Recherchez
« Article précédent Article reportages n°53/94 Article suivant »
SÉISME AU JAPON - LE PÉRIL NUCLÉAIRE
L'AUTRE PEUR: LA CONTAMINATION RADIOACTIVE

Par Frédéric Vassaux - Mis en ligne le 16.03.2011

Deux explosions lundi 14 mars dans la centrale nucléaire de Fukushima qui font écho à une première déflagration samedi. Trois réacteurs dont le système de refroidissement fait défaut. Des nuages de fumée qui s’échappent et ressemblent furieusement à de plus célèbres et funestes champignons. Si l’Agence atomique nippone se veut rassurante, elle ne calme ni les craintes des Japonais qui redoutent une catastrophe nucléaire, ni les inquiétudes des pays alentour qui appréhendent un accident du type de Tchernobyl en 1986 et le nuage toxique qui va avec. «On ne peut pas comparer la situation de la centrale de Fukushima avec une bombe atomique, estime Georges Piller, chef de la division radioprotection à l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN). Une bombe atomique est faite pour détruire, une centrale nucléaire pour créer de l’électricité, la configuration est tout autre.» Les explosions entendues à Fukushima sont ainsi dues à une accumulation d’hydrogène généré par chaque réacteur et normalement éliminé par un catalyseur.

«La réaction en chaîne de la centrale de Fukushima a été arrêtée dès l’alerte tsunami, remarque Hansruedi Völkle, professeur de physique nucléaire à l’Université de Fribourg. La surchauffe est due à de la chaleur résiduelle qui doit être abaissée. Le problème, ici, est que le tsunami a endommagé tous les systèmes de refroidissement.» Le risque, dès lors, est un risque de fusion des barres d’uranium, soit que cellesci se liquéfient sous la chaleur et s’écoulent dans le fond de la cuve de la centrale. «Selon les informations, ce seraient les gaines de combustible, soit les tubes qui entourent les pastilles d’uranium, qui auraient fondu dans le réacteur 3, poursuit Georges Piller. Mais le cœur d’une centrale se trouve dans des enceintes de confinement que les autorités nippones assurent toujours étanches. Si des fissures apparaissaient dans le confinement, le problème deviendrait plus aigu.» La crainte est évidemment une fuite de radioactivité. «Le confinement fonctionne comme une marmite à vapeur. Si la pression est trop forte à l’intérieur, on peut faire fonctionner une valve qui rejette de l’air à l’extérieur et permet d’abaisser la pression», explique le professeur de physique. C’est ce qui a été fait pour les trois réacteurs de Fukushima. Si l’opération permet de baisser la pression, elle rejette également dans l’atmosphère un certain nombre de particules radioactives. «La plupart des particules radioactives sont filtrées, mais on ne peut pas retenir les gaz rares, soit le krypton, le xénon et l’argon, explique le chef de la radioprotection, mais ce sont des particules qui se désintègrent rapidement entre quelques secondes et quelques heures.» En cas de fuites radioactives massives, le rayon de 20 km évacué autour des centrales permet d’éviter une grande partie de la contamination.

«Les fuites se font sous forme de gaz ou de poussières, les plus lourdes, comme le plutonium et le strontium, restent dans un rayon assez proche comme l’a montré Tchernobyl», constate Hansruedi Völkle. Par ailleurs, si vous restez à l’intérieur d’un bâtiment, vous diminuez entre 10 et 100 fois la contamination. Georges Piller estime que, même en cas de fuite massive, la radioactivité au-delà de ce cercle ne dépasserait pas la dose annuelle de radiation naturelle subie par l’homme et en aucun cas ne parviendrait jusqu’à la Suisse. La dose de radiation jugée mortelle est estimée à 1000 fois la dose naturelle.


Davantage de photos impressionnantes de la catastrophe au Japon dans «L'illustré» de cette semaine.


 

Quelles peuvent-être les conséquences à long terme de la radioactivité?

Pour vous faire une petite idée, lisez le reportage de «L'illustré» de novembre 2010, intitulé «LA MORT INVISIBLE BIENVENUE À MAYAK, POUBELLE ATOMIQUE». C’est à Mayak, au sud de l’Oural, que fut mise au point la bombe atomique russe. Aujourd’hui, cette région est, après Tchernobyl, la plus contaminée du monde.


Pour lire, cliquez ici»

Réagissez à l'article


Votre pseudo
Texte
(Max 400 car.)
 
Votre email(Ne sera pas affiché sur le site.)
 
Filtre anti-spam : Recopiez le texte ci-dessus
 



Partager: Partager sur Facebook Partager sur Delicious Ajouter aux favoris Google Ajouter aux favoris Yahoo! Partager sur Twitter Partager sur Yahoo Buzz Partager sur Myspace  


Tags: Japon, séisme, tremblement de terre, tsunami, Fukushima, nucléaire, radioactivité Aller en haut de page Haut de page

 

Doit-on remettre en cause l'industrie du nucléaire, suite aux événements survenus au Japon? (sondage réalisé du 16 au 22 mars 2011, minuit)


Résultat final (21 votes)

Réagissez à l'article

Bernie, le 19.03.2011 à 14:46

Avec tous ces événements récents, il me semble que nous les Suisses du Nord sont un peu pris en otages... J'habite la vallée Rhénane, où nous avons bien sûr aussi assez ré gulièrement des secousses sismiques, mais sans gravité. De ma maison je peux voir la vapeur de Goesgen et Beznau, mais j'ai confiance. Mais qu'en est-il de la Fessenheim et de l'Allemagne? Qui peut faire quoi ?

Réagissez »


MÉCANISME DE REFROIDISSEMENT ET ÉCHELLE INES

A lire aussi

REPORTAGE

Au pays de l’ours

Au fil de ses apparitions, l’ours des Grisons a établi une relation étroite avec la population de Basse-Engadine. M13 le curieux suscite l’espoir d’une cohabitation tranquille. Récit. »


FRANÇOIS HOLLANDE

L’homme qui ne devait pas être président

On le surnommait Flamby, le Grand Méchant Mou ou Monsieur Petites-Blagues. François Hollande a été élu, dimanche 6 mai, président de la République française. Un destin à part. »


AZERBAÏDJAN

La route du pétrole

Près de 40% du pétrole de Suisse provient de la mer et des terres d’Azerbaïdjan. Le groupe Socar, compte renforcer sa présence dans toute l’Europe. Reportage. »

DOSSIER: SÉISME AU JAPON, MARS 2011

LE PÉRIL NUCLÉAIRE

Japon, la peur des radiations

Les mères craignent pour leurs enfants, les mesures parfois élevées de radioactivité paniquent certains habitants. Etat des lieux, alarmant, plus de trois mois après la catastrophe du 11 mars. »


IRRADIÉS

Kazakhstan: les sacrifiés du nucléaire

Avec les drames de Fukushima et de Tchernobyl, l’atome fait débat. Au Kazakhstan, théâtre de 40 ans d’essais nucléaires russes, les victimes sont légion. Un Suisse les a photographiés. »


RADIOACTIVITÉ

Professeur Christine Bouchardy: «Le lien radiations-cancer est incontestable»

La spécialiste de l’épidémiologie du cancer, responsable du registre des tumeurs à Genève, explique les conséquences de la radioactivité sur le corps. »


SCÉNARIO CATASTROPHE

Que risque le Valais en cas de séisme

La Grande Dixence qui cède à un big one? Comme au Japon, le scénario du pire n’a pas été envisagé en Suisse. Les chiffres, les analyses et les hypothèses. »


VIVRE AVEC LE RISQUE

»


TÉMOIGNAGES DE TOKYO

Japon, la peur stoïque

Ils ont vécu le séisme en direct puis vu les images tragiques du tsunami. Ils doivent désormais gérer l’invisible radioactivité. »


JAPON: RENCONTRE

Georges Baumgartner, le Tokyoïte à l’esprit samouraï

Le correspondantissime de la francophonie à Tokyo ne mange et ne dort plus depuis le séisme du 11 mars qui a traumatisé le Japon. Il se confie à notre envoyé spécial. »


JAPON: TÉMOIGNAGES

Suisses de retour du Japon

Comme de nombreux étrangers, les Vaudois Olivier Rumley et Annerose Matsushita-Bader ont décidé de quitter le Japon menacé par la radioactivité. Ils témoignent de leur déchirement. »


JAPON: RADIOACTIVITÉ

Le nucléaire suisse en 5 questions

La radioactivité émanant de la centrale de Fukushima suscite les plus grandes craintes. Que se passerait-il pour nos installations en cas de séisme en Suisse? Réponses en cinq points. »


SÉISME AU JAPON - LE PÉRIL NUCLÉAIRE

L'autre peur, celle de la radioactivité

Après le tremblement de terre, suivi du tsunami, le Japon meurtri craint un autre fléau: la radioactivité, à la suite de l'explosion des centrales nucléaires de Fukushima. »


SÉISME AU JAPON - DÉCRYPTAGE

900 fois plus puissant qu'à Haïti

Comment le Japon en est arrivé là? Explication du phénomène qui secoue l'archipel nippon et la planète depuis la semaine dernière. »

Page générée en 190 ms.