De sa piscine naturelle à son funiculaire rénové, le Grandhôtel Giessbach, à Brienz, additionne les ATOUTS ÉCOLOGIQUES. Avec la famille Weber aux commandes, quoi de plus normal?
Par
Philippe Clot - Mis en ligne le 25.05.2011
Et si les vacances avaient été inventées pour redécouvrir le charme de la lenteur? Pour tester les vertus (notamment écologiques) d’un retour à une vitesse du XIXe siècle, le mythique Grandhôtel Giessbach se révèle idéal.
On arrive tout d’abord à Brienz, en train, sur les rives du lac du même nom et de ses teintes tantôt émeraude, tantôt turquoise. Puis, depuis le débarcadère attenant à la gare, on embarque sur le bateau de ligne, cap sur Giessbach-See. Le Grandhôtel apparaît peu à peu, perché sur son éperon rocheux, serti de sapins. Ultime moyen de transport, le plus vieux funiculaire d’Europe, tout juste rénové dans les règles de l’art, hisse le visiteur au pied du bâtiment lui-même restauré et de sa romantique cascade.
LE TENNIS DES VOITURES
La fondation créée par Franz Weber pour sauver ce témoin des débuts du tourisme en Suisse réussit le pari de concilier préservation du patrimoine et respect de l’environnement. Car sous l’impulsion de Vera Weber, la fille de Judith et de Franz, la cohérence écologique de ce temple de l’hôtellerie historique se renforce. La jeune femme s’est ainsi attaquée à la problématique du transport. Un cassetête dans le cas de Giessbach. Comment faire pour réduire le nombre d’automobiles qui se bousculent? Mission difficile: «Les clients viennent majoritairement avec leur véhicule. Ils tiennent à leur autonomie pour pouvoir visiter les différents lieux importants de la région.» L’option zéro voiture consistant à les stopper à Brienz, où le bateau et des bus-navettes auraient pris le relais, était financièrement irréalisable: «Nous ne sommes qu’une petite entreprise, pas une commune comme Zermatt qui peut se permettre ce choix radical», analyse Vera Weber. C’est donc le court de tennis, très peu utilisé, qui devrait être transformé en parking souterrain, afin de cacher et de mieux réguler cette mobilité contemporaine qui gâchait un peu cette machine à remonter le temps.
D’autres éléments du complexe se prêtaient mieux à une mutation écotouristique: la piscine des années 60 et son chlore ont fait place à une superbe piscine naturelle. Les petits pots de shampoing et de gel douche sont estampillés «éco». Les armoires frigorifiques ont trouvé place dans la roche plutôt que sur un espace où il aurait fallu couper deux arbres. Vera Weber invente l’écotourisme historique. Elle devrait le faire breveter!
Site internet: www.giessbach.ch