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DISPARITION D'ALESSIA ET LIVIA
MAIS OÙ LES A-T-IL CACHÉES?
MALAISE La mère des fillettes lance un appel désespéré pour qu’on les cherche en Suisse romande. Peu à peu, des questions apparaissent sur l’engagement de la police vaudoise dans l’enquête.

Par Arnaud Bédat - Mis en ligne le 03.03.2011

«Maintenant, il faut chercher les fillettes en Suisse, elles n’ont peut-être jamais quitté le pays.» Depuis un mois, Irina vit un cauchemar éveillé. Elle ne dort plus, ne vit plus. Portée par une incroyable vague de solidarité, «remplie d’amour», soulignet- elle, par des messages et des lettres par centaines, chez elle ou sur sa page Facebook («Missing Alessia et Livia», qui compte près de 35 000 soutiens et renvoie aussi à une pétition à signer pour qu’on continue de diffuser les avis de recherche), elle survit comme elle peut, entourée de ses proches, et n’a plus qu’une seule idée en tête: retrouver ses jumelles par tous les moyens. «Je n’ai pas le choix», répète-t-elle. Le combat acharné de cette maman de 44 ans émeut désormais toute l’Europe et même au-delà, relayé notamment via CNN. C’est une Mère Courage, qui force l’admiration et le respect.

Elle veut renverser des montagnes, inverser l’ordre des choses, défier l’effrayant jeu de piste laissé par Matthias, le père de ses filles, avant de se suicider. A ses yeux, rien d’autre, désormais, n’a de sens. Elle va partout où cela peut être nécessaire, comme à Marseille, avant même la nouvelle de la mort de Matthias connue, interrogeant les hôteliers sur la Canebière ou les locataires de bateaux. Comme en Corse, il y a une quinzaine de jours, où elle a survolé l’île de Beauté dans un hélicoptère de la gendarmerie nationale. «J’ai indiqué aux enquêteurs des endroits où nous avions passé des vacances à l’été 2008, des criques où nous avions mouillé en bateau, des plages où nous avions pique-niqué, des itinéraires que nous avions empruntés ensemble.» L’hélicoptère a fait une halte sur une plage déserte où la petite Livia avait connu naguère un problème de santé et avait dû être évacuée vers l’hôpital le plus proche. Avec son frère Valerio, son indéfectible soutien, Irina a marché sur le sable, a cherché partout, en quête d’indices. Sans succès.

 

«Je n’ai pas le choix. Je dois les retrouver!»
Irina Lucidi, maman des fillettes

 

A la télévision, dans ses brèves apparitions, elle cache sa détresse sous une carapace fragile qui peut apparaître parfois comme un peu de froideur. Mais qui n’est en fait qu’une douleur profonde. Elle se contente pour l’heure de dire en public le strict minimum pouvant aider à l’enquête et pousser l’opinion à lui fournir des pistes. Matthias n’a pu faire disparaître comme ça les fillettes sans que personne n’ait rien remarqué, le 30 janvier dernier. Il y a forcément quel-qu’un qui sait, qui a vu, qui a entendu et qui détient peut-être sans le savoir une partie de la clé de l’énigme. Durant cinq heures, de 13 heures à 18 h 04, heure de son arrivée sur le sol français, qu’a-t-il donc fait? Principalement dans la région de Morges, vers 15 h 40, où le signal de son portable a permis de le localiser, et à Préverenges, où il semble bien avoir été vu, quelques minutes plus tôt, par un témoin passant avec les fillettes à bord de sa voiture? «Aucun indice ne permet de dire qu’Alessia et Livia ont quitté la Suisse», explique Irina. Elle lance un appel à tous en Suisse, aux associations de spéléologues, de plongeurs, de chasseurs, de randonneurs, à tout ce que le pays compte de bonnes volontés. Si tous se mobilisent, si l’on quadrille méthodiquement le terrain, on va bien finir par les retrouver. C’est sa conviction. Comme en Corse, où l’on explore sans relâche l’île, comme en Italie, où une magnifique chaîne de solidarité s’est déployée. Dimanche dernier, à Cerignola, où Matthias s’est jeté sous un train, ils étaient encore des dizaines de bénévoles à ratisser les voies de chemin de fer à la recherche de la carte mémoire de son GPS. Dans la Péninsule toujours, des brigades cynophiles, notamment, se sont mises à disposition pour fouiller les forêts et les champs de Suisse. «Ils n’attendent que le feu vert de la police vaudoise», détaille Irina.

LE TESTAMENT EST DÉCOUVERT LE SOIR DE LA DISPARITION

Elle a le droit à la vérité, que ses jumelles soient disparues à jamais ou bien vivantes. «Tant qu’on ne sait pas, les deux possibilités restent ouvertes.» Mais la probabilité qu’Alessia et Livia «reposent en paix» quelque part, pour reprendre les termes d’une des lettres envoyées par son mari qui avouait les avoir tuées, peut-être entre Saint-Sulpice et Genève, devient, jour après jour, une terrible évidence. Mais comment y croire? Elle martèle avec une foi inébranlable: «On retournera tout le pays s’il le faut, mais on les retrouvera!»

Seule, Irina a mené dès le début sa propre enquête. La police italienne et la police française ont organisé des battues, ratissé le terrain, mais la police vaudoise et ses dizaines d’hommes mobilisés, elle, s’est contentée d’envoyer ses chiens renifleurs autour de la villa de Saint-Sulpice, un hélicoptère sur le lac, des agents pour fouiller les ports, interroger le voisinage direct et les responsables des stationsservices entre Lausanne et Genève, comme si les fillettes n’étaient plus en Suisse… A-t-elle tout entrepris? N’aurait-elle pas dû organiser également des battues sur le terrain, dans les champs et les forêts, même un peu au hasard? Figée dans des certitudes, répétées encore vendredi dernier dans un communiqué: «la piste corse reste privilégiée», écrit-elle. Sur le plateau d’Infrarouge, son porteparole martelait que «les jumelles avaient été vues pour la dernière fois en Corse», alors que les témoignages apparaissent très fragiles. La police vaudoise néglige obstinément le fait qu’aucun élément probant ne prouve que les fillettes aient bien quitté le territoire suisse. Elle est même contredite par le procureur Gilliéron, à Lausanne, qui admet devant la presse qu’Alessia et Livia ne sont peut-être jamais parties de la région. Une suite de déclarations publiques imprécises ou contradictoires émaillent l’enquête. Les policiers semblent avoir tardé à mesurer toute l’étendue de cette disparition, croyant d’abord à la simple fugue d’un père contrarié. Le soir où la mère donne l’alerte, le dimanche 30 janvier, un policier lui aurait même dit, alors que le testament de Matthias venait d’être découvert, annonçant clairement sa mort et suggérant celle de ses fillettes: «Ne vous en faites pas, Madame, votre mari va revenir avec les enfants. Il est Suisse…»

Dès le premier soir, de sa propre initiative, Irina doit implorer les compagnies de téléphone et les banques de lui procurer la liste des derniers appels passés par Matthias depuis ses numéros et de ses derniers retraits dans les distributeurs. Elle veut comprendre, elle est inquiète. Dans son cœur de mère, elle pressent déjà que rien ne tourne plus rond, qu’il s’est passé quelque chose. Elle redoute le pire, imagine tous les scénarios et n’adhère pas au manque d’initiative des policiers. C’est elle qui court à Morges à la pharmacie de service pour vérifier si Matthias n’aurait pas acheté ce jour-là des somnifères ou des drogues mortelles. C’est encore elle qui, il y a une semaine, alors que les enquêteurs viennent de lui rendre les clés de la villa du chemin de Champagne, s’y précipite aussitôt et arpente chaque pièce, chaque couloir pendant des heures, en quête de quelque chose qui pourrait l’aiguiller vers un indice. Elle fouille aussi les poubelles, ce que les enquêteurs n’ont pas eu l’idée de faire. Elle découvre un post-it froissé de la main de Matthias: «Delete Facebook», indiquant qu’il avait pensé à effacer sa page sur le web. Froidement, le père méticuleux avait tout calculé. Son intérieur est impeccablement rangé. Les tiroirs de son bureau vides. Dans la poubelle de la salle de bain, Irina retrouve les étiquettes enlevées des poignées de trois valises datant du voyage dans les Caraïbes en décembre dernier.

DES BOTTES, DE LA TERRE, UN MANTEAU…

Une preuve que Matthias a bien dû partir avec ces valises, qu’elle ne retrouve nulle part. Dans l’armoire à chaussures, au soussol, la maman soulève des bottes appartenant à Matthias. Elles sont couvertes de boue – le voisin confirmera l’avoir bien vu le matin du jour de sa disparition avec ces chaussures-là. Elles sont maculées de terre, comme les pneus de son Audi A6 noire, mais les analyses n’ont pas encore parlé… Plus loin, dans le vestibule, à l’entrée, il y a un manteau de femme: peut-être une piste, une maîtresse cachée? Il y a peu, cet habit a été identifié comme étant celui d’une connaissance, rien de plus.

Des portes s’ouvrent, d’autres se referment, mais Irina continue inlassablement ses recherches. Elle veut connaître toute la vérité. Pour Alessia, pour Livia, 6 ans, victimes innocentes de la folie humaine.

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Tags: Matthias Schepp, Alessia, Livia, Irina Lucini, police vaudoise, Facebook Aller en haut de page Haut de page

 

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luna, le 24.05.2012 à 07:07

Irina LUCIDI maman courage , 1ere fois que j'entends une expression aussi nunuche et stupide !! Combien de disparitions d'enfants!! jamais lu Papa courage et maman courage.. cette expression est vraiment stupide! irina LUCIDI se bat..;que fait-elle à part s'occuper de son maquillage et de ses voyages et de boucler la chambre de ses filles dans un garde-meubles

MAXOU62, le 05.02.2012 à 20:12

ESQUE C EST BIEN LE CORPS DE MATHIAS Q UON A RETROUVER N EST IL PAS UN MAQUILLAGE DE MATHIAS POUR FAIRE CROIRE A SA MORT

alicia, le 30.06.2011 à 14:58

j'ai 12 ans et je lis tout ce qui est en rapport avec lel jumelles ,comment peut on faire vivre a des enfants aussi jeunes tout cela?j'espere qu'on les retrouveras ,l'espoir devient plus grand en voyant que l'on a retrouver les deux journaliste

midori takanade, le 13.06.2011 à 17:54

j'espere infiniment qu'elle retrouvera ces filles alessia et livia sur internet je suis pas sur mais apparament matthias sheep avais une complice en corse une dame agée peutre y sont t-elles toujours

Paule, le 21.04.2011 à 21:55

Bizarre que l'on ne puisse pas retrouver ces pwtites - a-t-on pu analyser la terre laissée sur les bottes et sur la voiture - on pourrait la comparer avec celle où la police a effectué les recherches ???

Lilisucre, le 20.04.2011 à 14:17

CitronAcide qui porte bien son nom regarde aussi trop la télé je crois... et pas les bons programmes. Comme si cette mère ne souffrait pas assez, elle doit encore avoir droit à des commentaires aussi toxiques qu'absurdes. Je prie pour qu'on retrouve ces enfants victimes de la folie de leur père.

John, le 17.04.2011 à 06:12

Pourquoi est-ce que ce ne serait pas un enlèvement d'enfant avec rançon ? Le père serait peut-être parti pour récupérer ses filles. L'argent envoyé à sa femme pourrait servir à payer cette rançon ? Le pseudo suicide sous un train pourrait aussi camoufler des traces de coups ! Pourquoi ce serait-il suicidé si loin de ses filles ?

Etoile, le 10.04.2011 à 21:06

Je suis de tout coeur avec cette maman dans l'attente de revoir ces filles je lui envoie plein d'énergies et lui transmet une belle rose dans son coeur

gligli, le 30.03.2011 à 23:40

suite En retirant de l'argent à Marseille, la police pensait que Mathias cherchait à subvenir aux besoin des enfants, jusqu'à la découverte du testament , des sms douteux là l'alerte enlèvement a été donnée. La nouvelle du décès de Mathias a donné une toute autre tournure à l'affaire

gligli, le 30.03.2011 à 23:39

l'alerte enlèvement n'a pas été déclenchée tout de suite car le père avait la garde des filles jusqu'au dimanche soir et la police était devant le cas d'un papa ayant tardé à ramené ses enfants. De plus rien n'indiquait qu'il était un danger pour ses filles ayant passé seul des vacances avec elles sans probleme

monique, le 30.03.2011 à 18:21

comprend pas pourquoi le service SOS enlèvement n'a pas été enclencher DE SUITE

gligli, le 22.03.2011 à 05:02

je crois que j'ai trouvé!!!! j'appelle la police demain matin nord de Lyon sur google maps on voit de multitude d'étangs (des centaines)!!! lequel??! il serait allé en reconnaissance le dimanche matin et laissé ses bottes pr faire croire endroit en suisse!!? la boue correspondrait à la boue d'étangs???et valises...pour qu'elles ne soient pas découvertes?? j'appelle la police demain matin

gligli, le 22.03.2011 à 04:49

pas lille...!!! mais LYON!!!!!

gligli, le 22.03.2011 à 04:46

pardon.... je vois au nord de Lille sur google Maps des multitudes d'étangs!!! aurait-il pu y penser??????????????? c'est en chemin vers Marseille depuis Genève.......... :-(

gligli, le 22.03.2011 à 04:40

ms pr préparer lieu (si enfants décédés) le dimanche matin aurait pu passer frontière à Genève déjà ce jour-là pour ne pas être en suisse non plus (caméra douane le dimanche matin?) combien de temps les petites étaient gardées par les voisins? selon temps aller-travail-retour faire un rayon.témoins Genève fiables? ou alors enterrées le lendemain en France quand stop portable?? boue... marais?

ghili, le 22.03.2011 à 04:11

@citron acide: l'assurance vie en cas de suicide n'est pas versée... sauf erreur de ma part.

ghili, le 22.03.2011 à 03:56

bottes maculées de boue promenade du matin le dimanche pour aller préparer déjà le lieu pour les enterrer.... pour ne pas devoir creuser avec les petites à coté de lui décédées(risqué)analysez la boue des chaussure ou fouillez les forêts dans la région du village de Saint-Sulpice.elles reposent en paix dans la région où elles ont vécu!!le reste n'est que brouillage de pistes par mathias

pato, le 19.03.2011 à 01:20

les enquetes suisse, francaise et intalienne ont pris un retard considerable depuis le debut de l enquete. trop de choses troubantes qu a fait le pere entre la prise des enfants et son passage dans la ville de calvin.... peut etre une troisieme persnne est elle egalement implique ? bonne chance

Marboz, le 16.03.2011 à 06:57

Tout à fait en accord avec Citrons Acides. Je soupçonne quelque chose de pas net - Matthias n'était peut-être qu'une victime dans cette histoire et les filles reparaîtront un jour, miraculeusement, quand cette affaire se sera un peu tassée.

ninon, le 15.03.2011 à 18:18

vos filles sont vivantes elles ont été cachées en corse en s/sol elles sont dans une maison près de la plage il les vois courrir la complice une femme vous la connaissez dans travail ou exposition d arts ou un lunch

question, le 10.03.2011 à 09:39

pourquoi preparer un plat de lasagnes, recuperer ses enfants a l'heure du dejeuner ?!?!?! pour partir sans manger ? je garde espoir : retrouvons ces petites...

question, le 10.03.2011 à 09:34

comment la mere a t elle pu donner l'alerte le dimanche soir puisque le pere etait sensé ramener les petites directement a l'ecole le lundi ? Je prie pour ces petites... trop d'infos sont dites et contre dites... mon coeur de mere garde espoir de les retrouver vivantes.

Citron acides, le 09.03.2011 à 13:43

Compulsez les photos, la mère est rejetée et exprime un besoin d'affection, le père est adoré et la jalousie fait le reste. Juriste elle sait le testament, fait dans la précipitation, nul. Hypothèse: suicidé avant le divorce, elle assure son avenir financier par la couverture d'assurance-vie pour la villa. Un violence préméditée en voulant imposer le monopole de la garde?

cri-cri, le 08.03.2011 à 09:10

L'erreur grossière des policiers de Vaud est d'avoir ignoré la règle no. 1 cruciale en cas de disparition: agir VITE et de façon concerté. Il n'ont pas pris les déclarations de la mère au sérieux dès le début, par machisme, incompétence ou les deux, c'est impardonnable.

cri-cri, le 08.03.2011 à 09:09

La police du Canton de Vaud ne sort pas grandit de cette histoire: "il est Suisse, il va revenir", comme c'est ridicule. Des hommes en uniforme qui se servent de préjugés éculés en lieu et place de compétence. Comme le fait d'abandonner les recherches au lieu d'en faire de complètes et laisser cette pauvre mère faire le travail qui aurait dû être fait par les enquêteurs.

meredith, le 03.03.2011 à 11:01

a -ton cherché dans la foret de sapins, à 4 km de St Sulpice, en direction de Genève, sur la droite?

Mauricio, le 03.03.2011 à 09:21

>Il faut recommencer l'enquête avec un fin limier indépendant et donner toutes les informations recencées jusque-là.

Liliboule, le 02.03.2011 à 23:24

Enfin un article bien fait.... Les policiers du canton de Vaud DOIVENT absolument se bouger.

SENS, le 02.03.2011 à 21:15

- Qu'a t-il fait le matin pendant que ses filles étaient chez le voisin (puisqu'il portait des bottes qu'il n'utilisait jamais). - A 13 H les fillettes avaient elles déjà déjeuné chez le voisin (ce qui expliquerait que les lasagnes préparées soient restées dans le four).

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