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« Gelson Fernandes par son père Portrait du gardien Diego Benaglio Sondage sur les chances de la Nati »
DIEGO BENAGLIO
GARDIEN DE NOS RÊVES
Héroïque contre l’Espagne, irréprochable face au Chili, le gardien de la Nati, dépositaire du record d’invincibilité de la Suisse en Coupe du monde (559 minutes), est l’une des révélations du tournoi. Mais qui se cache derrière l’homme, mélange de fauve prêt à bondir et de gendre idéal?

Par Christian Rappaz - Mis en ligne le 29.06.2010
Si vous pensez que son nom pourrait faire de lui le patron de la pizzéria du coin, vous avez tout faux. Diego Benaglio ne sait pas un traître mot d’italien. Même son père est né en Suisse. C’est le grand-père qui a franchi les Alpes. Alors, bien qu’il ait gardé ses deux passeports, le meilleur joueur helvétique de l’année 2009, venu au monde dans le canton d’Argovie le 8 septembre 1983, n’éprouve aucun problème d’identité. «Je suis Suisse et fier de l’être», assènet- il. Punkt schluss! Et puis, après les exploits qu’il vient coup sur coup de réaliser et qui pourraient largement contribuer à hisser la Nati en huitièmes de finale, convenez que réduire ce grand garçon costaud, vaillant et talentueux au rôle de patron de bistrot serait un énorme gâchis. Une perte pour la nation qui a bien failli se produire, puisque c’est par le tennis que notre grand ténébreux est arrivé au sport. «Mon entraîneur m’a conseillé de faire un peu de foot pour améliorer mon jeu de jambes.» Où est-il ce mentor, qu’on le décore? Et avec lui, celui des juniors F du FC Spreitenbach qui, le premier, a poussé le gamin entre les poteaux en remplacement du titulaire, malade. «Diego, tu es le plus grand, alors va dans les buts», m’a-t-il ordonné. Cela m’a tellement plu que je n’en suis jamais ressorti», confiait-il à L’illustré il y a quelque temps. Marrant. Mais pas étonnant, car Diego n’a jamais été du genre contrariant.

L’autre moment clé tombe à l’âge de 16 ans. Alors qu’il s’apprête à entreprendre un apprentissage d’employé de commerce dans un magasin de sport, il est repéré par l’entraîneur des gardiens de Grasshopper (GC).

POUSSÉ PAR LES VENTS DE L’ATLANTIQUE

Diego n’hésite pas. Non seulement il sera footballeur, mais il consentira à tous les sacrifices nécessaires pour devenir un grand joueur. Pour cela, il accepte une formation à l’étranger. Costaud pour un ado. A partir de ce jour, prétendre qu’il en a bavé n’est pas exagéré. La preuve: des espoirs de GC, le jeune homme s’en va à Stuttgart où il passera trois ans à batailler dans l’ombre des stars du club du Bade-Wurtemberg. A force d’écumer les ligues régionales, il s’aguerrit et réalise des progrès encourageants, mais encore insuffisants pour convaincre Felix Magath, l’entraîneur en chef, de lui ouvrir la porte de l’écurie professionnelle. Alors, lorsque le club de l’île de Madère, Nacional Funchal, qui se débat tant bien que mal en première division portugaise, le sollicite, Diego saute dans l’avion. Bingo. C’est là-bas, dans l’archipel fouetté par les vents de l’Atlantique plus connu pour sa vocation touristique que ses succès footballistiques, que notre futur ange gardien commence à se signaler. Dans une équipe qui lutte avec les moyens du bord, Benaglio tient la baraque. Deux ans et demi de combats homériques et souvent héroïques qui finissent par séduire Köbi Kuhn. Il l’appelle sous le drapeau, ainsi que Felix Magath, qui a quitté la cité de Mercedes-Benz pour celle de Volkswagen (Wolfsburg) dans l’intervalle. On connaît la suite. Mais pas la fin. Visionnaire, Magath avait sa petite idée sur le sujet en 2008 déjà. «Diego a le potentiel pour devenir l’un des meilleurs gardiens du monde» clamait-il. Il a l’œil, Felix!

L’AMOUR DE NADIN POUR SA FASHION VICTIM

Nadin, elle, a eu du cran et surtout du cœur. Par amour, elle a suivi le champion, devenu son mari il y a deux ans, dans toutes ses aventures. Ils se sont connus en culottes courtes, sur les bancs d’école, puis retrouvés par hasard lors de l’anniversaire d’une amie commune, des années plus tard. Diététicienne, elle est fière d’avoir, entre autres contributions, aidé à sculpter le corps svelte et puissant de notre portier national, 194 centimètres de muscle et de finesse. La ligne. Importante pour son cadre de travail, elle l’est aussi au quotidien pour Diego, fashion victim assumée qui n’a pas gardé de ses racines italiennes que le caractère calme et posé des gardiens transalpins. «Garçon, il était déjà très tendance en matière d’habillement», confirme sa mère. En jeans troués ou tiré à quatre épingles, c’est vrai qu’il a toujours belle allure le gardien de nos rêves, fondu de tatouages aussi. Un sur le bras, les initiales de Nadin, un autre sur le bas de la jambe, le caractère chinois désignant la santé, le bonheur et l’amour. Bientôt un troisième peut-être. Le prénom de son premier enfant, que Nadin attend pour fin août ou, qui sait, la date du jour de gloire de la Nati, en Afrique du Sud. On peut rêver…


QUI POUR MARQUER?


Rêver d’accéder aux huitièmes de finale est encore permis, mais la Suisse devra se montrer enfin conquérante face au Honduras pour y arriver.

Un miracle, pas deux. Après avoir épaté la planète entière en escaladant, si l’on peut dire, l’Everest à mains nues contre l’Espagne (victoire 1-0), la bande à Hitzfeld n’a pas pu répéter son exploit face au Chili. Il s’en est fallu d’un petit quart d’heure, puisque le but mérité de la Roja est tombé à la 75e minute. L’accès aux huitièmes de finale passe désormais par une victoire d’au moins deux buts contre le Honduras. La Nati en est-elle capable? Théoriquement oui, mais impossible d’être catégorique tant Gelson Fernandes, Nkufo, Frei et consorts se sont montrés timorés et surclassés face aux Sud-Américains. Et mettre en cause le fantasque arbitre saoudien de la partie pour expliquer cette inertie ne sert pas à grand-chose, si ce n’est à occulter les vraies questions. A propos d’Alex Frei, on se demande d’ailleurs bien pourquoi Ottmar Hitzfeld l’a titularisé aux dépens d’Eren Derdiyok. Avant de céder sa place à Barnetta (42e), le Bâlois a été totalement transparent. Elevé au rang de demi-dieu après le succès inespéré contre les Espagnols, le coach allemand n’a pas eu le nez plus creux en introduisant d’emblée Valon Behrami. L’expulsion du feu follet tessinois à la demi-heure ne relève pas du plus grand scandale de cette première moitié de Coupe du monde. Mais elle a passablement modifié les données et compliqué la tâche des Helvètes.

En vérité et pour faire court, il a encore fallu un grand Diego Benaglio et une bonne dose de chance pour garder au score une proportion convenable. Arc-boutée devant son gardien, la Suisse a longtemps plié avant de rompre. Mais elle n’a pas adressé un seul tir cadré de toute la rencontre. C’est dire si son impuissance et sa légèreté offensive constituent des facteurs d’inquiétude avant l’ultime rendez-vous contre le Honduras, pourtant considéré comme l’un des petits poucets de la compétition. La question à 12 millions de francs (prime de qualification), est aussi récurrente qu’angoissante: qui donc pourrait bien marquer ces fameux buts qui forceraient la porte du paradis? Hitzfeld a encore quelques heures pour trouver la (bonne) réponse. S’il réussit, le coach pourra alors ajouter un nouveau superlatif à la liste qu’on lui a dressée ces derniers jours: magicien. Faisons confiance à sa dextérité.

Car comment croire que la sensation signée contre les Ibères n’aura servi à rien, si ce n’est à nourrir les futures rétrospectives télévisées et, surtout, à faire naître les espoirs les plus fous?



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Tags: Mondial 2010, Coupe du monde, foot, Diego Benaglio, gardien, Nati Aller en haut de page Haut de page

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