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HÉROS NATIONAL
«GELSON, MON FILS»
José Fernandes raconte son fils et sa propre histoire. Comment, débarquant en Suisse, il a même dû grimper sur un arbre pour se cacher de la police…

Par Marc David - Mis en ligne le 29.06.2010

 
A l’instant où son fils marquait le but suisse, José Fernandes était dans un café valaisan à dominance espagnole. Il a juste chuchoté «Yes!» en serrant le poing puis il est vite sorti goûter à la fin du match chez lui, dans sa villa d’Uvrier. Là, tout lui est revenu. Son arrivée en Suisse, à Genève, en 1988. «C’était en février. Il faisait froid et je ne savais pas où dormir. J’étais allé frapper à la porte d’une disco. Je suis même monté sur un arbre pour que les policiers ne me voient pas. Il y avait moins de Noirs, à l’époque.» Il a alors 24 ans. Au Cap-Vert, il était chauffeur d’Etat, portait un bel uniforme. «Pour moi, la Suisse représentait le paradis.» Il laisse derrière lui sa femme et son fils de 6 mois: «Nous l’avons appelé Gelson, parce que j’aime tout ce qui est américain.» Un ami lui trouve un premier emploi: gardien de vaches à la caserne de Sion. «La période la plus dure de ma vie. C’était très physique.» Gelson a 5 ans quand son père peut le faire venir en Suisse, avec sa mère. «Quand je suis allé le chercher à Paris, je ne savais pas la tête qu’il avait», se souvient-il. Gelson petit garçon «bougeait dans tous les sens».

Heureusement, il y a le football. Le petit tapisse sa chambre des posters de son idole: Patrick Vieira, originaire du Cap-Vert. Il est aligné en première équipe du FC Sion à 16 ans, en 2004. Son père, lui, travaille comme poseur de tapis, serrurier.

Jusqu’à devenir concierge à la commune de Sion, dès 2005. Sa tâche: l’arrosage des 16 terrains de sport de la ville, dont Tourbillon. Gelson, lui, est transféré à Manchester City en 2007, pour 9,2 millions. Cet argent permet à sa mère d’arrêter de travailler. Il est resté très lié avec elle. «Où qu’il se trouve, il me téléphone avant de s’endormir», dit-elle. En Angleterre, Gelson rencontre sa compagne, Rochelle, qui lui donne Ariella en février dernier. Elles le suivent à Saint-Etienne en 2009 et lui emboîteront le pas s’il s’exile encore, car plusieurs clubs italiens l’ont approché. José, lui, enfile sa salopette. Il a le bonheur discret. Il sait la valeur du travail.




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Tags: Mondial 2010, Coupe du monde, foot, José Fernandes, Gelson Aller en haut de page Haut de page

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