COIFFURE ET MAQUILLAGE FRANCIS ASES
Magali Di Marco est enceinte. Il faut cela pour qu’elle accepte de poser ses chronomètres et ses habits de course. Et encore: elle fait du sport presque tous les jours, une quarantaine de minutes, tranquillement. Magali enceinte, c’est un peu accrocher une boule de bowling au cou d’un guépard. Mais c’est aussi très beau et plutôt émouvant, comme ces photos le prouvent.
Poser nue au septième mois, elle a dit oui sans hésiter. «Je ne tergiverse jamais. Mais c’est intimidant, les transformations que je subis sont plus intimes. C’est très différent de mon corps d’athlète, tel qu’on le voit pendant les courses.» Elle se rassure en se disant qu’on fait tout pour la mettre en valeur. «Le maquillage, la lumière, on ne voit que le joli. Je le fais aussi pour garder un souvenir de ce moment.»
Il y a autre chose: «Je trouve tout aussi joli de montrer qu’une sportive peut prendre des formes. Que cette transformation se passe comme pour n’importe quelle femme. Je ne veux pas montrer de moi que l’aspect «j’ai des abdos, je n’ai pas pris un gramme». Je suis une femme et le fait de tomber enceinte à 40 ans démontre que mon corps fonctionne bien, malgré les efforts que j’ai fournis dans mon sport. Cela signifie que j’ai été raisonnable dans mes excès.»
«J’espère que, même à 50 ou 60 ans, je continuerai à désirer séduire mon mari»
Magali Di Marco
Voilà ce qu’elle aimerait qu’on pense, Magali, quand on regarde ces photos. Un jour, elle aimerait faire partager cette expérience personnelle qui s’appelle un peu vilainement «l’hygiène de vie». «Je croise des femmes qui laissent tout tomber dès qu’elles ont des enfants, sous prétexte qu’elles n’ont plus le temps. C’est vrai que cela demande de l’énergie et de l’organisation, mais on n’est pas en fin de vie parce qu’on a des enfants. Il faut continuer à penser à soi.» Elle devait être la seule maman présente au triathlon des Jeux de Pékin. Elle vise encore les Européens de marathon en 2014. Voit devant elle tant de courses, tant de départs et d’arrivées.
Elle a appris qu’elle était enceinte en mai, juste après le marathon de Zurich, alors qu’elle a abandonné la compétition de triathlon l’automne dernier. «Ce fut une jolie surprise», sourit-elle. Elle a encore couru les 16 kilomètres du Grand Prix de Berne, mais c’était «horrible», dit-elle, jusqu’à avoir envie, sacrilège, de s’arrêter au bord de la route. Elle s’est entraînée vraiment jusqu’au quatrième mois de grossesse, cet été. Après, elle a fini par tendre l’oreille vers ce que son corps avait à lui dire. «Je prends cette période comme une pause physique, une occasion donnée à mon organisme de récupérer.»
POURQUOI RESTER COUCHÉE?
Cela dit, elle reste active. On la voit nager, marcher, trottiner. «Les gens pensent qu’une femme enceinte doit rester toute la journée couchée sur son canapé. Mais pourquoi? Je ne suis pas malade, tout va bien.» Elle accouchera début janvier puis elle recommencera à participer aux courses, peut-être aux 20 kilomètres de Lausanne en avril, parce qu’elle est ainsi faite. Le sport la soigne. Quand quelqu’un se plaint autour d’elle, elle a souvent la même réponse: «Tu ne fais pas assez de sport.» Seratelle la Jeannie Longo suisse? «Je ne sais pas, mais je prends tellement de plaisir, c’est si gratifiant. Je ne veux juste pas devenir comme certains sportifs pathétiques qui s’accrochent alors qu’ils ne feront plus de résultats.»
Vieillir ne la fait pas tressaillir de bonheur. Mais, à 40 ans, qu’elle a eu en septembre, se faire courtiser par des petits jeunes de 20 ans lui plaît plutôt. «Bon, cela arrive de moins en moins, rit-elle. Mais j’espère que, même à 50 ou 60 ans, je continuerai à désirer séduire mon mari. Je n’ai pas envie de me laisser aller.»
Ah oui, le nouveau venu sera un garçon. Il rejoindra son frère Eliah (10 ans) et son père Gianni. Avec ses trois hommes, Magali sera encore davantage la princesse dans leur chalet valaisan. Elle leur dira au revoir en partant courir dans la montagne.