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JSA, MINISTRE SOUS CLOCHE

Par Michel Jeanneret - Mis en ligne le 15.11.2011

 

Quatre mille six cents postes rayés de la carte suisse. En moins d’une demiannée. Et le plus dur est à venir, puisque ces douze prochains mois 40 000 personnes se retrouveront sur le carreau, selon les prévisions du Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO). Face à pareille situation, on s’attend à des réactions politiques engagées. A des actions concrètes pour préserver l’emploi, peutêtre une deuxième série de mesures pour lutter contre le franc fort. Même si le pouvoir de notre Conseil fédéral est limité, il y a également des actes symboliques incontournables. Comme marquer son soutien aux personnes licenciées lorsqu’une grande entreprise, Novartis par exemple, annonce une douloureuse restructuration. Mais ce genre de gestes ne viendra pas de Berne.

Dans une interview qu’il a accordée au «Matin Dimanche» - et qui confirme son stupéfiant manque de sens politique, notre ministre de l’Economie se montre peu troublé par les licenciements massifs et brutaux dont sont victimes les travailleurs suisses. «Il y a Novartis aujourd’hui, mais il y en a eu d’autres et il y en aura encore», lâche- t-il. Johann Schneider-Ammann dit simplement exiger des entreprises qu’elles soient «le plus respectueuses possible» des droits des employés, le terme «possible» trahissant le fait que, pour lui, on ne fait ma foi pas d’omelette sans casser des œufs. Heureusement, JSA se rattrape sur le terrain de la philosophie. Lorsqu’on lui fait remarquer que les Suisses craignent pour leur avenir, le conseiller fédéral accouche de cette réplique paternaliste: «La peur n’a jamais été une solution aux problèmes.» Quand on a le derrière calé sur un siège de conseiller fédéral - fût-il éjectable - et qu’on est richissime, on devrait avoir l’intelligence de rayer ce genre de phrases de son discours...

Que notre ministre aille seulement prêcher la confiance avec un grand C auprès des licenciés économiques auxquels «L’illustré» donne la parole cette semaine, et il comprendra peut-être que, derrière les chiffres, il y a une somme de souffrance considérable. En prenant pour une fatalité ce qui relèverait de la pure logique du marché, Johann Schneider-Ammann nous indique que le bien-être du système justifie presque toutes les dérives. Comme si la prospérité de l’économie primait sur la santé de ceux qui lui servent de moteur. C’est oublier qu’à force de le maltraiter, ce moteur va fatalement se casser.

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Tags: Johann Schneider-Ammann, Novartis, emploi, licenciement, Secrétariat d’Etat à l’économie, SECO Aller en haut de page Haut de page

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