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ROYAUTÉ
DEUX DESTINS, UNE LOVE STORY
En épousant le prince William, âgé de 28 ans comme elle, le 29 avril 2011, Kate Middleton va devenir princesse de Galles. Une trajectoire extraordinaire pour cette fille de nouveaux riches, dont les ancêtres travaillaient à l’extraction du charbon dans le nord de l’Angleterre.

Par Blaise Calame - Mis en ligne le 23.11.2010

Les Britanniques ont toujours adoré l’idée de gens «simples» frayant avec la famille royale. Une lointaine descendante de mineurs de fond propulsée dans la haute société: c’est le rêve de grandeur des ménagères qui ne manqueront rien de la retransmission télévisée du mariage princier l’an prochain. Du côté de la Firme, comme se surnomme elle-même la famille Windsor, les coups durs, les tromperies et autres divorces ont favorisé l’ouverture. Désormais, on semble croire en l’amour. La romance de Kate et William marque un progrès.

Il faut dire que Catherine Middleton, comme elle souhaite qu’on l’appelle, vient de tout en bas: des mines de charbon du nord-est de l’Angleterre, où ses ancêtres, du côté maternel, descendaient chaque jour, au XIXe siècle. L’un d’eux, John Harrison, arrière-arrière-grandpère de Kate, a même travaillé dans la mine de Francis Bowes-Lyon, dont William est un descendant (voir encadré).

Comme le soulignait Claudia Joseph dans son livre Kate Middleton: Princess in Waiting: «Jamais les ancêtres mineurs de Kate n’auraient pu imaginer qu’un jour l’une des leurs serait portée sur le trône d’Angleterre.» On aurait toutefois tort de considérer la future princesse de Galles comme une roturière. Marc Roche, auteur de plusieurs livres sur la famille royale et correspondant à Londres du quotidien Le Monde, l’explique: «Ses parents sont de vrais roturiers. Du côté du père, ce sont des transporteurs routiers. C’est la classe ouvrière, à des années-lumière de la famille royale, même si la famille a gagné sa place dans une riche banlieue du sud de Londres.»

Roche avoue cependant s’être trompé: «Trop focalisé sur les parents, j’ai oublié que les enfants Middleton appartiennent à la grande bourgeoisie, qui s’est toujours mêlée à l’aristocratie. Si les milieux sociaux des parents de Kate et de ses futurs beaux-parents sont très différents, ce n’est pas le cas de William et d’elle, dont l’éducation est semblable.»

Si le destin du futur roi William V, fils aîné du prince Charles et de la regrettée princesse de Galles, décédée en 1997, était tout tracé – éducation privée, passage à Eton, université et formation militaire - dès sa naissance, le 21 juin 1982 à Londres, celui de Kate Middleton, née le 9 janvier de la même année à Reading (Berkshire), a été considérablement infléchi.

ENTREPRISE À SUCCÈS

Fils de pilote de ligne, le père de Kate, Michael Middleton, âgé aujourd’hui de 61 ans, est steward chez British Airways au milieu des années 70, lorsqu’il s’éprend de Carole Goldsmith (55 ans), une jolie blonde hôtesse de l’air dont le père était entrepreneur. Ils se marient le 21 juin 1980 et, en 1987, lancent Party Pieces, une entreprise spécialisée dans la vente d’accessoires de fêtes. Le succès est fulgurant. Il permet au couple de s’offrir une jolie maison de cinq pièces dans le village très classe moyenne de Bucklebury, où leurs trois enfants, Kate (28 ans), Philippa, dite Pippa (27 ans), et James (23 ans) vont s’épanouir.

Devenus millionnaires, les Middleton envoient leurs filles au très select Marlborough College, fréquenté notamment par la princesse Eugénie. Coût de l’inscription annuelle: 28 000 livres (environ 50 000 francs)! Ils achètent également un appartement dans le quartier huppé de Chelsea, à Londres.

PROPHÉTIE SUR SCÈNE

Kate sera éduquée exclusivement dans le privé, notamment à la St. Andrew’s Prep. Elève brillante et sportive, elle adore se déguiser et jouer la comédie. A l’âge de 10 ans, elle joue My Fair Lady, où on lui prédit qu’elle rencontrera «un beau et riche gentleman»…

Pensionnaire au Marlborough College, elle aurait, dit-on, épinglé au mur une photo du prince William. «En réalité, il s’agissait du mec des jeans Levi’s», a-t-elle rectifié la semaine dernière en marge de ses fiançailles.

«William et Kate sont d’éducation semblable»
Marc Roche, écrivain et journaliste

Brillamment notée à son bac, elle s’accorde une année sabbatique en 2001, visite l’Italie et fait du bénévolat au Chili, comme le prince William avant elle. En septembre, elle entre à l’Université de St. Andrews, en Ecosse.

William est inscrit en géographie et histoire de l’art, une branche que Kate suit, elle, en priorité. Ils deviennent amis. L’héritier de la couronne est séduit par cette jolie brune qui, surtout, ne le traite pas avec déférence. «Kate est plus intelligente que William», soutient Marc Roche.

La suite est connue. En mars 2002, William débourse 200 livres pour assister à un défilé de mode caritatif à St. Andrews. En voyant Kate sur l’estrade, il chuchote: «Waow, elle est hot!» Ils deviennent colocataires, bientôt amants.

C’est à Klosters, en Suisse, que leur liaison est révélée en 2004. Il devient son Big Willies, elle sa Babykins! A Zermatt, en 2007, Kate et William vont pourtant se séparer durant un temps. «A l’époque, j’en ai souffert, mais au final cela m’a rendue plus forte», confie rétrospectivement Kate Middleton.

Astucieuse, de l’avis de Marc Roche, la future princesse de Galles choisit stratégiquement de se taire. La famille royale lui en sait gré. Après St. Andrews, dont elle sort diplômée en histoire de l’art et lui avec une maîtrise en géographie, le prince William accomplit sa formation militaire, qu’il poursuit actuellement sur l’île d’Anglesey, au nord du pays de Galles, en qualité de pilote d’hélicoptère. En attendant d’emménager dans un palais londonien, Kate le rejoint dans la fermette que son futur époux loue 750 livres (env. 1500 francs) par mois.

Si ce nouveau mariage princier aura lieu trente ans après celui de Charles et Diana, on aurait tort, affirme Marc Roche, de comparer Kate Middleton et la défunte princesse de Galles. «Il n’y a aucune comparaison à faire, insiste le correspondant du Monde à Londres. Kate est d’abord plus âgée, elle n’est pas vierge et ne souffre d’aucun problème psychologique. Elle connaît le monde, elle a fait des études. C’est une fille libérée qui ne croit pas aux contes de fées, contrairement à Diana. Elle n’épouse pas le prince, mais William, l’homme dont elle est amoureuse!»

DES ENFANTS D’ABORD

Quel rôle choisira-t-elle de jouer en tant que future princesse de Galles? Mystère. «Elle devra commencer par produire un héritier et une roue de rechange, confie Marc Roche. Je suis stupéfait de voir qu’ils ont tous deux enfants: Diana, Anne, Margareth, Camilla… Ensuite, Kate pourra mener sa vie philanthropique.»

Ou peut-être n’en aurat- elle pas envie? A l’image de son futur mari qui, en épousant une lointaine descendante de mineurs du comté de Durham, rompt avec une tradition d’exclusivité aristocratique. Du sang neuf, issu de la classe moyenne, sera injecté dans la monarchie. En avalisant le choix du prince William, la famille royale se déclare prête à affronter un nouveau siècle, plus démocratique.

 


 

DES MARIAGES POUR TROMPER LA CRISE

Les noces du prince William, comme celles de son père et de sa grand-mère, arriveront à point nommé dans une Angleterre au plus mal.

Difficile de n’y voir qu’une coïncidence: à l’instar du mariage de Kate et William l’an prochain, les dernières unions royales se sont produites dans une période de profonde austérité. «En novembre 1947, dans une Angleterre laminée par la guerre, premier mariage royal entre la reine Elisabeth II et le prince Philippe, souligne le spécialiste Marc Roche. En juillet 1981, le thatchérisme, les grèves de la faim en Irlande, les attentats, les licenciements, hop, on nous met Diana! Cette fois, les coupes les plus graves dans les dépenses publiques de l’Etat, la montée de la pauvreté, les étudiants dans la rue, un tissu social déchiré, etc. Ce mariage fera un peu oublier les ennuis qui s’accumulent.»

Il n’y aura cependant pas de miracle. «Les mariages royaux ne résolvent pas les problèmes économiques, poursuit Marc Roche. Ils représentent des jours de congé, des fêtes, etc.» Des experts de la City de Londres ont néanmoins calculé que le mariage du prince William et de Kate Middleton rapportera près d’un milliard d’euros.

Inquiet des surcoûts que son union pourrait occasionner, le prince William a demandé à la famille royale de prendre en charge la plupart des dépenses. Les futurs mariés ont aussi décidé de prendre exemple sur le mariage célébré en 1947. Le prince William se mariera donc vraisemblablement dans son uniforme d’officier de la Royal Air Force – rôle qui sera le sien jusqu’en 2013.

Faut-il s’attendre à un mariage fastueux? Marc Roche répond avec prudence: «En 1947, le mariage de la reine avait été très bas de gamme, puisqu’il y avait encore du rationnement, etc. En 1981, ça a été un énorme mariage, très coûteux. Je crois donc que ce sera cette fois entre les deux. On ne lésinera pas sur l’abbaye de Westminster et les soldats, mais à mon avis la robe de mariée ne sera pas trop chère, le repas à Buckingham sera simple et le voyage de noces sera raisonnable.»



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Tags: Kate Middleton, prince William, Charles, Diana Aller en haut de page Haut de page

 

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