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POLITIQUE
MARINE LE PEN: «JE M’INSPIRE DU SYSTÈME POLITIQUE SUISSE»
Y en a point comme nous! C’est l’opinion de la fille du fondateur du Front national, qui caracole dans les sondages et vise l’Elysée grâce, notamment, aux idées puisées dans nos institutions.

Par Christian Rappaz - Mis en ligne le 29.06.2011

Elle n’en loupe pas une! Le vote sur les minarets, sur le renvoi des criminels étrangers et même sur l’arme militaire à la maison, Marine Le Pen ne rate jamais une «bonne» occasion de clamer son admiration pour notre pays. A croire que c’est elle, et non son père, qui a installé le QG du Front national (FN), à la rue des… Suisses, à Nanterre, banlieue proprette au nord-ouest de Paris. Avocate, divorcée, mère de trois enfants et eurodéputée, elle dit admirer notre bon sens et notre courage de soulever des questions taboues partout ailleurs. En réalité, elle avoue surtout envier les droits populaires, initiative et référendum, qui permettent à l’UDC de faire passer sa politique sur les étrangers.

 

«Je pense sincèrement pouvoir être élue»
Marine Le Pen, présidente du FN

 

Plus rouée et moderne que son père, donc beaucoup plus dangereuse que celui-ci selon ses adversaires, Marine Le Pen séduit à gauche et à droite, et de plus en plus. A quatorze mois de l’élection présidentielle qu’elle espère bien remporter, créditée de plus de 20% des intentions de vote, elle talonne Nicolas Sarkozy dans les sondages. Un an avant d’atteindre le deuxième tour en 2002, son père n’en recueillait pas la moitié.

Avec 23%, le sondage de ce week-end vous propulse en tête des intentions de vote des Français pour la présidentielle de 2012. Comment expliquez-vous ce succès foudroyant?

Je crois que ce résultat ne fait que confirmer la poussée et la dynamique initiée par ma candidature. J’y vois également, à l’exemple des peuples arabes, les prémices d’une révolution pacifique vers plus de démocratie. Les Français sont fatigués des excès et des abus du pouvoir actuel. Ils exigent plus d’éthique, plus de justice sociale et de protection, autant de changements que nous réclamons et défendons depuis longtemps.

Ce n’est pas encore gagné. En quatorze mois, les choses peuvent beaucoup évoluer…

Vous avez raison. Mais mieux vaut partir avec 23% qu’avec 3%. Nous pouvons aussi profiter de cette période pour conforter notre position. Nos adversaires pensent bien sûr combler leur retard. Ils oublient un peu vite qu’en 2002 MM. Chirac et Jospin ont réalisé un score de dix points inférieur aux prédictions des sondages lors du premier tour.

Vous pensez sincèrement pouvoir vous emparer de l’Elysée alors qu’au-delà du sondage huit Français sur dix pensent que vous ne ferez pas une bonne présidente et deux sur trois que vos réformes seraient mauvaises?

Vous oubliez que sept Français sur dix pensent que Nicolas Sarkozy mène une mauvaise politique et qu’aujourd’hui il est à 21%. Je pense effectivement pouvoir être élue. Beaucoup de gens ne connaissent pas encore notre programme, il nous reste du temps pour les convaincre.

Et pour tirer à boulets rouges sur Nicolas Sarkozy, le diable en personne, à vous entendre…

Ce n’est pas une question de diable. Il a beaucoup promis et n’a rien tenu. Il n’a pas de vision stratégique ni de sentiment de la grandeur de la France. Il a laminé notre diplomatie. Nous passons pour des charlots dans le monde entier. Au Mexique, en Côte d’Ivoire, en Tunisie. Il a laissé se développer des conflits d’intérêts permanents, s’effondrer la morale publique, notamment au sein de son propre gouvernement et en étant le premier à donner l’exemple. Et, cerise sur le gâteau, il est en train de s’attaquer à la structure de l’Etat, arrivant à se mettre à dos l’armée, les magistrats, la police, les diplomates. Il est temps qu’il s’arrête.

La candidature de Dominique Strauss-Kahn pourrait bien brouiller vos plans…

Je ne le pense pas. Strauss-Kahn, Sarkozy, c’est bonnet blanc et blanc bonnet. Du pareil au même, des frères jumeaux. A deux virgules près, ils s’appuient sur le même programme. La preuve par toutes les décisions économiques prises d’un commun accord ces trois dernières années. Je vous plains déjà, vous, les journalistes. Comment vous y prendrezvous pour les différencier?

Vous faites très souvent référence à la Suisse. Qu’a-t-il de si formidable, ce pays? Vous le connaissez?

Mal. Ma connaissance de votre pays se limite aux visites que je rendais à mon père, en cure à Montreux. C’est son système politique et sa démocratie que j’admire et qui m’inspirent. Il y a incontestablement chez vous le souci de contribuer au bien-être de la population. En maintenant la paix sociale et la sécurité, en régulant l’immigration, en luttant contre la délinquance, en préservant l’identité. Autant de domaines qui ont été perdus de vue en France. Nous avons beaucoup de leçons à recevoir de la Suisse. Plutôt que de la condamner et de la maltraiter, nos élites feraient mieux d’en prendre exemple.

La Suisse traîne aussi ses casseroles. Ses liaisons dangereuses avec les tenants de l’apartheid en Afrique du Sud à l’époque, son secret bancaire et sa fiscalité qui font jaser, le grounding de Swissair, l’affaire UBS, etc.

L’histoire d’un pays est comme l’histoire d’un individu. Il y a des choses glorieuses, d’autres moins. Je ne suis pas là pour juger. Seulement pour estimer ce qui devrait être pris comme modèle dans le cadre de ses institutions.

Les Suisses seraient-ils plus nationalistes que les Français?

Plus attachés à leur souveraineté. Les Français sont très patriotes, mais on les a beaucoup culpabilisés pour ça. On leur a expliqué que c’était ringard et xénophobe d’aimer son pays. De plus, le président de la République ne cesse de les trahir depuis 2007. Il avait promis de s’attaquer à tous les thèmes que je viens de citer, mais ses promesses sont restées des paroles en l’air. Il faut renverser cette vapeur-là, laisser le peuple s’exprimer.

Vous enviez beaucoup notre droit d’initiative et de référendum. Des instruments qui permettent à la droite populiste d’imposer sa politique, sur les étrangers notamment…

Si l’UDC fait passer ses idées, c’est qu’une majorité de Suisses y adhère. Et la preuve que ce parti met le doigt sur des problèmes qui sont au cœur de leurs préoccupations. Alors que, chez nous, le référendum d’initiative populaire reste soumis à l’approbation du Parlement, nous ne pouvons que regarder avec envie la capacité des Suisses à s’exprimer sur des sujets qui touchent leur quotidien, leur avenir et celui de leurs enfants.

Vous disiez vouloir entrer en contact avec l’UDC si vous étiez élue à la tête du FN. Vous l’avez fait?

Pas encore. Mais je vais le faire. Et pas seulement avec l’UDC, avec tous les partis qui ont pris conscience qu’un certain nombre de dangers pèsent sur nos sociétés occidentales. Nous pouvons nous voir, en discuter, réfléchir aux solutions à mettre en œuvre ensemble. Non pas dans le cadre de l’Union européenne (UE), que je considère comme totalitaire, impotente et impuissante, mais d’une Europe des nations, des souverainetés. La seule qui peut préserver les territoires.

Vous n’avez donc jamais rencontré Christoph Blocher ni Oskar Freysinger, que vous tenez en haute estime, dit-on?

Non. Mais je me réjouis de les rencontrer bientôt. M. Freysinger en particulier, un homme courageux, intelligent et mesuré.

Votre définition de l’UE nous incite naturellement à conclure que, sur la question de l’adhésion, vous rejoignez aussi le point de vue helvétique?

Bien sûr, vous êtes les plus lucides. Et, surtout, n’y venez pas au moment où tout va s’effondrer. L’Europe est une passoire qui ne se donne pas les moyens de préserver les peuples dont elle a la charge. Que ferons-nous si le tsunami migratoire qui suivra peut-être le soulèvement des pays arabes se produit? Si des millions de clandestins débarquent sur nos côtes?

En même temps, vouloir fermer ses frontières et se replier sur soi, n’est-ce pas aller à l’encontre de la marche de l’histoire et véhiculer une utopie?

L’utopie, monsieur, c’est penser qu’on peut continuer à accueillir toute la misère du monde alors que nous vivons au-dessus de nos moyens et que notre peuple est en train de s’enfoncer dans la souffrance et la pauvreté. Et si aller à l’encontre de la marche de l’histoire signifie disparaître, alors je vais à contresens d’un pas encore plus déterminé.

Vous noircissez le tableau. La Suisse compte 1,8 million d’étrangers, 22% de la population, qui participent à la prospérité du pays…

Ne comparez pas l’immigration de la Suisse, qui sait faire respecter ses codes et ses traditions aux immigrés, avec celle que subit la France, laquelle s’enfonce dans le communautarisme. Ces trente dernières années, nous avons accueilli 12 millions d’étrangers et nous continuons à en accueillir 300 000 par an malgré nos 5 millions de chômeurs et nos 7 millions de travailleurs pauvres. Un quart des Français ne se soignent pas correctement parce qu’ils n’en ont pas les moyens. Vous ne croyez pas qu’il faut arrêter l’immigration, faire un moratoire, compte tenu des difficultés qui sont les nôtres, et garder les ressources de la nation pour nos compatriotes?

Pensez-vous que le vent de révolte qui souffle sur les pays arabes puisse atteindre les pays occidentaux?

Les pays occidentaux se croient préservés. Ils ont tort. Face à des élites qui ont une tendance particulièrement cynique à se gaver en exigeant toujours plus de sacrifices à leur peuple, tout peut arriver. Les mesures d’austérité imposées aux Grecs et aux Irlandais relèvent du saccage social. Que se passera-t-il si demain on impose les mêmes aux Français ou aux Espagnols?

C’est la cause de la poussée des partis populistes en Europe?

L’une des causes. La raison principale reste le mondialisme et l’immigration. La destruction de nos identités, de nos frontières, l’effondrement de nos Etats, et donc l’atteinte à nos valeurs et à nos modes de vie. Le flux migratoire bouscule nos populations et étrangle l’économie, qui ne parvient plus à faire vivre et travailler nos populations.

Comment conciliez-vous votre engagement politique et votre vie de mère de famille?

Comme toutes les mères qui travaillent, je jongle. Et j’appelle souvent la mienne au secours. Comme beaucoup de femmes dans ma situation, je sacrifice également une partie de ma vie sociale et de mes hobbies pour me consacrer à mon aîné de 13 ans et à mes jumeaux de 12 ans.

C’est plus difficile d’être une femme ou la fille de Jean-Marie Le Pen?

Si l’on se comporte comme un dirigeant, le sexe est sans importance. Quant à être la fille de, inconvénient ou avantage? Les deux. Ça dépend des circonstances. L’avantage, c’est d’avoir été jetée très tôt dans le bain politique, de bénéficier d’une sorte de formation continue. Du coup, je n’ai pas idéalisé le combat politique. Je sais ce qu’il représente et j’en assume les risques. Cela dit, j’ai parfois souffert d’être la fille de l’ennemi politique numéro un, puisque c’est ainsi qu’on le présentait. En même temps, ça m’a forgé le caractère et bronzé le cœur comme on dit.

Quand on vous présente comme une femme peu cultivée, ça vous blesse?

Oui, bien sûr. Mais sachez ou souvenez-vous que Jeanne d’Arc ne savait ni lire ni écrire…

 


MARINE LE PEN PORTRAIT

La fille qui occupe le front

Héritière politique de son père, elle s’efforce de donner au FN une image moins caricaturale et plus «fréquentable».

Jean-Marie Le Pen peut dormir tranquille. Marion Anne Perrine, dite Marine, 42 ans, veille sur son patronyme. Après avoir plusieurs fois tenté d’y renoncer, la cadette de ses trois filles a fini pas assumer son nom et son passé. Une démarche loin d’être aussi évidente que les images aux relents presque incestueux jalonnant le parcours du «couple» le suggèrent. Avec une sincérité qui l’honore, Marine Le Pen confesse même avoir longtemps honni cette politique de combat menée par son père, qui a pourri son enfance et son adolescence. Allusion à l’attentat à l’explosif jamais élucidé qui a dynamité la maison familiale sans faire de victime alors qu’elle avait à peine 8 ans.

Mais le départ de sa mère, Pierrette, lassée elle aussi de voir la politique envahir la vie de famille et qui ne donnera plus aucune nouvelle pendant quinze ans, l’a aussi beaucoup marquée. Et aigrie. «Tous les malheurs de ma vie sont liés de près ou de loin à la politique. Je n’avais donc nullement envie de m’y jeter», ditelle aujourd’hui. Marine fera d’ailleurs tout pour la fuir, pour échapper au clan et trouver sa propre voie. Comme un pied de nez à papa, elle ira jusqu’à défendre des sanspapiers en comparution immédiate alors qu’elle termine ses études de droit. Mais le besoin irrépressible de soutenir ce père omniprésent et attaqué de toutes parts allié au désir sans doute inavoué de le venger sont les plus forts. Elle revient au parti en 1998, en tant que juriste du FN.

En 2002, alors que la qualification de Jean-Marie Le Pen pour le second tour de la présidentielle prend tout le monde de court, ce dernier, en panne de personnalités pour répondre aux sollicitations des médias, propulse Marine sur les plateaux. C’est la révélation! Le parti dispose enfin du visage féminin qui lui manquait pour adoucir son image. Dès lors, Marine n’aura de cesse de dédiaboliser le FN, une mission de la plus haute importance à ses yeux. Au point d’envoyer sa lettre de démission début 2005 et de partir à la Trinité après que Jean-Marie Le Pen, toujours friand de dérapages, a estimé au cours d’une interview télévisée que le régime nazi n’était pas si dur que ça.

Depuis, les choses sont rentrées dans l’ordre. Le 14 janvier, Marine est devenue Le Pen en succédant à son père à la tête du parti avec le succès que l’on sait. Sans changer le fond, juste la forme. Une tactique qui pourrait bien lui ouvrir les portes du rêve derrière lequel son père a vainement couru pendant soixante ans: se hisser au second tour comme seule représentante de la droite…

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Tags: Marine Le Pen, France, UDC, Suisse, Elysée, élection présidentielle Aller en haut de page Haut de page

 

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pHLMEZJ7, le 24.01.2012 à 13:47

LGfPhd http://www.RUWE5gOde94HqsfDYIh3uBfJfSMdiDSG.com

Heidi de Genève, le 15.10.2011 à 11:25

En parcourant ce billet et ses commentaires, on constate que les agressions contre les autochtones et les non musulmans est en fait une directive de l'U.E. !! ¤ des jets de pierres contre les Chrétiens http://www.kazeo.com/m/article-2614612.html

Heidi, de Genève, le 15.10.2011 à 09:07

Merci, Marine et bon courage :-)

ynTOKhekO, le 25.06.2011 à 17:10

SpB3bg , [url=http://tzwvcwaqhjdj.com/]tzwvcwaqhjdj[/url], [link=http://kykhcqkeaxaj.com/]kykhcqkeaxaj[/link], http://gkitcvbvcgno.com/

mimich, le 09.03.2011 à 18:47

Enfin les Français voient clairs et attendent l'heure de vérité. Fini la politique de salon,enfin une personne pragmatique, jeune, expérimentée et intelligente. En avant la Marine, et que les autres partis se grattent la tête pour corriger leurs erreurs.

Lily, le 09.03.2011 à 09:46

Je pense sincèrement que Marine Le Pen a tout pour devenir la première Présidente de la République Française. Si j'étais française, je voterais pour elle sans aucune hésitation. En plus de son intelligence et de ses opinions justes, elle a le physique agréable et un beau nom. Courage les Français...

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