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DRAME AU DANCING
TUÉE PAR DU POPPERS
Elle était belle, dynamique, souriante, et elle avait la vie devant elle. Fiorella Gomez Landerer est décédée tragiquement, lundi 16 janvier à Genève, après avoir absorbé un flacon de poppers lors d’une soirée dans une boîte de nuit.

Par Robert Habel - Mis en ligne le 31.01.2012

«C’était tôt le matin, vers 7 heures et demie: on était autour de son lit, on lui a pris chacune une main, sa maman et moi, et on se tenait tous par la main», se rappelle sa cousine, Belissa, 24 ans, qui finit ses études d’éducatrice pour la petite enfance. «Quand le médecin a débranché l’appareil, ajoute l’oncle de la victime, Vicente Gonzalez, son cœur a commencé à ralentir et il s’est arrêté après cinq ou dix minutes. Son visage a changé de couleur, elle est devenue très blanche, c’était une impression très douloureuse.» Fiorella Gomez Landerer aimait la vie, les amis, les voyages, la fête, et elle venait de célébrer ses 21 ans, le 12 décembre dernier; elle est décédée tragiquement le lundi matin 16 janvier à l’Hôpital cantonal de Genève, victime d’un malaise provoqué, quarante-huit heures plus tôt, par l’absorption d’un produit dopant, le poppers, alors qu’elle finissait la soirée avec des amis au Macumba, un grand dancing situé à côté de Genève.

Murés dans la douleur, les parents de Fiorella, ainsi que sa jeune sœur, Flavia, 17 ans, ne souhaitent pas s’exprimer. «Ma femme, Maria, est la sœur de la maman de Fiorella, explique Vicente Gonzalez, nous sommes venus en Suisse du Pérou il y a vingt-cinq ans et nous sommes toujours restés très proches. Nous allons souvent en vacances ensemble, nous nous retrouvons pour les fêtes, nos filles sont très amies. Fiorella était une jeune fille très joyeuse et très équilibrée, et nous essayons tous de comprendre ce qui a pu se passer. Ma nièce a pris un produit qu’elle croyait anodin et elle en est morte. Il faut mettre les jeunes en garde.»

 

«Elle aimait les gens, elle voulait devenir infirmière»
Belissa Gonzalez

 

LA NUIT DU DRAME

Que s’est-il passé exactement au Macumba, dans la nuit du vendredi 13 au samedi 14 janvier, au milieu des rires et des délires, dans le boucan de la musique électronique? Bien que le drame se soit produit en France, c’est la police genevoise qui mène l’enquête, les personnes concernées étant toutes domiciliées dans la cité de Calvin, mais elle se refuse pour l’instant à tout commentaire. Elle a déjà reçu les images vidéo saisies dans le dancing et procédé à un certain nombre d’auditions. En attendant, la famille de Fiorella tente de reconstituer, à sa manière, le déroulement de la soirée fatale.

«ELLE NE VOULAIT PAS Y ALLER»

«Ma cousine était avec un couple d’amis très proches, une fille et un garçon qu’elle avait vus pendant ses dernières vacances à Barcelone, à Noël, explique Belissa. Ils ont bu un verre pendant la soirée et ils ont rencontré ensuite deux connaissances, une fille et un garçon qui est gay. Ils leur ont proposé d’aller au Macumba. Fiorella voulait rentrer, parce qu’il devait être 2 heures du matin et qu’elle était fatiguée. Mais elle s’est laissé convaincre et elle a envoyé un SMS à son copain pour lui dire qu’elle rentrerait plus tard. Je sais que son copain s’en veut, il lui avait dit de ne pas y aller, mais sans insister.»

Quand le drame se noue, les deux amis de la jeune fille sont absents: l’un est allé fumer une cigarette, l’autre est aux toilettes. Le garçon gay a emmené un petit flacon de poppers, sous forme liquide. A la mode dans les milieux homos dans les années 60 et 70, où il se prenait plutôt sous forme de pastilles, le poppers est un vasodilatateur qui augmente le rythme cardiaque et donc, pour les hommes, les performances sexuelles. Il a aussi la réputation d’être euphorisant, un peu comme le champagne. On doit le sniffer, normalement, mais Fiorella va en boire une partie du flacon, dans des circonstances qui restent à déterminer. A-t-elle voulu s’amuser? A-t-elle voulu faire une expérience un peu limite? «Elle s’est tout de suite sentie très mal, reprend Belissa. Elle a dit: «J’ai avalé ce truc et je suis pas bien.» Elle est allée aux toilettes, mais elle n’a pas réussi à vomir et elle s’est évanouie.»

Prise en charge aussitôt par les secours du Macumba, Fiorella est transportée à l’hôpital d’Ambilly, où elle fait un arrêt cardiaque. Les médecins parviennent à faire repartir le cœur après une vingtaine de minutes, mais Fiorella ne reprendra jamais conscience. Elle tombera bientôt dans un état de mort cérébrale, avant d’être rapatriée à Genève pour y vivre ses dernières heures, entourée par sa famille et ses amis.

«Il faudrait savoir ce que contenait précisément cette fiole de poppers, remarque le Dr Thierry Buclin, pharmacologue clinique au CHUV, à Lausanne. Ce genre de produit est souvent fabriqué dans des laboratoires clandestins et il circule au marché noir. Il a l’air anodin, mais il peut être très dangereux et provoquer un collapsus cardiaque.»

Dans leur appartement au Grand-Lancy, Vicente et Maria Gonzalez, entourés par leurs deux filles Belissa et Lorena, 17 ans, parlent et reparlent de Fiorella. «Elle était à l’école de culture générale et elle voulait devenir infirmière, dit Belissa. Elle était toujours de bonne humeur, elle aimait sortir, danser avec des amis, rencontrer des gens. Elle avait fait des cours de flamenco et elle chantait aussi très bien. On avait fêté ses 21 ans ensemble, le 12 décembre. L’été dernier, on avait passé une journée à Genève-Plage, on avait bronzé, et on était allées le soir au Bypass, pour une soirée hawaïenne. Quand j’ai choisi ses vêtements pour son cercueil, j’ai retrouvé dans son tiroir le collier en fleurs qu’on nous avait donné.»

 

«Fiorella était une fille vive et épanouie, toujours de bonne humeur»
Vicente et Maria Gonzalez

 

«ELLE ÉTAIT TOUJOURS RIGOLOTE»

«Fiorella était très rigolote, ajoute Lorena, et elle me faisait toujours rire. On se mettait toujours les deux ensemble contre les autres! Elle avait fait du volleyball, elle avait aussi fait partie d’un groupe de pompoms girls pour une équipe de basket. Elle avait beaucoup de facilité pour les langues, elle parlait espagnol, comme nous, mais aussi l’anglais et l’allemand. Elle avait fait du piano classique, du dessin, elle avait un côté artiste.»

«Le plus étrange, c’est que Fiorella avait de la chance, remarque Maria Gonzalez. Elle avait gagné une montre Tissot dans un concours, chez Manor. Elle avait un contact facile avec tout le monde, elle était très intelligente et on avait vraiment l’impression qu’elle avait tout pour elle.»



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Tags: Fiorella Gomez Landerer, poppers, décès drogue Aller en haut de page Haut de page

 

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