L’entrée en apprentissage constitue toujours un SAUT dans l’inconnu. Comment les parents peuvent-ils apporter à leur enfant le soutien dont il a besoin? Les conseils de Pascale Roux, coach pour adolescents.
Par
Céline Fossati - Mis en ligne le 24.08.2010
Difficile d’entrer dans la vie active quand on n’a pas encore 20 ans. Pour preuve, 60% des ruptures de contrat interviennent lors de la première année d’apprentissage. De nombreux parents se sentent mal armés face aux difficultés rencontrées par leur enfant. Pour les aider à le guider dans cette phase délicate de leur formation professionnelle, Pascale Roux, psychologue et coach pour adolescents, propose des pistes.
EXIGEZ UNE BONNE HYGIÈNE DE VIE
Lorsqu’il allait à l’école,
vous avez veillé à ce qu’il dorme suffisamment, qu’il mange équilibré,
et qu’il bouge... Ne relâchez pas votre vigilance. Pour qu’un jeune
adulte se sente plein d’énergie, à l’aise dans ses baskets, il est
important qu’il adopte les règles fondamentales d’une bonne hygiène de
vie. Le rôle des parents est donc toujours le même. Donner le rythme
et... faire respecter ces règles.
INTÉRESSEZ-VOUS À SES JOURNÉES DE TRAVAIL
D’une
trentaine d’heures d’école, l’ado passe sans transition à une
quarantaine d’heures de travail (45 étant le maximum autorisé par la
loi suisse). C’est parfois un choc. On peut le regarder droit dans les
yeux en lui disant: «C’est comme ça, tu dois t’y faire!» Mais c’est
moins efficace que d’instaurer un dialogue au sujet de la façon dont il
gère et vit son temps de travail. Demandez-lui de vous raconter l’une
de ses journées: le temps qu’il passe à différentes tâches et
lesquelles lui procurent le plus de plaisir, les temps morts durant son
travail et ce qu’il en fait… Faites émerger ses émotions pour qu’il
puisse les regarder avec distance.
CRÉEZ DES LIENS AVEC SON PATRON
Il est important de poser
des bases d’entente solides entre le patron, l’apprenti et les parents.
Favoriser et maintenir la communication est l’une des clés de la
réussite. Car il se présentera mille et une occasions de mésentente.
Pour éviter les phrases du style «pour le boss, de toute façon, je ne
fais jamais rien de bien!», les parents ont intérêt à prévoir des
rencontres avec ledit boss dans le but de faire le point, ce qui leur
permettra ensuite de séparer le bon grain de l’ivraie. Une fois par
mois au début, quitte à espacer les rencontres quand tout va bien. Il
incombe aux parents d’en prendre l’initiative car, trop souvent, quand
ils sont avertis d’un problème, il est déjà trop tard pour réagir.
PENSEZ RÉORIENTATION SI NÉCESSAIRE
Il
y a des apprentissages que l’on a choisi et d’autres que l’on accepte
faute de mieux. Les uns et les autres peuvent conduire au meilleur.
Mais si rien ne va plus, ne le considérez pas comme un échec, mais
comme un passage qui mène ailleurs. Profitez-en pour réévaluer ses
motivations ou proposez-lui de parfaire ses connaissances en langues,
par exemple. Prenez le temps d’une bonne réorientation. Ce n’est jamais
du temps perdu.
Pascale Roux est psychologue et coach pour adolescents à Genève et à Nyon, tél. 079 651 64 90, www.pascale-roux.com
DES URGENCES POUR LES APPRENTIS
Dans
le canton de Vaud, une association vient en aide aux jeunes en
difficulté lors de leur apprentissage: TEM (Transition écolemétier). Un
conseiller analyse et propose des solutions comme des séances de
coaching ou des rencontres entre les parties en rupture de dialogue.
Les prestations du conseiller sont subventionnées par l’Etat de Vaud et
ne coûtent donc rien à l’apprenti et à sa famille. Il n’y a donc pas de
raison d’attendre que la situation soit catastrophique pour demander de
l’aide.
Association TEM, tél. 021 625 36 81, www.t-e-m.ch Pour
les autres cantons, s’adresser au service cantonal de la formation
professionnelle.