Il aura suffi d’une robe fourreau de satin ivoire, moulante à souhait, et d’un plan serré de caméra, la filmant de dos alors qu’elle se penchait pour réajuster la traîne de sa sœur, pour que toute la gent masculine tombe imparablement sous le charme de Pippa Middleton, le 29 avril dernier à Westminster.
A l’ère du web, de Twitter et de Facebook, cette image de son divin derrière, tout en lui échappant, l’a starifiée avec une fulgurance inimaginable. Aussitôt un groupe baptisé Pippa Middleton Ass Appreciation Society, réunissant les amateurs éclairés du popotin de la demoiselle, était créé sur Facebook. Il compte désormais 232 414 fidèles!
Plutôt que de s’en offusquer, Philippa Middleton, dite Pippa, et même Pip pour ses intimes, s’est tue. Elle a très vite compris qu’elle pourrait capitaliser sur ce coup d’éclat inattendu, et cela se vérifie. Seule Kate aurait éventuellement pu lui en vouloir. Qu’en a-t-il été? «Je pense bien que Kate a dû être surprise par l’intérêt général suscité par sa sœur! répond le célèbre biographe de Diana, Andrew Morton, au site Pop-Eater. C’était le grand jour de Catherine, et Pippa, sans pour autant s’approprier l’événement, s’est fait remarquer.»
Sur le modèle des princes William et Harry, les sœurs Middleton ont souvent été en compétition. C’était déjà vrai au niveau de leurs performances scolaires et sportives toutes jeunes. Cela ne s’est pas arrangé lorsque Kate et William ont commencé de flirter.
INSATISFAITE DE SA CONDITION
En épousant son prince charmant, Kate a pris l’ascendant sur sa cadette, mais celle-ci a d’autres atouts que ses jolies fesses. Elle est moins lisse, plus pétillante, plus futée que son aînée, confient certains proches. Jeune fille, elle caressait, comme Kate, le rêve d’épouser un prince. Elle n’a pas renoncé.
Pippa Middleton ne s’est jamais satisfaite de sa condition. «Elle est la personne la plus socialement ambitieuse que j’ai rencontrée, confie une connaissance au quotidien Daily Mail, la plus vive également.» Comme sa sœur aînée, Philippa a été «programmée» pour réussir. Elles ont toutes deux suivi un enseignement similaire, dans des écoles huppées et privées, à l’image du prestigieux Marlborough College. Pippa n’a pas fréquenté l’Université de St. Andrews, mais celle d’Edimbourg, où elle décroche en 2007 un diplôme en littérature anglaise.
A son retour à Londres, elle papillonne. Ses flirts sont souvent intéressés. Issue de la classe moyenne supérieure, Pippa assimile tous les codes de la haute société. Elle fréquente les bars branchés de Londres, tel le Boujis, un night-club où William et Harry ont leurs habitudes. On surnomme bientôt les filles Middleton les Wisteria Sisters, en référence à la série TV Desperate Housewives. Kate n’a pas encore annoncé ses fiançailles…
LES MOYENS DE RÉUSSIR
Pippa a la personnalité la plus extravertie. Elle accepte mal d’avoir pour parents une exstewardesse et un ancien pilote. Ces derniers sont pourtant prêts à tous les sacrifices. Ils acquièrent pour 1,2 million de francs un appartement sur King’s Road, dans le quartier très chic de Chelsea, à Londres, histoire d’offrir à Pippa, surtout, un repaire digne de ses ambitions.
La jeune femme n’attend pas les bras croisés. Elle se forme dans le marketing et les relations publiques chez Table Talk, une compagnie de catering spécialisée dans l’événementiel, ne fréquente que du beau linge. Sa sœur lui envie sa liberté. Pippa sort avec de jeunes héritiers, des aristocrates, des fils à papa. Elle est aussi insatiable qu’insatisfaite…
«Où qu’elle aille, les gens sont excités de la voir»
Alex Coulson, promoteur sportif
La presse populaire la décrit comme «capiteuse et dotée d’une féroce aptitude à grimper les échelons». Véritable bible de la bonne société anglaise, le magazine Tatler la désigne, en 2008, comme la jeune célibataire la plus in du royaume. Rebelote en 2009, cette fois avec le titre de célibataire la plus attirante. Un double camouflet pour Kate.
Dans l’organisation de spectacles, Pippa Middleton gagne ses galons de femme d’affaires. Elle fonde, à l’été 2010, The Party Times, un magazine on line dédié à la vie nocturne, extension de l’entreprise Party Pieces, dirigée par ses parents, qui commercialise en ligne des accessoires de fête.
ÉGÉRIE DE LA MODE
Devenue l’égérie du milieu bobo londonien, Pippa Middleton demeure cependant inconnue du grand public. Le mariage de sa sœur va tout changer. Sa cote explose. Elle croule très vite sous les offres d’emploi. Promue princesse du web, elle devient une poule aux œufs d’or pour nombre de marques en Grande-Bretagne. On s’arrache les vêtements et accessoires qu’elle porte.
Chez le maroquinier Modalu, le chausseur Aruna Seth, les boutiques Zara et John Lewis, le tiroir-caisse s’affole. Détail d’importance: Pippa a toujours refusé qu’on lui offre ses vêtements. Elle paie, afin de ne pas se sentir redevable.
Un secteur inattendu profite aussi de l’effet Pippa: la chirurgie esthétique. Directrice de la Harley Street Skin Clinic à Londres, Lesley Reynolds Khan confie: «Depuis le mariage royal, nous avons enregistré une hausse de 60% des réservations et demandes concernant la chirurgie des fessiers.»
Outre-Atlantique, l’Américain Steven Hirsch, patron de Vivid Entertainment, l’un des plus gros distributeurs de films X du monde, tente une approche. Sans s’embarrasser de politesses excessives, il envoie une lettre à Pippa, reproduite par le site people TMZ. «Je me suis dit qu’avec votre beauté et votre attitude, vous pourriez être une immense star de films pour adultes. (…) Pour une scène explicite, je vous offre 3,5 millions d’euros et, bien sûr, vous pourrez choisir votre partenaire.» Trop aimable. On imagine la tête de la reine Elisabeth II!
FORMIDABLES CONTRATS
Pippa Middleton voyage. Elle fait un détour remarqué par Roland-Garros. Rentrée à Londres, elle signe avec Justin Bieber, l’idole des teenagers, un contrat juteux réservant à Party Pieces l’exclusivité de la distribution sur le web des produits dérivés. Un deal royal qui s’ajoute à ceux conclus avec Disney pour le film Toy Story 3, Nintendo (Super Mario) et le club de foot de Manchester United.
Michael et Carole Middleton se frottent les mains. Interrogé par le Daily Mail, Phil Dampier, spécialiste de la famille royale, y voit un risque de dérapage: «Les Middleton doivent prendre garde à ne pas exagérer. S’ils génèrent trop de profits, cela pourrait constituer un problème pour le palais, surtout au moment où Kate s’efforce de faire profil bas.»
HARRY PLUTÔT QU’ALEX?
Heureuse en affaires, Pippa Middleton l’est-elle aussi en amour? Pas sûr. En couple depuis un peu plus d’un an avec le Londonien Alex Loudon, 30 ans, un ancien joueur pro de cricket reconverti dans la finance, diplômé de la prestigieuse Université de Durham et membre du directoire de la SABMiller, deuxième plus importante brasserie du monde, elle serait sur le point de le larguer. Selon une source citée par le site web Pipole, Pippa ne supporterait plus la jalousie de son compagnon, qui lui reproche ses nouvelles amitiés masculines…
«Pippa a toujours su se faire remarquer»
Andrew Morton, biographe de Diana
Et si elle avait conquis le cœur du prince Harry? Lors du mariage du 29 avril, visiblement sous le charme, celui-ci lui avait soufflé: «Tu es vraiment magnifique aujourd’hui, sérieusement.» A en croire le site web anglais The People, propriété du Mirror, Harry et Pippa se sont retrouvés discrètement en tête-à-tête dans un pub du quartier de Chelsea fin mai. Une information à mettre au conditionnel.
Il ne fait toutefois plus de doute que Harry et Pippa s’entendent bien. Dans le fond, n’a-t-elle pas un petit air de Wallis Simpson, qu’Edouard VIII préféra épouser plutôt que de régner en 1936? Reprenant à son compte le sentiment généralement partagé outre-Manche, qui voudrait qu’à l’image de Kate et de William, Pippa finisse par épouser Harry, le biographe Andrew Morton confie: «Nous avons tous envie d’une fin hollywoodienne, et ce ne serait pas une première dans la famille Middleton. Peter, le grand-père de Kate et de Pippa, et son frère ont épousé deux sœurs.»