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LE VENT DE L'ENVIE

Par Michel Jeanneret - Mis en ligne le 25.10.2011

 

Quelques trémolos dans la voix, des yeux brillants, un sourire éclatant et une magnifique envie d’en être; l’image la plus jouissive des élections fédérales est sans doute celle offerte par Mathias Reynard, nouvel élu socialiste valaisan de 24 ans, incapable de masquer une joie communicative face aux caméras d’Esther Mamarbachi. Image jouissive, image symbolique aussi. Car les résultats de dimanche dernier consacrent la victoire de ceux qui avaient l’envie de défendre des idées, face à ceux qui n’avaient pour ambition que de sauver les meubles… ou plus encore leurs propres fesses.


Le 23 octobre a un parfum de renouveau. Le centre fané incarné par le PDC s’est ratatiné. Le copain des nantis, le PLR, a poursuivi son inexorable glissade. Le dogmatisme des verts leur a valu une immense raclée et la claque infligée à l’UDC met tout simplement fin à vingt ans de blochérisme agressif. A l’échelle de la Suisse et de sa politique qui évolue avec une lenteur parfois désespérante, il s’agit là d’un petit séisme. On croyait les Suisses résignés, on découvre qu’ils se sont laissé porter par l’espoir que ce fameux «nouveau centre» composé des vert’libéraux et du parti bourgeois démocratique (PBD) offre des réponses nuancées à leurs interrogations. En clair, il semblerait que les citoyens estiment que la politique du «y a qu’à» n’est plus crédible et qu’il n’y a pas de réponses simples aux problèmes complexes. Cette secousse est d’autant plus salutaire qu’elle va contraindre les partis traditionnels à repenser leur contenu politique. Qui sait, peut-être va-t-on découvrir des socialistes qui osent parler de sécurité? Des verts qui reconnaissent qu’il faut aborder le phénomène migratoire avec un esprit critique? Des UDC qui laissent tomber les gros clichés? On peut rêver.


Sur les ondes de la TSR, Mathias Reynard ne s’en prive pas. Le futur benjamin du Parlement veut «défendre les travailleurs», «œuvrer pour l’éducation» et «se battre pour un service public de qualité». Il affirme qu’il va «prendre conseil auprès des plus anciens». On ne peut que lui recommander de ne pas trop s’en inspirer. Nombre d’entre eux se sont perdus dans les calculs et les stratégies illisibles, au détriment de leur propre programme. Peu importe que l’on soit d’accord avec les priorités du jeune Reynard, il possède la meilleure arme politique qui soit: la foi. Les autres l’ont perdue et c’est justement ce qui est en train de les perdre. 

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Tags: Elections, votations, Mathias Reynard Aller en haut de page Haut de page

 

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