Un cocktail comme celui-là, L’illustré en rêvait. Il fallait donc que L’illustré l’organisât. Pensez-donc, des stars partout, des vedettes qui se bousculent devant le buffet, des people jusque sur les marches de l’Arena de Genève. Et, où que vous portiez le regard, des visages connus. Morisod, Piccard, Dès, Lolita, Ziegler, Darius, Chapuisat, Anne Richard, Franz Weber… Un rêve de chroniqueur mondain devenu réalité… Et pour les invités, un vrai plaisir: celui de se retrouver, de parler entre spécialistes, librement. Certains font connaissance, comme Joseph Gorgoni qui, sous les traits de Marie-Thérèse Porchet, ne manque pas de signaler au commandant André Blattmann qu’il n’a pas fait l’armée. Beaucoup parmi les messieurs tiennent absolument à se faire présenter cette belle brune au large nœud dans les cheveux et au sourire rayonnant: c’est Stéphanie Zwicky, mannequin et blogueuse.
Ne soyons pas naïfs, quelques-uns s’évitent. Bernard Challandes et Gilbert Gress ne cachent pas un sourire satisfait en apprenant le forfait de dernière minute de leur ex-président Christian Constantin. Mais tout cela est bon enfant, parce qu’on est là entre gens de connaissance. De confidence. La glace est instantanément brisée et, très vite, les anecdotes fusent. Henri Dès se souvient d’avoir joué au foot avec Alain Morisod, Stéphanie Zwicky reconnaît en Daniel Rausis un ancien client du temps où elle était prothésiste dentaire. Fulvio Pelli et Jean Ziegler, aux antipodes politiquement, se sont retrouvés dans le même wagon, ce qui convainc définitivement Yann Lambiel que la politique est une farce. Alexandra Coulet chante devant Henri Dès pour lui prouver qu’il est l’idole de son enfance. Michel Pont
demande à Stéphane Chapuisat de reprendre l’entraînement «juste deux mois» pour aider la Nati. Esther Mamarbachi brille de mille feux. L’ex-judoka Sergei Aschwanden échafaude des projets d’escalade autour de l’Eiger avec Jean Troillet. Isabelle Chevalley est pressée de questions sur le nucléaire. Dans les toilettes, Benjamin Cuche lance un sonore «garde-àvous!»au commandant Blattmann.
A 17 h 30, il est temps d’aller prendre place pour la photo. Les invités découvrent, un peu impressionnés, la salle de l’Arena transformée en un immense studio. Sur cinq rangées, les personnalités rejoignent la place qui leur a été attribuée. Le mélange des genres, voulu par le chef de projet Jean-Luc Iseli, fonctionne à merveille. Juché sur une échelle, le photographe Jacques Straesslé règle les derniers détails. Le fusible d’un des quatre gros générateurs qui alimentent les projecteurs rend l’âme. Pas de panique, une réserve est prévue…
Cela donne le temps à Darius Rochebin d’arriver in extremis. Le journaliste prépare le Journal du soir. Il est déjà maquillé et rejoint sa place, au dernier rang - comme les mauvais élèves -, sous les plaisanteries.
Voilà, il faut maintenant être un peu sérieux. Soigner les détails. Penser à la position des jambes pour ceux du premier rang. La prise de vue a justement été conçue par le scénographe David Deppierraz pour pouvoir observer chaque personnalité avec la même netteté, la même profondeur. Le résultat est d’une qualité stupéfiante. Cette photo se décortique et se déguste comme un tableau dont on ne cesse de découvrir de nouveaux détails.
A 17 h 55, c’est déjà fini. Darius Rochebin repart aussi vite qu’il est venu. Les autres rejoignent l’étage où les attend un cocktail dînatoire. L’occasion de reprendre une conversation, de refaire le monde ou, simplement, de partager un bon moment.