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FRANCOPHONIE
LE BOL D’AIR DU PRÉSIDENT
Toujours au plus près du président français, la photographe Elodie Grégoire le suit depuis une dizaine d’années. Pour «L’illustré», elle était dans son sillage samedi dernier lors de son déplacement à Montreux.

Par Arnaud Bédat - Mis en ligne le 26.10.2010

C’est un secret de Polichinelle, Nicolas Sarkozy n’aime guère la Suisse. Secret bancaire, paradis fiscal, affaires UBS et HSBC, évasion fiscale, sans compter son procès gagné contre Le Matin lors de ses déboires conjugaux avec Cécilia: la paisible Helvétie n’a rien pour plaire aux yeux du président français, en dehors de ses Rolex et de ses Breitling qu’il arbore volontiers à son poignet. Sa visite de quelques heures samedi dernier à Montreux l’aurat-elle réconcilié avec notre pays? Possible. Alors que la révolte gronde dans les rues de France, popularité en chute libre, «il a été conquis par l’accueil très chaleureux des Suisses lors de son bain de foule sur les quais de Montreux et de sa visite au Village francophone, déclare un de ses accompagnateurs. Tout le monde a été très gentil avec lui, il en a été très étonné.» Des stands le long desquels l’homme pressé a déambulé d’un bon pas, écharpe bleu marine autour du cou, mains dans les poches, souriant volontiers aux badauds photographes d’un jour et saluant les passants étonnés de le voir passer par là. Mais pas question de s’arrêter pour entamer la conversation ni même d’accorder une interview à un média de son pays d’accueil, ne serait-ce que quelques secondes pour dire son bonheur d’être en Suisse. «Ce n’est pas le bon timing pour lui», répétait-on en coulisses à l’Elysée, avant même son arrivée. En dehors de son discours à la tribune, Sarkozy est donc resté médiatiquement muet durant son court passage dans notre pays.

«LA VEDETTE DU JOUR»

Mais son indéniable charisme aura fait mouche non seulement sur les quais de Montreux mais également à l’intérieur de l’auditorium Stravinski, où se tenaient les assises de la Francophonie. Regards luisants guettant sa trajectoire à travers la foule, plusieurs leaders africains se bousculaient gentiment pour le saluer dans les travées et parler avec lui. «C’était vraiment la vedette du jour, relate un observateur, celui dont on a recherché le plus la compagnie.» Un peu comme une rock star avec ses groupies, un tableau quelque peu insolite dans cet aréopage de chefs d’Etat du monde entier. La présidente de la Confédération, Doris Leuthard, a eu droit à la bise et à beaucoup d’égards, davantage que Micheline Calmy-Rey, reléguée ostensiblement au second plan par le président français. Entre l’homme de droite et la femme de gauche, il est apparu aux yeux de tous qu’il n’y avait en fait guère d’atomes crochus.

«Je trouve fascinant de suivre les sommets et de voir à chaque fois comment les chefs d’Etat se comportent entre eux, sourit la photographe Elodie Grégoire. Je ne m’en lasse pas.» Elle a su gagner la confiance du chef d’Etat. Son statut privilégié lui a une fois de plus ouvert les portes de moments inattendus dans les coulisses du sommet de Montreux et offre quelques photos étonnantes. Petite réunion avec son staff dans une salle attenante au lieu de la conférence, propos échangés en aparté dans un couloir avec Bernard Kouchner, conciliabules avec les présidents malien et sénégalais en pleine crise des otages français au Sahara. Autant de photos qui traduisent la liberté de ton et l’œil vif de cette photographe «embarquée».



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Tags: Nicolas Sarkozy, Francophonie, Montreux Aller en haut de page Haut de page

 

Dans le sillage du président français

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