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EXPOSITION
REVOIR VALLOTTON
Ses gravures sont plus célèbres que sa peinture. A Genève, une exposition rappelle que FÉLIX VALLOTTON pratiquait les deux avec une même maîtrise.

Par Jean-Blaise Besençon - Mis en ligne le 30.11.2010

L’argent, Le mensonge, L’averse: ses plus célèbres gravures ont été reproduites jusque sur les cartes postales d’aujourd’hui. Mais Félix Vallotton (Lausanne, 1865-Paris, 1925) fut d’abord et tout au long de sa carrière un peintre. Une exposition inédite tente de démontrer comment l’art épuré de l’estampe a influencé sa palette de génial coloriste.

DESSINATEUR INLASSABLE

Lorsque, à 17 ans, le Vaudois monte à Paris, il ne s’inscrit pas à la vénérable Ecole des beaux-arts dont il a pourtant réussi l’examen d’entrée; il préfère l’Académie Julian. Dans ce futur berceau des nabis (Paul Sérusier, Edouard Vuillard, Pierre Bonnard, Maurice Denis), il trouve la rigueur intellectuelle et spirituelle à laquelle aspire ce travailleur infatigable. «Le dessin, c’est la probité de l’art»: le peintre fait totalement sienne cette maxime énoncée par Ingres, le modèle absolu des jeunes de l’époque. En recopiant les grands maîtres (Rembrandt, Millet) et puis d’après nature, surtout d’après nature, Vallotton dessine tout le temps et place la simple mine de plomb au centre de son travail. Curieusement, ces dessins préparatoires ne sont pas forcément nombreux (ils sont d’autant plus précieux), un seul suffit parfois. Ainsi, son unique portrait de Verlaine au crayon noir servira non seulement de base à une estampe, mais aussi à une peinture. L’exposition parallèle (comme c’est le cas à Genève) des différentes étapes et déclinaisons d’une même œuvre est aussi éclairante qu’émouvante. Comment le peintre a-t-il renoncé à certains détails pour en mettre en valeur d’autres? Comment est-il parvenu à cette simplification parfaite qui donne tant de force et de contraste à ces gravures? Dans quatre salles, le jeune cabinet des estampes (c’est son deuxième accrochage) propose quelque cent vingt pièces, dessins préparatoires, épreuves d’essai, eaux-fortes, xylographies, lithographies et huiles... Suffisamment pour ravir ses amateurs.

Cabinet des estampes du Musée d’art et d’histoire, Genève. Jusqu’au 9 janvier 2011.



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Tags: Exposition, peinture, gravure, Félix Vallotton Aller en haut de page Haut de page

 

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