Quand la coordinatrice romande de Pro Vélo pédale sur sa bicyclette, elle chantonne. «Le vélo représente certes mon boulot, mais il reste surtout un génial espace de liberté et de plaisir», dit Manon Giger, 28 ans, en poste à Berne depuis deux ans et demi, et ravie de «faire un métier qui sert à quelque chose». Employée à 70% chez Pro Vélo, elle est chargée de planifier en Suisse romande tous les projets de cette association vivace, vivante, qui a mis le gros braquet. Il n’y avait qu’un seul employé il y a dix ans, il en existe aujourd’hui une dizaine au service des 39 associations actives dans tout le pays, dont la dernière en date a été fondée par son père dans le canton de Glaris.
Leurs propositions se multiplient. Parmi elles, originale, l’initiative Bike to Work marche du tonnerre: 1300 entreprises viennent de s’y inscrire, contre 400 il y a six ans. «Les employés s’engagent à aller au travail à vélo un jour sur deux, par équipes de quatre, explique-t-elle. Le plus motivé stimule les autres, cela fonctionne super bien.» Ou le projet Bike2-School, qui remet les élèves sur les routes. Mais aussi des cours de conduite organisés dans 110 lieux de Suisse, avec enfants et parents. Ou la kyrielle de guides publiés, dont le dernier-né, très complet et sorti fin mars, présente des balades dans l’arc lémanique.
PROGRÈS DU VÉLO DANS LES CONSCIENCES
Surtout, elle se réjouit d’observer les progrès du vélo dans les consciences et les habitudes. «Il demeure certes une différence de sensi bilité entre la Suisse romande et la Suisse alémanique, qui s’y est mise plus tôt. Mais cela avance vraiment bien chez nous.» Une preuve? Il y a désormais une place pour chaque vélo dans les bus ou métros de Lausanne. Si le paradis des deux-roues reste Copenhague, avec même d’astucieux reposepieds présents au bord des feux rouges, les villes suisses sont sur la bonne route. «L’évolution est presque palpable. L’attitude des cyclistes est également importante. Qu’ils n’hésitent pas à prendre leur place sur la route, à être visibles!»
Des petits riens la mettent en joie: elle se souvient comme hier de sa surprise quand, un jour à Berne, l’automobiliste qui la suivait a attendu patiemment qu’elle change de voie. Une victoire pour cette Lausannoise, élevée dans les rudes côtes du chef-lieu vaudois. «Je me suis remise au vélo quand j’allais à l’uni. J’ai adoré.»
Au vrai, elle n’a qu’un seul souci à Berne: elle habite trop près de son travail… «Je me suis arrangée pour que mon médecin et mon club de sport soient éloignés, juste pour savourer un bon moment de vélo.»
www.pro-velo.ch