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BEAUTÉ AU NATUREL
ESTHÉTIQUES INSECTES
Phasmes en forme de feuille, de fleur, de branche, mantes religieuses géantes: devant l’objectif de l’Allemand Igor Siwanowicz, les insectes les plus effrayants révèlent leur singulière beauté.

Par Jean-Blaise Besençon - Mis en ligne le 29.06.2011

Bâtons du diable, dit-on des phasmes, tigres de l’herbe pour les mantes religieuses. Leur nom vernaculaire rappelle la crainte qu’inspirent encore et toujours ces singuliers insectes. Fourchus, crochus, hérissés de dentelures, les phasmes fascinent par leurs extraordinaires facultés à endosser les habits des végétaux. Leurs pattes semblent des brindilles, leurs carapaces des morceaux d’écorce. Phasmes fleurs, phasmes feuilles de chêne, phasmes de bois mort, les quelque 3000 espèces recensées rivalisent de déguisements pour mieux se fondre dans la végétation de leur environnement naturel, les régions tropicales et équatoriales d’Afrique, d’Asie ou encore d’Océanie.

FANTÔME DE FEUILLE

Pour les indigènes et l’étymologie, les phasmes sont des fantômes, des animaux dotés d’un double végétal; des créatures capables de changer d’apparence au gré de la température, de la lumière, de l’humidité et même de se déplacer par petits bonds, comme des feuilles balancées par le vent.

Le profil des mantes est tout aussi exceptionnel. On les baptise religieuses à cause de leur manière de joindre les pattes antérieures lorsqu’elles sont à l’affût. Elles semblent des pénitentes en prière, des saintes figées dans la méditation. Mais on les sait aussi particulièrement voraces et peu charitables avec leurs mâles, qu’elles dévorent le plus souvent, juste après l’accouplement. Cette fantaisie gastronomique a beaucoup contribué à leur détestable réputation parmi la gent humaine! Sinon, à moins d’être une sauterelle, un oiseau de petite taille, au pire une chauve-souris, les mantes religieuses (tout comme les phasmes) sont des insectes paisibles et inoffensifs que l’on peut sans problème accueillir chez soi et élever en captivité.

L’ARTISTE ET SES MODÈLES

Ne croyez pas complètement les photos des pages précédentes. Ce sont des interprétations d’artiste. Par le jeu des éclairages et de Photoshop, l’Allemand Igor Siwanowicz, 34 ans, portraiture ces créatures comme un peintre son modèle, plus soucieux d’en exprimer la personnalité que la vérité entomologique. «Ma principale difficulté, dit-il, c’est de travailler avec des modèles à mauvais caractère et peu coopératifs!» Dans son studio de Munich, il aura fallu pendant des années des dizaines de séances de pose. Le plus souvent tôt le matin, lorsque les insectes, encore mal réveillés et engourdis par le froid, se montrent un brin plus dociles. Sinon distribuer quelques larves bien goûtues peut aussi faire patienter les farouches carnassiers.

Dans tous les cas, il a fallu travailler rapidement, ces timides créatures ne supportant pas longtemps les feux de la rampe sans se brûler les ailes. Pour le reste, Igor explique «avoir regardé ses modèles d’égal à égal et non pas d’un point de vue supérieur». Une explication peut-être de la proximité de ses images pour le spectateur, de l’intimité qu’elles donnent à voir. «Je trouve les mantes religieuses intelligentes et totalement sexy. Elles ont du style!» Exactement comme ses étonnantes images. Pour poursuivre ce voyage au pays des animaux à sang froid, ne manquez pas son site internet, 40 pages de galeries de portraits jusqu’à la frontière du surréalisme.

http://blepharopsis.deviantart.com



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Tags: Grand reportage, insectes, photos, Igor Siwanowicz Aller en haut de page Haut de page

 

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