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JOYEUX ANNIVERSAIRE!
HENRIS DÈS
Il est si lié au monde de l’enfance qu’on oublie qu’il peut vieillir. Le 14 décembre, Henri Dès sera septuagénaire. L’occasion de passer en revue quelques-uns des moments phare de sa vie.

Par Patrick Baumann - Mis en ligne le 08.12.2010

Son public est toujours resté très jeune, mais lui va fêter ses 70 printemps le 14 décembre prochain. Même si sa longue silhouette et son regard pétillant font partie du patrimoine de l’enfance et semble résister joliment au temps. Pour l’occasion, L’illustré a réuni huit fans, toutes générations confondues, venus lui dire qu’ils l’aiment toujours, de 4 à 80 ans. Mieux que Tintin! L’occasion pour nous d’offrir à Henri Dès un gâteau et d’évoquer avec lui sa vie en sept belles tranches!

10 ANS

Le petit Henri Destraz habite la rue Centrale, à Lausanne. Il écoute Radio Sottens mais ne rêve pas encore d’être chanteur. Quel souvenir lumineux gardet- il de son enfance?

Lumineux? Franchement, ce n’est pas le mot qui me vient à l’esprit, même si j’ai eu une enfance heureuse. J’habitais le côté pair de la rue Centrale; le côté impair était nettement plus pauvre: je me souviens de cuisines avec sol en terre battue, de dames de petite vertu au balcon qui attendaient le client. Je n’étais pas très, très sage. Il y avait justement, côté impair, une bande de gamins dont le chef nous entraînait à faire des choses… Casser des carreaux, voler du papier qu’on revendait 20 ct. par kilo au boucher pour emballer sa viande. Un jour, le juge m’a convoqué. Heureusement, j’avais un alibi sur ce coup-là, mais j’étais un peu caqueux et n’en menais pas large. Je n’ai plus jamais refait de bêtises de ma vie. Sauf voler une pêche aux Halles de Paris.

20 ANS

Après avoir été viré du collège et n’avoir pas fini votre apprentissage de dessinateur architecte (il a dessiné toutes les tuiles du motel de Saint-Sulpice), vous tentez votre chance à Paris. Vous dormez sous les ponts et chantez des chansons paillardes. «Rape tes couilles par terre», dit l’une d’elles. Franchement, on est bien loin de La Petite Charlotte?

N’exagérons rien. Je chantais dans un bistrot à couscous, nourri pas le patron, mais personne ne m’écoutait, alors j’ai sorti une ou deux chansons de corps de garde apprises au service militaire. Quant au fait de n’avoir jamais rien fini dans ma jeunesse, finalement, ça m’a aidé. Avec le recul, je remercie le directeur du collège de Béthusy de m’avoir fichu dehors. J’ai compris la leçon, je suis devenu quelqu’un d’assidu par la suite.

30 ANS

Mary-Josée, la femme de votre vie, met au monde votre premier enfant, Pierrick. Camille suivra cinq ans plus tard. En quarantesix ans de mariage, quelle est la plus grande preuve d’amour qu’elle vous a donné?

De m’avoir beaucoup attendu pendant que je cachetonnais de-ci, de-là, puis durant mes tournées. Au début, à Paris, on dormait dans une chambre de bonne de 9 mètres carrés. On avait acheté un plumard défoncé aux puces, j’ai moimême fabriqué le sommier en bois. On vivait au rez, les ouvriers de l’usine Renault crachaient devant nos fenêtres en allant au boulot, c’était glauque. On allait à la douche municipale, parfois les gamins grimpaient pour regarder et on leur donnait des coups de linge! On se partageait une glace le dimanche sur le Boul’ Mich’. C’était la galère, mais on n’était pas malheureux.

40 ANS

Une chanson écrite pour votre fils a réorienté votre carrière. En 1977, Cache-cache, votre premier album pour enfants, fait un tabac. Succès sur le tard. Quel danger vous guette à ce moment-là?

De ne pas savoir garder la tête sur les épaules. J’ai été protégé par l’âge et l’entourage. Les gamins qui deviennent vedettes après avoir passé dans de grosses émissions TV me font souci. S’ils ne sont pas costauds, ça finira dans l’alcool et la déprime. Moi, je n’ai jamais eu peur de perdre mon job à cause de l’âge. Il faut dire que je suis dans une niche à part, je ne passe pas à la radio, on ne m’invite pas dans les émissions TV. Je ne suis pas une vedette; ce sont mes chansons qui sont mises en avant: regardez mes pochettes, ma photo est juste en petit au dos!

 

«JE NE TIENS PAS À VIVRE JUSQU’À 120 ANS»

 

50 ANS

Vous êtes au top. Bardé de récompenses, dont le Grand Prix de l’Académie du disque en 1983. Vous passez à l’Olympia (18 fois), au Zénith. La crise de la cinquantaine vous a frappé?

Je n’ai pas connu de grosses remises en question par rapport au temps qui passe. Je ne dis pas que je n’ai pas fait d’erreurs, mais j’ai toujours pris le temps pour faire les choses, réfléchir à leur sens dans ce métier où tout va trop vite. Je n’ai jamais fait un truc pour que ça marche encore plus ou pour de l’argent. On m’a proposé un jour d’être sur les sets de table d’une célèbre chaîne de fastfood, j’ai refusé. Je veux garder une image limpide. Parfois, quand je vois une vedette faire de la pub pour des lunettes, je me dis: «Mais pourquoi fait-il ça, celui-là?» Cela ne me donne plus envie de l’écouter.

60 ANS

Trois Victoires de la musique. Vous entrez au panthéon artistique. On baptise des écoles à votre nom (29 à ce jour, avec les centres de loisirs et les crèches). Vous tournez comme une rock star, tout en restant bon mari et bon père. Le stress, vous connaissez?

Non. Je pratique la sophrologie depuis quarante ans. Certains prennent des pilules ou des drogues; moi, c’est cette technique qui me réussit. La nuit passée, je n’arrivais pas à dormir, je me suis fait une petite séance. Je fais toujours vingt minutes d’exercices de respiration avant un concert. Je n’ai jamais pris ni drogue ni somnifères!

70 ANS

Cent huitante chansons, 27 CD (500 000 vendus en Suisse romande), des concerts agendés pour 2011. Vous avez oublié que la retraite est à 65 ans?

Je suis plus vite fatigué qu’avant et je dois faire une sieste tous les jours pour être en forme. A un moment donné, je sais bien qu’il va falloir m’arrêter. Ce n’est pas pour demain, même si je ne tiens pas à vivre jusqu’à 120 ans, rassurez-vous. Je ne prendrai jamais de DHEA ni n’aurais recours à la chirurgie esthétique. Mais j’ai de la chance, je fais de la natation tous les jours, je me maintiens. J’ai des copains de mon âge qui sont déjà grabataires. Qu’estce qu’on gagne à vieillir? Un peu de sérénité et d’expérience, pour autant que l’on accepte les changements qui accompagnent chaque âge.

16 chœurs d’enfants chantent pour son anniversaire. L’idée a germé dans la tête d’un fan, aujourd’hui décédé, mais dont les amis ont tenu à réaliser le projet. Ils ont réuni 16 chœurs d’enfants de toute la Suisse romande, qui interprètent 32 chansons parmi les plus belles du trouvère vaudois sur un disque baptisé tout simplement «Merci Henri Dès». Prix: 25 fr. Tous les bénéfices seront versés à des œuvres caritatives.
Autre nouveauté: la réédition de tous les albums d’Henri Dès, un tous les six mois, avec un livre et de nouvelles illustrations.
Site internet: www.mercihenri.ch



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Tags: Henri Dès, anniversaire, 70 ans Aller en haut de page Haut de page

 

ECOUTEZ «L A PETITE CHARLOTTE»

UNE CLASSE D'ÉCOLE CHANTE UN DES SUCCÈS DE HENRI DÈS: «POLYGLOTTE»

L’INTERPRÈTE QUE HENRI DÈS ÉCOUTAIT ENFANT ? VOICI SA RÉPONSE


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