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PAYSAGE DU NORD
QUAND L’ISLANDE S’ILLUMINE
Amoureux de l’île volcanique, Patrice Schreyer voulait ramener des images de jours blancs de son neuvième séjour. Mais c’est surtout le soleil qui fut au rendez-vous.

Par Marie Mathyer - Mis en ligne le 10.03.2011

«La plupart de ces clichés ont été réalisés à quelques mètres de la voiture.» En une phrase, Patrice Schreyer, photographe neuchâtelois amoureux fou de la terre de glace, met à mal le mythe du photographe aventurier.

Sa sincérité vise simplement à démontrer aux amateurs que ce genre de territoire peut offrir des paysages sublimes à quelques pas seulement de la portière de son véhicule. Car, selon lui, l’Islande, terre sauvage, «brutale même», pourrait sembler presque effrayante, trop imposante pour les profanes. Après son tout premier voyage, il y a des années déjà, le photographe s’était en effet promis de ne plus jamais y remettre les pieds. «Nous étions partis pour un trek en plein été et il a plu pendant deux semaines sans interruption. Nous avons pris l’eau le premier jour et fini de sécher dans l’avion du retour», se marre-t-il aujourd’hui. Vaincu mais pas dégoûté, il repartait une année plus tard sur ce territoire situé entre le Groenland et l’Ecosse.

«LE VIDE M’INSPIRE»

«L’Islande est un pays qui se digère, explique- t-il. Ce qui m’inspire le plus, c’est le vide.» Et de raconter ces kilomètres que l’on parcourt, loin de tout, avec l’impression d’être seul au monde. «Parfois, on est presque content de voir apparaître un village.» Pour le photographe, voyager en Islande est «une vraie respiration, loin de la Suisse où nous vivons souvent entassés».

Il faut dire que le pays, avec ses 103 000 km2 pour une population d’environ 318 000 habitants, possède la plus faible densité d’Europe. Exception faite peut-être de l’été, lorsque quelque 500 000 touristes déferlent sur l’île. La population qui y réside à l’année est répartie de manière très inégale. La plupart des habitants se concentrent en effet dans les rares villes du pays. Plus de la moitié de la population habite notamment à Reykjavík, la capitale. «Le reste du temps, on croise plus de moutons que d’êtres humains et, de toute manière, ils sont plutôt distants et ne cherchent pas vraiment le contact.»

Hors des villes, le paysage est quasi désertique. «Mais, à l’est et au nord-est, on trouve des fjords sublimes, s’extasie Patrice Schreyer. Au centre, on tombe sur des pâturages et des plaines, un désert de type toundra, et bien sûr près de 10% de glaciers.» Ce sont ces paysages de pierre et de glace, de feu parfois, avec plus d’une centaine de volcans et de failles éruptives, qui attirent l’artiste.

RECHERCHES PHOTOGRAPHIQUES

«Lorsque je m’y rends, j’ai souvent une idée bien précise de ce que j’attends en termes de photographie.» Pourtant, lors de ce neuvième voyage, en janvier 2010, qui était initialement destiné à réaliser des séries de clichés de jours blancs, la météo ne s’est pas laissée apprivoiser. Deux semaines durant, elle a refusé au photographe les nuages et le ciel laiteux qu’il attendait pour lui offrir au contraire les plus beaux rayons de soleil. Un privilège rare. «L’Islande est un pays où l’on ne rigole pas avec le climat, sourit le Neuchâtelois. Même si le Gulf Stream fait qu’été comme hiver la température reste plus ou moins constante, le thermomètre peut malgré tout descendre jusqu’à – 20 °C et les tempêtes peuvent être violentes.»

La voiture sert alors de lieu de repli pour l’homme comme pour le matériel. La nationale 1, la plus longue route d’Islande, fait le tour de l’île. Du ruban goudronné et sans s’équiper d’un matériel lourd, le spectateur peut observer la nature sauvage. Et c’est finalement cela que le photographe a choisi d’immortaliser, à défaut du jour blanc. «Je me suis laissé guider par la lumière, par ce que la météo pouvait me dévoiler, pour raconter en photos ce que je voyais: un paysage féerique, comme échappé d’un rêve.» Pour explorer plus encore ce pays des songes, Patrice Schreyer prépare actuellement un nouveau voyage.

 

Le site du photographe: http://www.patriceschreyer.com

 


 

L’ISLANDE EN CHIFFRES

103 000 km2 de superficie pour

318 000 habitants, dont les deux tiers vivent à Reykjavík.

2119 m: l’altitude du Hvannadalshnjúkur, le plus haut sommet d’Islande. 11% du pays est recouvert de glaciers, dont le Vatnajökull, le plus grand d’Europe.

30 volcans sont entrés en éruption durant ces deux derniers siècles, dont l’Eyjafjöll, en mars 2010. La Pjórsá, la plus longue rivière de l’île, mesure 230 km.



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Tags: Grand reportage, Islande, Patrice Schreyer, photos Aller en haut de page Haut de page

 

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