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LIBÉRATION
LA NUIT OÙ TRIPOLI EST TOMBÉ
L’arrivée éclair des insurgés dans la capitale libyenne va rester dans l’histoire. Lundi 22 août 2011 reste comme le jour où a été renversé l’un des plus anciens dictateurs de la planète, mettant fin à quarante-deux ans d’un régime de terreur lors duquel Kadhafi et son clan se sont partagé pouvoir et argent. Aujourd’hui, c’est une dynastie qui s’écroule. La population laissait éclater sa joie.

Par Yan Pauchard - Mis en ligne le 23.08.2011

Une foule en liesse sur la place Verte de Tripoli, des drapeaux, des armes brandies vers le ciel, des cris de joie. Lundi matin, le monde s’est réveillé abasourdi, découvrant ce qui semblait inimaginable il y a encore quelques jours. La rébellion libyenne était en train de renverser Mouammar Kadhafi, l’un des plus anciens dictateurs de la planète, avec ses quarante-deux ans de règne sans partage. A 69 ans, le colonel semblait pourtant éternel, lui qui avait réchappé du bombardement de son quartier général en 1986 par les Américains et su déjouer tant de pièges. Fantasque et brutal, il n’avait jamais hésité à défier des puissances comme les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, notamment au travers de l’attentat de Lockerbie en 1988.

«FILS DU DIABLE»

«Cette chute est un symbole fort, souligne Luis Martinez, spécialiste de la Libye au Centre d’études et de recherches internationales à Paris. C’est un peu le dernier des Mohicans. C’était surtout un régime sans équivalent sur le globe, à part peut-être Marcos aux Philippines, une autocratie, basée sur une dynastie, une famille, qui s’est partagée pouvoir et argent.» C’est donc avec jubilation que les Libyens ont accueilli les annonces des arrestations de trois «fils du Diable», faisant vaciller encore plus ce pouvoir honni. Il y a eu d’abord le placement en résidence surveillée de l’aîné, Mohamed, 41 ans, l’un des plus discrets, surnommé le Chinois à cause de ses nombreux liens commerciaux avec la Chine. Les rebelles auraient également mis la main sur Saadi, 37 ans, ancien footballeur qui avait connu son heure de gloire en jouant quinze minutes avec la Juventus de Turin et s’être fait suspendre pour dopage. En Libye, il est surtout connu pour sa cruauté à la tête d’une unité d’élite.

La capture la plus emblématique est sans nul doute celle de Saïf Al-Islam, 39 ans, le «Glaive de l’Islam», le successeur désigné, le visage moderne et présentable du pays.

Diplômé de la prestigieuse London School of Economics, l’homme à l’élégance britannique semble aussi mesuré que son père est enragé. C’est lui qui jouait les bons offices du régime, notamment dans l’affaire des infirmière bulgares ou celle des deux otages suisses. A cette dernière occasion, il rencontrera alors Micheline Calmy-Rey au Forum de Davos en 2009. Mais, comme tout bon fils de Kadhafi, Saïf Al-Islam a sa part de frasques, en témoigne sa réputation de fils à papa play-boy, qui voyage accompagné de deux panthères et qui organise d’incroyables fêtes dans les grandes capitales européennes.

RÉPRESSION

«La prise de Saïf est importante, mais pas fondamentale, tempère Luis Martinez. Il n’a aucune responsabilité dans l’appareil de sécurité. Au contraire de Khamis et Moatassem, qui sont deux militaires.» Grand rival de Saïf, Moatassem, 34 ans, est le visage même de la répression.

Médecin devenu militaire, il a fait parler de lui en 2007 pour avoir tenté, totalement ivre, un putsch contre son père et s’être offert une danse à deux millions de dollars avec la chanteuse Beyoncé pour un Nouvel An. De son côté, Khamis, 28 ans, considéré comme le «pilier» du régime, est le commandant de la brigade d’élite la plus aguerrie de l’armée libyenne. C’est lui qui mènerait les derniers combats meurtriers dans les rues de Tripoli à la tête de colonnes de blindés. «Ils sont les deux derniers soutiens de Kadhafi. Quand ils tomberont…» conclut Luis Martinez.

Le reste de la fratrie se fait plutôt discrète. A l’image de Hannibal, 33 ans, pourtant le plus sulfureux des enfants Kadhafi, à l’origine d’une crise sans précédent entre la Suisse et la Libye après son arrestation à Genève, dont on n’est sans nouvelles depuis plusieurs mois. Disparue également Aïcha, 34 ans, l’unique fille du colonel. La «Claudia Schiffer du Désert», ancienne avocate de Saddam Hussein, avait lancé un «œil pour œil» vengeur à l’encontre des autorités genevoises coupables d’avoir appréhendé son frère cadet. Selon certaines informations, elle se serait cachée en Algérie avec sa mère.

Mais lundi après-midi, alors que la Ligue arabe ou l’Egypte reconnaissaient les rebelles comme seul gouvernement légitime de la Libye, officialisant de fait la fin du régime, une question restait cependant en suspens. Où est Kadhafi senior? On l’a dit terré dans la caserne de Bab el-Azizia. Selon le Pentagone, le dictateur serait toujours en Libye. En fin de journée, alors que les pays d’Europe appelaient Kadhafi à se rendre, personne ne savait comment le Guide allait choisir de terminer son règne de terreur.

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Tags: Libye, Tripoli, 21 août 2011, chute, insurgés, Mouammar Kadhafi, clan, Saïf Al-Islam, place Verte Aller en haut de page Haut de page

 

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jamil, le 26.08.2011 à 00:01

Votre écrit est ridicule

matamis, le 24.08.2011 à 11:19

merci de me répondre..ou est hanibal Kadafi

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LES REBELLES À LA PORTE DE TRIPOLI

ANALYSE DE L'EXPERT ANTOINE SFEIR SUR LA LIBYE

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