérieux à la suisse allemande. En bref: une super Mercedes carrossée par Pininfarina!» Bernard Nicod

 



 
«QUELQU’UN D’EXTRÊMEMENT GÉNÉREUX»

Sandrine Celicourt, 41 ans, assistante de Me Charles Poncet, 64 ans, avocat

Ils travaillent ensemble depuis trois ans. Juriste de formation, Sandrine Celicourt a étudié le droit à la Sorbonne et a commencé sa carrière à Paris. Pendant onze ans à Matignon, pour les services du premier ministre français, puis pour le compte d’une étude américaine installée dans la capitale.

Avant de s’établir en France voisine et de décrocher le poste qu’elle occupe désormais au côté de Me Poncet.«J’ai mis une année pour trouver la remplaçante de mon ancienne assistante. Je recherchais quelqu’un de très autonome et d’organisé.

Dans mon métier, j’ai affaire à une centaine de documents par jour! Le premier rôle d’une assistante, c’est donc de gérer tout ça», explique l’avocat genevois. En devenant l’assistante de Me Poncet, Sandrine Celicourt a donc acquis le statut de frontalière. Une très bonne chose, selon le célèbre avocat genevois, qui lance là un«zut pour le MCG»!

EN QUOI CONSISTE VOTRE TRAVAIL?

Suivre les dossiers et m’assurer que Me Poncet les ait sous la main avant ses rendez-vous, veiller à ce que son agenda soit bien tenu et ses arbitrages bien classés, organiser ses déplacements... Il me confie également la tâche de faire des cadeaux de naissance lorsqu’il reçoit des faire-part. Il sait que j’aime bien ça!

QUELLES SONT SES PRINCIPALES QUALITÉS?

Outre ses capacités intellectuelles particulièrement brillantes, c’est quelqu’un d’extrêmement généreux. C’est un trait de caractère qui semble fondamentalement ancré en lui. J’ai rarement rencontré des gens de son espèce à ce niveau-là!

ET SES DÉFAUTS?

Sa force de travail. Il travaille très, très vite et ne se rend pas toujours compte du temps que ça me prend à moi. Ah, et il supprime aussi les e-mails que je lui envoie et me demande souvent de les lui renvoyer.

SI VOUS DEVIEZ LE RÉSUMER EN UN SEUL MOT?

Brillantissime.

CE QU’IL DIT D’ELLE

«Sandrine est la personne sans laquelle la vie au bureau serait impossible. Elle est très autonome et organisée, et surtout de bonne composition. Et puis c’est une calme, ce qui, avec moi, fait une bonne moyenne» Charles Poncet

 



 
«C’EST UN INCROYABLE VISIONNAIRE»

Rosemay Christen, 63 ans, et Kari Palaz, 45 ans, assistantes de Jean-Claude Biver, 62 ans, boss de Hublot

Au sujet de ses secrétaires, le patron de Hublot n’y va pas avec le dos de la cuillère:«J’ai deux assistantes parce que je n’en ai aucune. C’est comme en amour. Quand vous avez deux femmes, c’est que vous n’avez pas de femme», explique Jean-Claude Biver. Explications? Pour lui, le concept de secrétaire n’est rien d’autre qu’une notion héritée des débuts de l’ère industrielle, devenue aujourd’hui complètement désuète.«A l’heure de l’internet et des e-mails, les gens doivent pouvoir se débrouiller tout seuls. Je n’ai besoin de personne pour gérer mon agenda.»

Reste qu’une équipe comme celle d’Hublot doit quand même pouvoir compter sur quelqu’un capable d’organiser et de chapeauter certaines tâches administratives. D’où la présence de Rosemay Christen, 63 ans, l’assistante de direction de la marque, qui travaille au côté de Jean-Claude Biver depuis trente-deux ans. Et de Kari Palaz, 45 ans, qui assiste l’équipe de direction dans son ensemble.

EN QUOI CONSISTE VOTRE TRAVAIL?

Rosemay: J’ai à coeur de remplir toutes mes tâches pour le bien de la marque et selon les souhaits de la direction. Elles sont très diverses, et la passion de l’horlogerie m’anime et me motive chaque jour.

Kari: J’assiste à la fois M. Biver et Ricardo Guadalupe, le directeur général. Je m’occupe de la correspondance, des visites des manufactures, etc. C’est très varié.

QUELLES SONT SES PRINCIPALES QUALITÉS?

Rosemay: La générosité et la fidélité.

Le partage, aussi. C’est également un incroyable visionnaire.

Kari: C’est quelqu’un de très calme, à l’écoute, spontané, disponible.

ET SES DÉFAUTS?

Rosemay: Il est très habile, si vous voyez ce que je veux dire. (Rire.)

Kari: Un peu impatient parfois. Il attend des résultats tout de suite.

SI VOUS DEVIEZ LE RÉSUMER EN UN SEUL MOT?

Rosemay: Top chef!

Kari: Exceptionnel.

CE QU’IL DIT D’ELLES

«Rosemay et Kari sont deux personnes sur qui je peux réellement compter. Elles sont fiables et savent anticiper les problèmes. Et s’identifient toutes les deux à l’entreprise» Jean-Claude Biver

 



 
«IL ME LAISSE UNE GRANDE LIBERTÉ»

Tania Cevey, 42 ans, assistante de Jean-Luc Moner-Banet, 47 ans, directeur de la Loterie romande

Ils se vouvoient mais s’appellent par leurs prénoms, de quoi juste laisser«la petite distance nécessaire», selon le directeur de la Loterie romande. Après plus de trois ans de collaboration, Tania Cevey et Jean-Luc Moner-Banet se connaissent bien, et ça se voit.«Si j’ai une question à lui poser mais que je sens qu’il est stressé ou que ce n’est pas le bon moment, je ne vais pas aller le déranger», explique Tania Cevey.«Je reconnais que je suis quelqu’un de très exigeant et de parfois un peu impatient», rétorque le directeur de la Loterie romande.

Pour autant, de l’avis des deux intéressés, le duo évolue dans une ambiance plutôt paisible et décontractée. Loin des clichés, elle raconte que c’est souvent lui qui lui apporte son café le matin. Titulaire d’un brevet d’assistante de direction et d’un autre dans les ressources humaines, Tania Cevey forme avec le directeur général de la Loterie romande un duo de choc qui n’a rien d’un jeu de hasard.

EN QUOI CONSISTE VOTRE TRAVAIL?

Je m’occupe de ses voyages, je gère ses contacts et la préparation des congrès auxquels il participe. Il m’arrive aussi parfois de l’aider dans l’organisation de sa vie privée, étant donné qu’il est souvent en déplacement. Cette année, je lui ai trouvé son appartement, par exemple.

QUELLES SONT SES PRINCIPALES QUALITÉS?

La confiance qu’il me fait et la liberté qu’il me laisse dans mon travail.

ET SES DÉFAUTS?

Il est parfois impatient et un peu cassant lorsqu’il est stressé, même si ce n’est pas forcément dirigé contre moi. Il n’aime pas non plus avoir à répéter les mêmes choses...

SI VOUS DEVIEZ LE RÉSUMER EN UN SEUL MOT?

Homme de tête.

CE QU’IL DIT D’ELLE

«Grâce à Tania, le quotidien devient vivable. Ses plus grandes qualités? Son indépendance, son autonomie, et surtout sa capacité à savoir prendre des décisions» Jean-Luc Moner-Banet

 



 
«DANIEL SAIT FAIRE CONFIANCE AUX GENS»

Sarah Clément, 29 ans, assistante de Daniel Rossellat, 57 ans, directeur du Paléo Festival

Cela fait quatre ans que Sarah Clément orchestre le secrétariat de Daniel Rossellat. Un duo réglé comme du papier à musique, qui évolue dans une ambiance bon enfant à l’image du festival, où tout le monde se tutoie et partage le même open space. Y compris le directeur du Paléo Festival, dont le modeste bureau est envahi par des centaines de CD, dont ceux des groupes programmés cette année.«Ils sont combien, dehors?» lance-t-il à travers la pièce.«Une cinquantaine déjà», lui répond une collègue.

La billetterie de la 36e édition du festival n’ouvrira ses portes qu’à midi, mais comme chaque année plusieurs dizaines de personnes font déjà le pied de grue dès 8 heures du matin... Une scène à laquelle Sarah Clément est habituée, puisque, avant de devenir l’assistante de Daniel Rossellat, cette licenciée en histoire économique a travaillé au Paléo Shop et à la promotion du festival.

EN QUOI CONSISTE VOTRE TRAVAIL?

J’ai deux casquettes: à côté de mon boulot d’assistante de direction, je gère également le secteur des accréditations du festival et les relations publiques hors sponsoring. Je m’occupe donc à la fois des tâches relatives au secrétariat du festival et de celles liées aux affaires personnelles de Daniel. J’organise ses voyages, je m’occupe de ses paiements, de ses impôts, etc. En revanche, ça ne concerne pas sa syndicature, qui est clairement séparée du reste.

QUELLES SONT SES PRINCIPALES QUALITÉS?

C’est quelqu’un de généreux, qui délègue volontiers et sait faire confiance aux gens.

ET SES DÉFAUTS?

Son manque de patience quand il s’agit d’informatique! (Rire.) S’il arrive à rester très zen lorsqu’un artiste annule un concert, il perd en revanche vite patience si j’oublie de lui commander son macaron pour le parking, par exemple. Et puis il n’arrive pas à dire non aux gens et veut arranger tout le monde. Du coup, il me met parfois dans des situations inconfortables.

SI VOUS DEVIEZ LE RÉSUMER EN UN SEUL MOT?

Généreux.

CE QU’IL DIT D’ELLE

«Sans Sarah, la vie au bureau serait une galère! Travailler avec elle, c’est à la fois une complicité précieuse et une connivence efficace» Daniel Rossellat



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Tags: Economie, entreprise, secrétaires, assistantes, patrons Aller en haut de page Haut de page

 

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