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MULTITUDE
BANDES DE POISSONS: QUAND L’UNION FAIT LA FORCE
Protection, reproduction, illusion: chez les poissons, l’union fait souvent la force. Parmi toutes les stratégies de survie du règne animal, le partage des risques reste le plus sûr moyen de passer entre les gouttes. Explications en images.

Par PASCAL KOBEH - Mis en ligne le 19.04.2011

La stratégie de défense d’un banc de poissons repose sur l’homogénéité, la discipline et l’organisation. A quelques rares exceptions près, les bancs sont formés de poissons de la même espèce, nageant à la même allure, pointant leur nez dans la même direction, tous placés à la même distance de leurs voisins. Qui donne le ton, qui décide du changement de direction, de la vitesse? Encore un mystère…

L’avantage du banc comme moyen de défense est double, voire triple. D’une part, il empêche un prédateur de fixer une proie bien précise. D’autre part, le groupe peut prendre une forme bien particulière et donner alors à un ennemi l’illusion d’un individu de grande taille. Le prédateur n’osera peutêtre pas s’y frotter. Enfin, la loi des grands nombres s’applique également. Pour le petit poisson, faire partie d’un banc, c’est caresser l’espoir que la victime sera le voisin. Chacun compte aussi sur l’autre pour détecter le chasseur, et il est intéressant de noter que le mouvement au centre du banc est absolument simultané au mouvement à la périphérie, et ce quelle que soit la taille du groupe.

SYNCHRO PARFAITE

Un prédateur qui repère une proie a besoin de la fixer, puis une fois «accrochée» (comme peut le faire un radar), il fond sur elle et l’engloutit. Un banc en mouvement est donc une gageure pour lui. Ce dernier peut être tenté de foncer au hasard, la gueule grande ouverte, en espérant attraper un poisson. Peine perdue, s’il ne tombe pas sur un individu déjà blessé ou malade, il se retrouvera de l’autre côté du banc, bredouille après avoir traversé un tunnel qui s’écartait au fur et à mesure de son passage!

Un banc ne regroupe pas forcément des poissons de la même espèce, mais ils doivent présenter des caractéristiques communes. Tous nagent à la même vitesse, tous sont de la même taille, possèdent le même aspect général, et chacun doit maintenir la même distance vis-à-vis de ses voisins.

Cette stupéfiante synchronisation est possible grâce à des cellules sensorielles disposées le long des flancs. Ultrasensibles, elles perçoivent la moindre onde causée par une perturbation dans l’eau et la retransmettent à chacun. Les bancs se créent et se maintiennent selon ces diverses indications sensorielles. Les lignes latérales semblent être prépondérantes pour déterminer la vitesse du banc, alors que la vision règle la distance et l’angle de chaque poisson par rapport aux autres.

PROTECTION PARENTALE

La sexualité animale également utilise la multitude comme moyen de survie. Elle se distingue en deux groupes aux stratégies opposées: les tenants de la méthode où l’on pond beaucoup d’œufs dans l’espoir que quelques-uns survivront aux énormes pertes. Et puis les partisans d’une stratégie où la descendance est très restreinte, mais protégée le plus possible. Par exemple, les nids de poissons-clowns forment un tapis. Entre 100 et 1000 œufs d’une taille de 3 millimètres environ sont couvés sous la farouche et agressive surveillance du mâle. Il passe alors plusieurs fois par-dessus pour les fertiliser. Pendant une semaine, tandis qu’il les nettoie avec ses nageoires pectorales, le père protège sa ponte contre d’autres poissons tentés d’en faire leur repas…

Chaque année, en Australie, des milliers de crabes-araignées de mer migrent des grands fonds vers des eaux peu profondes dans lesquelles ils vont muer. Le temps que leur nouvelle carapace durcisse, ils sont très vulnérables et risquent de se faire dévorer par leurs prédateurs, notamment les raies. En se regroupant et en se déplaçant telle une armée en marche, ils se sentent naturellement beaucoup plus forts.



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Tags: Poissons, bandes, union, photos, Pascal Kobeh Aller en haut de page Haut de page

 

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