Propos recueillis par Emilie Lanez, Le Point
En mars 1998, dans un faubourg de Vienne, en Autriche, Wolfgang Priklopil, électronicien au chômage, enlève une fillette, Natascha Kampusch, 10 ans. Il la pousse dans sa camionnette blanche. Elle ne se débat pas. Son cartable est trop lourd, son anorak l’engonce. Elle lui demande sa pointure et s’il la violera. Il refuse de lui confier la taille de ses pieds mais lui répond en revanche qu’elle est bien trop jeune pour être violée. Il la conduit à Strasshof, lointaine banlieue, et l’enferme dans son pavillon aux volets fermés. Là, derrière une porte blindée pesant 150 kilos, un cachot humide, noir. Natascha Kampusch y vivra huit ans. Affamée, torturée, enchaînée, asphyxiée, elle grandit. Désormais, sa vie dépend de la folie d’un pervers. Le 23 août 2006, la captive, 18 ans, s’échappe. Cet infernal duo, elle le raconte aujourd’hui, dans 3096 jours, livre publié la semaine dernière par les Editions Lattès. En le lisant, on comprend que la jeune femme retrouva la lumière et la liberté – douloureuse – grâce à son intelligence et à sa vitalité. Mais surtout parce qu’elle décida, fillette grelottant dans sa cave, l’impensable, l’incompréhensible: aimer son bourreau. Qu’elle n’a pas aimé comme nous aimons nos proches ou avons aimé nos parents. Seulement, comprenant que, si la haine l’emporte, elle la consumera, l’enfant blonde décide de s’attacher à cet unique compagnon, de plaire à ce pervers suicidaire. Natascha Kampusch, 22 ans, nous a reçus dans les locaux design de l’agence qui s’occupe de sa com. Blafarde, déterminée. Sa voix danse du grave à l’aigu, ses yeux s’égarent puis se fixent. Autour d’elle, un staff – maquilleuse, agents médiatiques, éducateur – la surveille.
Quelle est aujourd’hui votre vie?
Je vais très bien. J’essaie de me former, de me cultiver, je voudrais faire des études plus tard, rattraper le bac. En auditeur libre, car sinon je devrais m’asseoir pendant des années dans une salle de classe avec des enfants et cela n’irait pas avec mon âge.
Où vivez-vous?
Je vis à Vienne. Seule.
De quelles ressources financières disposezvous?
Je ne perçois aucune aide de l’Etat. Au début, j’ai juste reçu mes arriérés d’allocations familiales. Puis j’ai donné deux interviews à la presse et à la télévision autrichienne, pour lesquelles j’ai été payée. Je vis de cet argent.
Durant votre détention, qui était Wolfgang Priklopil pour vous?
(Elle cherche longuement ses mots.) Il me faisait pitié. Il est une menace, un signe que les gens font des choses qu’ils ne peuvent plus effacer. (Elle se tait, lève les yeux, fixe le plafond.) Que voulais-je dire? Il était un signal d’alarme, un symbole pour ces erreurs de jugement qu’on commet et qui conduisent au crime.
Dans les premiers jours de votre captivité, vous cassez des morceaux de la boiserie collée au mur, pensant que, si vous parvenez à vous libérer, ces brisures conduiront la police vers le lieu de votre détention.
Oui. (Sa voix est très faible.)
Vous ne parlez pas volontiers de ce temps-là?
C’est tellement triste que tout ce temps, à partir de mes 10 ans, je n’aie pu le passer autrement! Que je n’aie pas été en famille, avec mes amis, à l’école. C’est triste.
Vous arrivez donc dans ce cachot…
Les Anglais disent «donjon». (Elle rit.)
Cela sent mauvais, les murs sont couverts de moisissures, vous êtes recluse dans cinq mètres carrés, dormez sur une chaise longue de jardin. Et vous réclamez des produits de nettoyage?
(Son visage s’éclaire, elle astique la table devant elle, souriante.) Je savais faire cela. Nous avions un café et, souvent, je récurais le comptoir, j’épongeais les tables des clients, je voulais que tout brille, l’hygiène m’importe beaucoup. Là-bas, les toilettes étaient dans ma pièce, alors je voulais que les toilettes soient très propres, c’est important. (Les premières années, son ravisseur la lave sous la douche sommaire qu’il a construite dans son réduit souterrain. Il la regarde aller aux toilettes. Plus tard, elle dormira enchaînée à lui. Il l’accompagnera toujours aux toilettes.)
Au début, Wolfgang Priklopil vous apporte des livres, des vidéos, un ordinateur.
(Dans un souffle de voix.) Oui.
Il vous fait la classe?
Je m’ennuyais, je voulais continuer à apprendre, je voulais utiliser mon temps. Il me comprenait, il m’achetait des livres. Je savais ce que je voulais lire, comme ces livres qui préparent aux examens scolaires. Je les lui demandais. J’apprenais mes leçons avec lui et toute seule.
Il vous faisait réciter?
Il lui importait beaucoup que je sache compter et que je sois bonne en orthographe. Je lisais, parfois il me donnait des rédactions à faire, qu’il corrigeait.
De quoi parlait-il?
Il ne s’intéressait ni à la culture ni à la philosophie. Il était plutôt intéressé par les choses pratiques, comme calculer, parce que cela sert dans la vie courante, ou écrire, car cela est nécessaire. Les contenus ne l’intéressaient pas.
Vous vous imposiez une discipline quotidienne pour remplir ces interminables journées?
Oui, quand j’avais le temps, parce qu’après j’ai dû travailler et… (Son ravisseur est obsédé par l’hygiène. Natascha, le crâne rasé pour ne pas laisser traîner de cheveux – indices compromettants si la police venait à fouiller la maison –, doit chaque jour récurer le logement. Elle est battue avec des barres de fer, la tête frappée contre les murs si son travail ne donne pas complète satisfaction.)
Il n’était pas toujours là, il quittait la maison. Vous étiez seule enfermée sous la terre…
Il partait. Souvent sa mère venait.
Vous l’entendiez?
Il me le disait, je n’entendais rien en bas. Mais je reconnaissais le bruit de l’eau dans les canalisations et, après ces week-ends, tout était propre, il y avait du gâteau que sa mère avait fait.
Avez-vous des contacts avec sa mère? L’avez-vous vue?
Après ma sortie, elle ne voulait pas me voir. Aujourd’hui, je le comprends. Et, de mon côté, il n’y a pas le souhait de la rencontrer.
Au bout de plusieurs mois enfermée jour et nuit dans la cave, un soir, pour la première fois, il vous permet de quitter votre cachot et de monter dans la maison. Vous allez prendre un bain. Racontez-nous.
C’était comme un malaise. Je ne savais pas à qui appartenait la maison, je ne savais pas qui il y avait d’autre, et puis j’étais gênée…
Pourquoi?
Ben, j’étais nue. (Afin d’éviter qu’elle ne s’enfuie, il lui interdit de se vêtir. Nue, rasée, elle est prisonnière. Il lui fait croire que portes et fenêtres sont piégées. Elle le croit.)
«Je n’étais pas son enfant ni sa compagne. Il m’a utilisée, il a volé ma vie»
Natascha Kampusch
Et ce bain, le premier, était-ce au moins un réconfort?
Oui. (Silence, elle boit, pose brutalement son verre, ne nous regarde pas.)
Vous voulez faire une pause? Vous êtes fatiguée?
C’est toujours un effort de s’adapter à des gens différents, à toutes ces questions.
Et de replonger dans ce passé…
Oui, mais c’était surtout dur pour le livre, c’était très éprouvant. Très. Tout en moi était refoulé, comme si j’essayais de l’oublier, j’ai dû faire beaucoup de pauses, je n’en pouvais plus.
Si vous le voulez bien, revenons au temps où vous étiez captive. Outre les travaux ménagers, vous avez aidé à retaper tout un étage. Ces pièces refaites, à qui étaient-elles destinées?
A lui. C’était pour lui. Enfin, pour lui et pour moi. C’était son concept. Si plus tard j’avais arrêté de vouloir m’enfuir, quand j’aurais eu envie de rester avec lui, il me disait qu’alors, quand ce serait sûr que je reste, que je ne veuille plus m’en aller, ce serait pour nous, il me sortirait, on verrait des gens.
Vous aimiez exécuter ces travaux?
J’aime travailler avec mes mains.
Pendant ces travaux, Wolfgang Priklopil a des crises. Soudain, il hurle, vous frappe, vous jette la perceuse allumée en plein ventre…
(Elle acquiesce.)
Vous deviniez ses réactions? Comment vous êtes-vous adaptée à sa folie?
Il pouvait l’articuler. Il m’a forcée à faire ce qu’il voulait, et cela m’apprenait à ne pas faire ce qu’il ne voulait pas. Cela se répétait. Ainsi, je comprenais mieux mon erreur et je ne la refaisais pas. J’apprenais. Mais il arrivait toujours quelque événement nouveau, rare…
Et vous refaisiez une «erreur»?
Exactement. Mais ce n’était pas toujours mal. (Long silence.)
A 12 ans, vous êtes réglée. Que se passe-t-il?
Treize ans, j’avais 13 ans. (La folie de Priklopil est décuplée. L’enfant devenue femme est battue, affamée, attachée par un collier de serrage à ses côtés la nuit. Natascha confie qu’il l’a contrainte à des relations sexuelles. Et prie qu’on lui accorde cette ultime intimité en ne posant aucune autre question à ce sujet.)
Dans votre cachot, c’est lui qui, de l’extérieur, commande la lumière et l’air que vous respirez?
Oui. J’étais en bas et il descendait le matin pour me faire monter. Et le soir je redescendais. Ou pas.
Il y a des moments différents, paisibles. Il vous offre alors des cadeaux, des gâteaux décorés, vous fêtez Noël…
Oui.
Il vous donne une belle boîte de crayons de couleur. Vous l’aimiez bien à cet instant?
Oui, j’aimais les crayons de couleur.
En août 2006, vous avez 18 ans et prenez la fuite. Pour le monde entier, vous êtes alors une héroïne, revenue d’entre les morts. Puis les Autrichiens se lassent, ils vous accuseront de profiter de votre atroce expérience. Comment expliquez-vous ce retournement?
Les gens n’ont pas compris que je vis. Que je vis bien, même mieux que d’autres. L’intérêt des médias est tel qu’on ne distingue plus ce qui m’appartient. Beaucoup de gens ne peuvent s’imaginer que cela ne suffit pas de faire la une des journaux, que cela ne rend pas heureux. On se retrouve seule, assise chez soi. Je n’ai pas choisi cette publicité, ce n’est pas moi qui écris ce qu’on lit sur moi. Les médias font comme s’ils disaient la vérité. Enfin, pas là maintenant avec vous, parce que là, c’est moi qui parle. Les gens croient que je suis payée pour tout ce qui est écrit, cela éveille de l’envie. Et puis beaucoup de gens ne veulent pas se confronter avec ce qui m’est arrivé, avec cette horreur. Pour dormir tranquilles, ils ne veulent pas le croire, c’est plus facile de croire que le mal n’existe pas. Pas à ce point.
A quatre reprises durant votre captivité, il vous sort. Courses et une sortie au ski. On vous a reproché de ne pas avoir tenté de vous enfuir.
C’est que les gens ne vous remarquent pas. C’est cela qui est triste dans mon histoire. Le coupable était toujours collé à moi, dans mon dos. Si j’avais couru, il m’aurait attrapée et enfermée pour toujours. (Natascha ne prononce jamais le nom de son ravisseur.)
Lors de cette sortie au ski, il vous conduit aux toilettes. Pour la première fois, vous êtes seule, hors de son regard. Vous sortez, une femme se tient devant les lavabos. Vous lui demandez de l’aide, elle vous sourit et part.
(Dans un souffle inaudible, elle répond.) Oui. (Pause.) Elle a cru que j’étais soûle, elle ne comprenait pas ma langue, elle était Néerlandaise.
Vous avez eu de ses nouvelles depuis votre sortie?
Cette femme s’est manifestée auprès de la police. Mais pas auprès de moi. Elle n’y peut rien. J’étais si faible et si maigre!
Vous étiez constamment affamée?
Oui.
Il se sert de la nourriture comme récompense ou punition?
Non, pas vraiment. Il disait que quiconque ne travaille pas ne peut pas manger. La nourriture coûte de l’argent, il voulait être économe. Il voulait me voler mon énergie pour que je ne puisse pas me débattre, que je ne pense plus à l’évasion. En me privant, il m’a empêchée de penser. Quand on a très faim, toutes les pensées tournent autour de la nourriture et de rien d’autre. Et on a très froid, très, très froid, on a le vertige. Il fait noir, très sombre.
Votre ravisseur a construit la cache souterraine, la porte blindée, le système d’aération. Votre capture était très organisée?
Il a sûrement planifié ces jours. Sinon, pourquoi m’aurait-il attendue sur le chemin de l’école? Il devait y avoir un plan, le plan de perpétrer ce crime.
Il vous a dit vous avoir repérée sur une photo de classe.
Oui, et cela réveille des questions dans ma tête. Comment l’a-t-il vue? De qui a-t-il obtenu cette photo? Et puis comment lui est-il venu à l’idée que, parmi ces enfants, ce serait moi sa victime?
Qui lui aurait donné cette photo?
Je n’en sais rien. Parfois, j’y pense, mais je ne peux pas revenir en arrière. C’est comme dans la vie, lorsqu’on se demande pourquoi une chose est ou n’est pas, ce sujet me préoccupe. Je me demande pourquoi on aime des gens et d’autres pas. C’est pareil pour le crime. Quand deux personnes reçoivent un oignon de tulipe, l’une le fera fleurir, l’autre crever. Je ne sais pas pourquoi. Il n’y a pas d’explication, c’est incompréhensible. (Long silence.)
Wolfgang Priklopil fut-il pour vous, enfant, parfois un parent de substitution?
Il le disait. Il me disait que mes parents ne comptaient plus. Qu’il était désormais tout pour moi.
Etait-ce vrai?
Sous la contrainte, c’était vrai.
Vous le croyiez lorsqu’il vous disait que vos parents ne vous cherchaient plus?
Je ne l’ai pas vraiment cru. Parfois, cependant, j’ai douté, mais brièvement. Je savais que mes parents me chercheraient.
Racontez-nous vos retrouvailles avec vos parents.
Ce fut d’abord très facile. Puis moins facile. Mes parents ont perdu une enfant de 10 ans et je n’étais plus cette enfant. Ils l’ont perdue à jamais. Je ne vois plus mon père. Je rencontre régulièrement ma mère. (Son père, divorcé avant l’enlèvement, a tenté de monnayer ses interviews après l’évasion de sa fille.)
Petite fille dans la cave, vous vous étiez juré de réussir à sortir?
Je m’étais imaginé les retrouvailles avec mes parents, je me disais que nous serions contents, que mes parents comprendraient enfin ce qui s’était passé. Mais s’enfuir, je l’ai fait pour moi. Un peu pour mes parents, mais surtout pour moi. Pour retrouver ma vie.
Votre ravisseur vous a-t-il laissée vous enfuir?
Je peux m’imaginer qu’il a compris que cela ne pouvait plus durer. Ce jour-là, pour la première fois, il m’a fait confiance. Emotionnellement, il se sépare alors de moi. Avant, il y avait toujours de la méfiance, un contrôle total, il me détenait mentalement, il fermait les issues, les bloquait. Il m’épiait constamment. Ce jour-là, il n’a pas fermé la porte du jardin à clé. Alors, je me suis enfuie. C’était prévisible. On ne peut pas forcer quelqu’un à rester à côté de soi toute sa vie, on ne peut pas croire qu’on va garder un enfant qu’on a attrapé.
(Elle doit passer l’aspirateur dans la voiture au bout du jardin, il reçoit un appel, il s’éloigne de la voiture pour mieux entendre. Natascha laisse l’aspirateur vrombir et ouvre la porte du jardin.)
Avez-vous parfois envisagé de rester vivre avec lui?
Non, jamais. Parfois, j’ai pensé rester jusqu’à sa mort, puisque j’étais enfermée. Mais, depuis toute petite, je savais que je voulais vivre ma vie. Je sentais en moi, toujours plus forte, cette volonté de survie. Je ne voulais pas simplement mourir. (La jeune fille tentera plusieurs fois de se suicider. Elle s’ouvre les veines, essaie de s’asphyxier en brûlant du papier sur son réchaud.)
Vous dites avoir compris que, si vous parveniez à vous échapper, il en mourrait. Vous sentiez-vous responsable de sa vie?
Oui. Une vie humaine compte beaucoup pour moi. Chacun n’en a qu’une. Et, cinq minutes avant sa mort, on peut se transformer, réparer quelque chose. La mort n’est pas une punition. D’ailleurs, je m’étonne que, dans certains pays, il y ait une peine de mort, ce n’est pas une punition. Etre condamné à attendre vingt ans dans une cellule, c’est en revanche une punition. Mais je trouve que le pire châtiment serait de faire comprendre à ces criminels leur méfait, qu’ils reconnaissent leur faute, qu’ils deviennent meilleurs. Qu’ils puissent faire du bien pour réparer.
Priklopil aurait-il réussi à devenir meilleur?
Je crois qu’il a toujours compris que ses actions étaient injustes. Lorsqu’il m’a enlevée, il voulait, je le crois, déjà mourir. A travers moi, il a essayé de continuer à vivre, mais cela ne marche pas. On ne peut pas forcer la vie, je n’étais pas son enfant, ni sa compagne, ni sa parente. Il a volé une vie, il m’a utilisée.
En compensation, l’Etat vous a donné la maison de votre ravisseur décédé. Qu’allez-vous en faire?
La brûler. (Elle éclate de rire.) C’est un poids, un énorme poids.
Vous y rendez-vous?
J’y vais lorsqu’il faut relever les compteurs d’électricité, je n’y vais jamais seule. Il a fallu que je change le compteur d’eau.
Ingrid Betancourt vous a rendu visite…
Oui, elle était venue à Vienne pour obtenir un prix. C’était étrange. Elle était adulte avant d’être enlevée et déjà célèbre. Elle a été élevée différemment. Nos destins n’ont en commun que la détention et le fait d’avoir tenu grâce à la radio que nous écoutions. J’ai trouvé que sa maman était gentille.
Quels sont vos problèmes de santé?
Il a fallu réparer mes dents. Cela coûte cher. Parfois, je n’ai plus d’air, je suis fatiguée, je me sens faible, c’est le psychisme.
Vous vivez seule?
Je dors seule, ce n’est pas un problème. Ce qui, en revanche, me dérange, c’est que je vis dans une location, mon propriétaire peut entrer chez moi à tout instant, et cela m’est désagréable. Normalement, il doit me prévenir, c’est écrit dans le bail, mais s’il ne me prévenait pas… C’est une intrusion massive! Cela me dérange. (Elle s’énerve.)
Comment imaginez-vous votre avenir?
J’espère être en bonne santé. Je voudrais faire quelque chose qui ait du sens, qui soit collectif. Je voudrais ne pas être égoïste.
Fonder une famille?
C’est une grande responsabilité, j’aurais peur. Je ne crois pas qu’on puisse souhaiter à un enfant d’être toute sa vie l’enfant de Natascha Kampusch.
3096 jours, de Natascha Kampusch, Ed. JC Lattès, 250 pages.