C’était presque trop beau. La belle roturière épousait son prince charmant et devenait princesse de Monaco. Un vrai conte de fées. De ceux que Grace lisait naguère le soir à son petit Albie. De ceux qui s’achèvent immanquablement par la formule: «Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants.» Et si Albert avait tout compris de travers? Et s’il n’en avait fait qu’à sa tête? Charlène pourrait bien l’avoir percé à jour trop tard…
Cela expliquerait ses tentatives de fuite peu avant le mariage, certes démenties par le palais, mais confirmées de sources proches du couple princier. Albert a-t-il fait des cachotteries à sa promise? Apparemment oui. Pour se racheter auprès de Charlène, qui ne lui pardonnerait pas de l’avoir trompée durant leur relation, entamée début 2006, le prince aurait accepté de se soumettre à un test de paternité.
Officiellement, Albert II de Monaco a reconnu deux enfants naturels: un garçon métis prénommé Alexandre, né à Paris le 24 août 2003, et une fille, Jazmin Grace, âgée aujourd’hui de 19 ans. Il n’a donc a priori rien à se faire pardonner.
TROMPERIES ET MALHEURS
Pourtant, lors du dîner de gala suivant ses noces, le ton de son discours a surpris: «Charlène, merci de supporter mon emploi du temps très serré, mes absences parfois, mes inconstances et mes particularités.» Ses inconstances font beaucoup jaser depuis lors… Faute avouée à moitié pardonnée?
Les Grimaldi ont vécu des amours difficiles. La faute, dit-on, à une malédiction remontant au XVIIe siècle, proférée par une bohémienne éconduite par un Grimaldi. «Jamais votre descendance ne sera heureuse en amour», lui aurait-elle lancé. Rainier, Caroline, Stéphanie et tant d’autres avant eux ont eu leur lot de tromperies et de malheurs.
Les amours d’Albert sont, elles, longtemps restées mystérieuses. Sa timidité naturelle, cette voix fluette empreinte d’un léger bégaiement, ajoutées à l’amour absolu qu’il portait à Grace, sa mère, ont longtemps entretenu le doute sur son orientation sexuelle.
Pour s’épanouir, il a dû s’éloigner du Rocher. La surmédiatisation de ses sœurs en Europe l’a servi, puisque c’est aux Etats-Unis, à l’abri des regards, que le jeune Albert s’est dévergondé, durant ses études universitaires dans le Massachusetts.
Dans le documentaire La saga des Grimaldi, son ami Tony Peck, fils de l’acteur Gregory Peck, confirme: «Il a abordé sa vie d’étudiant comme un personnage de Fitzgerald.» Albert confirme: «On me laissait tranquille. Je pouvais mener la vie que je voulais.»
Son père ne manquera pas de s’en inquiéter. Dans une lettre adressée à Rupert Allan, son «cher Rupert», consul général de Monaco aux Etats-Unis, Rainier écrit: «Grâce à Dieu, Albert a cessé de courir les filles…» Il reprend de plus belle à son retour. Albert sait qu’il se mariera un jour. Il a le temps.
LE PRINCE CAVALEUR
Naomi Campbell, Claudia Schiffer, Brooke Shields, Alicia Warlick, Elle McPherson, Victoria Silvstedt, Gwyneth Paltrow, Angie Everhart, Tasha de Vasconcelos: il les honore toutes. On lui attribue 138 conquêtes, Charlène incluse, dont des dizaines d’anonymes, à l’image de Nicole Coste, une hôtesse de l’air togolaise rencontrée en 1997 sur un vol Paris-Nice, ou Tamara Rotolo, une barmaid américaine venue passer ses vacances sur la Riviera à l’été 1991.
Albert a sans doute aimé sincèrement Nicole Coste, avec laquelle il est sorti cinq ans durant, jusqu’à ce qu’elle lui annonce être enceinte, en janvier 2003. Elle devra dès lors passer par son avocat, Me Thierry Lacoste. En mai 2005, témoignant dans Paris Match, elle force le père du petit à se déclarer. Rainier vient de mourir. Le 6 juillet 2005, au terme de la période de deuil, le prince Albert II reconnaît enfin sa paternité et promet: «L’enfant ne manquera de rien. J’y veillerai et le verrai régulièrement.» Le montant de la pension mensuelle est fixé à 10000 euros.
Le jeune Alexandre, qui ne porte pas le nom de Grimaldi, s’installe avec sa mère à Villefranche-sur-Mer, près de Monaco, dans une villa estimée à quelque 2 millions d’euros, qui lui appartient pour moitié. Albert lui offre également un bel appartement à Paris.
L’histoire de Jazmin Grace, née en mars 1992, est sensiblement différente, parce que sa mère, Tamara Rotolo, n’a connu Albert que furtivement. Vivant, le prince Rainier (qui savait) a tout fait pour dissuader son fils de reconnaître la petite… Pour qu’il parle, il a fallu que Voici publie l’acte de naissance, en février 2006, et que Tamara Rotolo mène parallèlement une bataille juridique de quatre ans. Cela n’empêchera pas le palais de nier et même d’attaquer le magazine en justice…
L’arrivée de Charlène Wittstock dans sa vie semblait l’avoir profondément assagi et voilà que, trois jours avant le mariage tant attendu, la principauté tout entière bruisse de vilains ragots. Le site web de L’Express parle de crise conjugale. Le palais dément, puis se fait menaçant. Trop tard.
DEUX ENFANTS, TROIS FUITES
On parle d’un nouvel enfant illégitime, puis de deux! Les sources, bien qu’anonymes, se diversifient: hôteliers, commerçants, politiques, proches enfin. Charlène aurait tenté de filer à trois reprises! Sa confiance en Albert serait désormais suspendue à des tests ADN, soutient la presse britannique, Daily Mail en tête.
En France, le magazine Voici soupçonne le prince d’avoir eu un deuxième enfant avec Nicole Coste, qui serait âgé de 3 ans et demi… Le magazine Public, lui, évoque une piste italienne et un bambin de 18 mois dont la mère serait prête à «tout raconter». Elle ne parlera pas, pourtant.
Interrogée par Paris Match, Charlène dénonce une «tentative de sabotage» et confie: «Albert et moi affronterons les problèmes ensemble, main dans la main.» En vraie Grimaldi, elle fait front.
Pour sa lune de miel, le couple s’envole en Afrique du Sud. Albert aurait-il voulu apaiser sa jeune épouse qu’il n’aurait pas choisi destination plus judicieuse… Les jeunes époux se retrouvent à Durban, mais passent leurs deux premières nuits séparés de… 16 kilomètres. Une information confirmée, mais justifiée de manière sensiblement différente, que l’on se trouve en Afrique australe ou sur le Rocher…
Après avoir occupé seule la plus belle suite de l’hôtel Oyster Box, à Umhlanga Rocks, la princesse retrouve son époux. Ensemble, ils se rendent chez Jacob Zuma, le président sud-africain, qu’ils quittent bizarrement dans deux voitures, après un étrange numéro devant les photographes. Invité à embrasser son épouse, Albert doit se contenter d’une joue bien chaste. Charlène s’est dérobée! Le malaise est palpable. Il se renforce encore lors de la réception du soir, où la mariée débarque vêtue de noir!
Personne ne s’offusquerait du silence, voire du mépris de Charlène envers les médias qui la malmènent mais, loin de se taire, elle s’empresse de réagir. «Ce ne sont que mensonges», confie-t-elle au magazine américain Vogue. Du coup, on la plaindrait presque, tant elle paraît seule. Le prince, lui, n’a encore rien dit. Pas un mot.
Les grimaldi, une famille recomposée
Les ancêtres du prince Albert II n’ont pas tous été des époux et des pères exemplaires.
Bien avant Alexandre et Jazmin Grace, trois enfants naturels au moins ont été reconnus par des princes de Monaco, à commencer par la propre grand-mère d’Albert, Charlotte, née en 1898 à Constantine. Son père, le prince Louis II de Monaco, l’a eue avec une ancienne hôtesse de cabaret de Pigalle, Marie-Juliette Louvet, divorcée et déjà mère de deux enfants. Privé de descendance légitime, Louis II adopta la fillette, puis fit modifier la loi pour la désigner en tant qu’héritière de plein droit. Quand, plus tard, elle s’est mariée, la princesse Charlotte a renoncé à ses droits, et c’est son fils, Rainier III, qui a succédé à Louis II en 1949.
Honoré V, prince de Monaco de 1819 à 1841, avait au préalable reconnu par acte notarié le jeune Oscar, issu le 9 juin 1814 d’une liaison avec Ambroisine d’Héricy, une marquise mariée. Le garçon fera une carrière de sous-préfet en France.
Enfin, le chevalier de Grimaldi, qui dirigea la principauté de 1731 à 1784, était le fils illégitime du prince Antoine Ier de Monaco, qui le reconnut et lui donna son titre.