La toison des 400 000 moutons suisses est brûlée faute de débouchés. La marque MOVER donne à ce matériau naturel une deuxième vie high-tech.
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Philippe Clot - Mis en ligne le 21.06.2011
On peut faire du business écoresponsable sans en faire une priorité absolue et sans même s’en vanter. Nicolas Rochat, patron de Mover, marque de vêtements de sports d’hiver haut de gamme, a simplement redécouvert en 2005 «l’avantage d’utiliser une fibre naturelle», en l’occurrence la laine, dans un secteur où les fibres synthétiques font la loi en raison de leur faible coût.
Mais la première option indirectement écologique de Mover, ce fut de rapatrier la production de Chine en Europe. «Faire fabriquer en Asie ce que nous pouvons faire près de nous avec des matières premières venant ellesmêmes d’Europe, cela nous a paru absurde, se souvient Nicolas Rochat. Cet aller-retour de matières, nos déplacements fréquents en avion... Tout semblait aller à l’encontre du bon sens.» Et c’est donc au Portugal que ces bijoux hivernaux sont désormais taillés et cousus. «Le plus rationnel sur le plan de la logistique devient en fait souvent le moins cher, du moins dans notre segment de marché, le haut de gamme. Et ce choix correspondait aussi au fait que nous faisons bel et bien le maximum pour réduire notre impact écologique, parce que c’est notre état d’esprit, parce que c’est notre génération.»
PROUESSE TECHNIQUE
La deuxième vitesse verte, c’est le matériau utilisé pour les sous couches, mais aussi désormais pour l’isolation des vestes elles-mêmes: de la laine de mérinos suisse. Nicolas Rochat est très fier de cette innovation, de cette prouesse technique assurant un confort de mouvement et une thermorégulation supérieurs aux fibres synthétiques. Ces morceaux de laine associée à 20% de fibre de maïs sont une invention allemande baptisée Swisswool, en raison de la provenance de la laine. Mover, via Swisswool, donne ainsi un débouché à une laine que les propriétaires de moutons suisses doivent encore majoritairement brûler, faute de débouchés.
Et pourquoi la marque n’affiche-t-elle pas, avec un label suspendu aux fermetures éclair par exemple, sa plus-value verte? «Notre raison d’être, c’est de faire du vêtement technique, haut de gamme et produit en Europe. Se profiler comme écologique, revendiquer un côté que j’appellerais «bio marguerite», cela ne marcherait pas dans les niches haut de gamme. Notre clientèle est certes ravie de constater que nous sommes plutôt écoresponsables, mais ce n’est pas cela qui la conduit vers nos produits. Du moins pas encore.»
Site internet de Mover: www.mover.se