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RÉVÉLATION
UNE SUISSESSE ÉBLOUIT LA PLANÈTE MODE
Elle n’a pas encore 19 ans et à peine six mois d’expérience, mais elle est déjà celle que les couturiers s’arrachent. De Berne à New York, en passant par Milan et Paris, Julia Saner brûle les étapes.

Par Laurent Favre - Mis en ligne le 08.02.2011

Sacrée Elite Model Look of the World en octobre 2009, Julia Saner était programmée pour devenir un futur top-modèle. Surprise, elle l’est déjà! Six mois seulement après des débuts tonitruants à Milan. A pas même 19 ans (elle les fêtera le 19 février). Représentée par les agences Ford Models à New York, Elite Paris et Option Model à Zurich, la jeune Bernoise a déjà séduit les grands noms de la mode avec sa beauté classique et son petit air aristocratique. Esprit sain dans un corset, Julia Saner est la fille à la mode. Parce qu’elle ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, retour sur les cinq villes-étapes d’une irrésistible ascension.

 

«Le succès de Julia? C’est simple, elle est parfaite»
Ursula Knecht, directrice de l’agence Option Model, à Zurich

 

BERNE

Printemps-été 2009. Julia Saner vit à Murifeld, près de Berne. Elle est très élancée, comme tous les membres de sa famille: son père Albert, enseignant à l’école professionnelle et journaliste sportif sur TeleBärn, sa mère Kathrin, hôtesse d’accueil àl’aéroport de Kloten, son frère cadet Raffael, sa demi-sœur Simone et son demi-frère Marco. Enfance heureuse, scolarité sans histoire au gymnase du Kirchenfeld. Sportive, elle gagne à 16 ans le Championnat du monde junior de step dance, en Allemagne.

Julia se fait un peu d’argent de poche en faisant la babysitter ou en faisant des livraisons à vélo pour la pharmacie de son quartier. Avec ses quelques sous, elle se bricole un album de photos sur le site de la Migros. C’est ce premier book de fortune que son oncle envoie à l’une de ses connaissances, directrice de l’agence Option Model à Zurich. Ursula Knecht perçoit très vite le potentiel de la jeune Bernoise. Elle l’inscrit pour la finale suisse du concours Elite, qu’elle gagne. En octobre 2009, sur l’île chinoise de Hainan, Julia Saner remporte la finale mondiale, devant 66 candidates. Elle est l’Elite Model Look, le futur top de demain.

CANNES

Printemps-été 2010. Julia Saner est au Festival de Cannes. Premiers contacts avec ce monde du glamour et de l’artificiel. Elle n’est pas encore mannequin, seulement «la gagnante du concours Elite». C’est largement suffisant pour être invitée par Chopard. Chez le joaillier genevois, on se souvient d’une «jeune fille charmante qui était venue avec ses livres pour préparer ses examens». En robe Roberto Cavalli surmontée d’un collier de la collection Red Carpet de Chopard, elle ne passe pas inaperçue lors de sa montée des marches. Elle dîne avec Paolo Coelho, rencontre Javier Bardem et Penélope Cruz. Elle aime ça.

Sa décision est prise, son plan d’action établi: d’abord la matu, puis deux mois de vacances et début de la grande aventure à la rentrée. Les grandes villes l’attirent, ses contacts avec les responsables de l’agence Elite à Paris l’ont mise en confiance. La famille, les amis? «Il y a l’internet et Skype, non?» Elle est prête.

MILAN

Automne-hiver 2010. Julia Saner entre dans la carrière à Milan en septembre 2010. Avec une modestie toute helvétique, elle espère «décrocher au moins un show». Elle défilera pour Moschino, Fendi, Salvatore Ferragamo, Gucci et Roberto Cavalli. Les directeurs artistiques de Valentino, Maria Grazia Chiuri et Pier Paolo Piccioli, lui offrent même la First Face, c’est-à-dire l’honneur d’ouvrir le défilé. Ursula Knecht, devenue son agente, n’est pas surprise. «Elle est grande, a un beau visage, une belle peau. D’une certaine manière, elle est parfaite. Elle peut incarner différents styles, ce qui est rare chez les mannequins.» Plongée dans le grand bain, Julia s’y révèle immédiatement à l’aise. «Elle a de la personnalité», souligne Ursula Knecht, qui la découvre «très observatrice, sensible, créative». «Elle communique bien avec les gens, s’implique dans ce qu’elle fait. Je crois que c’est important d’être aussi une belle personne.»

PARIS

Printemps-été 2011. Julia loue un petit appartement à Paris pour 850 euros par mois, prend le métro, décongèle les soupes de légumes frais que sa mère lui prépare. Elle a maigri. «Un peu, mais certains clichés sont trompeurs.» Elle l’assume, comme un prix à payer pour réussir, mais assure ne pas jouer avec sa santé. Fin janvier, elle a de nouveau cartonné à Paris avec la haute couture après un premier passage convaincant cet automne pour le prêt-à-porter. Paris Match se penche sur celle qui a déjà épinglé les plus grands noms à son palmarès: Lanvin, Givenchy, Christian Dior, Louis Vuitton. Vingt-sept défilés depuis ses débuts. Et quelques privilèges rarissimes: Karl Lagerfeld sans lunettes noires, une remarque d’Anna Wintour, la toutepuissante rédactrice en chef de l’édition américaine du magazine Vogue. Qui se souvient encore qu’elle n’est qu’une débutante? Personne, à part elle. «Chez Givenchy, mes escarpins étaient si hauts, je craignais de ne pas y arriver.» Heureusement, pour Chanel, je portais des bottes plates. Rien ne pouvait m’arriver.» Non, rien.

NEW YORK

Dans quelques jours, Julia Saner défilera à New York pour la collection prêt-à-porter automnehiver 2011. Elle s’était défilée en septembre dernier, préférant débuter plus «discrètement» à Milan. Elle débarque dans Big Apple comme Roger Federer au lendemain de son premier Wimbledon; tout le monde veut voir la petite merveille. Il régnera autour des plateformes une atmosphère teintée de curiosité et de mise au défi tout entière résumée lorsque Liza Minelli chante: «If you can make it there, then you can make it anywhere» (Si tu peux le faire ici, alors tu peux le faire n’importe où). Le prestigieux New York Magazine a déjà présenté à ses lecteurs the new girl. Julia s’y décrit comme «accessible, ouverte et authentique mais aussi un peu lunatique». «Ce sera encore une étape importante, prévient Ursula Knecht. Julia a tout pour faire une grande carrière, elle a le potentiel pour décrocher la une de Vogue ou devenir l’égérie d’une grande marque. Pour cela, elle doit continuer à travailler, défiler, poser, rencontrer des gens. C’est juste une question d’expérience.»

 


INTERVIEW

«Pourquoi moi? Honnêtement, je me pose aussi la question…»

Vous rentrez d’une semaine de défilés à Paris. Dans quel état d’esprit êtes-vous?

C’est toujours la même chose: les premiers jours, je suis très fatiguée et je reste chez moi pour me reposer. Ensuite, je suis très heureuse de revoir mes amis.

Gardez-vous une relation normale avec votre entourage?

Oui. J’en ai besoin. Ma famille et mes amis sont les gens les plus importants pour moi, parce qu’ils m’ont connue avant et ils m’ont aimée avant. Je sais qu’ils sont sincères. Le business de la mode, c’est un peu superficiel, on ne sait pas si l’on a affaire à des amis ou à de simples collègues de travail. Avec mes amis, je sais. Et je crois que je suis restée la même vis-à-vis d’eux, du moins je l’espère…

Racontez-nous vos défilés parisiens.

C’était la présentation des collections printemps-été pour la haute couture. J’ai fait cinq défilés en trois jours: Dior le lundi, Chanel le mardi, Elie Saab, Jean Paul Gaultier et Valentino le mercredi. Trois défilés le même jour, c’est vraiment très intense. Normalement, je me déplace dans Paris en métro, mais là j’ai loué un taxi-moto pour aller d’un endroit à l’autre. J’arrive encore maquillée du défilé précédent, on me démaquille, on me remaquille, on me coiffe. C’est assez long, assez drôle, surtout chez Dior et Gaultier, où les maquillages et les coiffures étaient très extravagants. Après, on vous habille, il faut faire vite, il y a beaucoup d’adrénaline, le défilé ne dure que quelques instants. Ce sont de très longues journées, mais si intenses que j’ai l’impression que cela a duré des semaines. C’est très intéressant. Très impressionnant.

Ce qui impressionne également, c’est votre ascension fulgurante…

C’est vrai! Tout est allé à une vitesse incroyable. Il y a encore six mois, j’étais étudiante, je passais ma matu… Maintenant, je travaille à plein temps.

Arrivez-vous à comprendre l’engouement qu’il y a autour de vous?

Pourquoi moi? Honnêtement, c’est une question que je me pose également. Je n’ai pas vraiment de réponse. Il est rare que les gens vous expliquent pourquoi ils vous ont choisie. Peut-être que je corresponds au type de mannequin que l’on recherche en ce moment… J’en suis en tout cas très honorée.

On a dit que Karl Lagerfeld et Anna Wintour étaient venus personnellement vous féliciter. Est-ce vrai?

Il y a eu beaucoup d’exagération autour de ça. Karl Lagerfeld et Anna Wintour m’ont seulement vue avec une robe avant un défilé et ils ont dit: «You look great.» Mais je pense qu’ils l’ont dit à d’autres filles.

Vous êtes dans le Vogue américain du mois de février, photographiée par le grand Mario Testino.

Là aussi, j’ai lu beaucoup de choses qui ne sont pas la réalité. J’ai fait ce shooting avec Mario Testino, mais je ne suis qu’une fille parmi quarante-cinq. On me voit seulement sur une photo. Pour moi, ce n’est pas une consécration, c’est un début. Après, il faut essayer d’avoir une série de photos. Puis une cover. Etre en couverture du Vogue US, ça – et aussi être choisie pour une campagne publicitaire –, c’est vraiment une consécration.

Vous dites-vous parfois que ce qui est arrivé aussi vite peut repartir aussi vite?

Oui, vous avez raison. Cela peut s’arrêter très rapidement, il faut le savoir quand on fait ce métier. Je préfère profiter de ce que je vis en ce moment et je me dis que j’ai une sécurité avec la maturité.

Les études, c’est fini?

Pour le moment, je n’en ai pas le temps, mais j’ai envie quand même de faire une formation. La photo et l’art m’intéressent beaucoup, le métier de comédien aussi. Cela ne me paraît pas très éloigné de la mode. Je voudrais utiliser mes contacts pour me former à ces métiers.

Avez-vous le sentiment de maîtriser les événements? Peut-on construire une carrière de topmodèle?

Un mannequin n’est pas seulement dépendant du désir des autres. Une carrière dépend des choix que l’on fait avec son agence. Je n’ai jamais vraiment rêvé de faire ce métier, mais maintenant que j’y suis, j’ai envie de m’accrocher et d’aller le plus loin possible.

Quel regard portez-vous sur votre image?

Quand je regarde les photos des défilés, je trouve marrant de me voir. Mais je ne me «googelise» pas sur l’internet.



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Tags: Julia Saner, Elite, mode, mannequinat, shooting, photos, défilés Aller en haut de page Haut de page

 

VISIONNEZ LES DÉFILÉS DE JULIA SANER

UNE VIDÉO TRÈS SENSUELLE DE LA SUISSESSE!

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