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Michel Jeanneret - Mis en ligne le 02.08.2011
On dit de lui que c’est «le plus grand joueur de tous les temps», qu’il est aussi «le plus sympathique», que c’est «le meilleur ambassadeur que la Suisse ait jamais eu» et qu’en plus «il a su rester modeste» et «fidèle à lui-même». On a tout dit de lui, parce que Roger Federer est la star totale. Le sportif ultime qui, en plus d’être parvenu à se hisser au sommet du tennis mondial, a également relevé son défi d’humain, peut-être le plus difficile: devenir un type bien.
Roger Federer, c’est le sacre du talent, bien sûr, mais c’est également la victoire du travail. Le dossier exceptionnel que L’illustré lui consacre à l’occasion de son 30e anniversaire le montre bien: de même que Rome ne s’est pas faite en un jour, il a fallu de nombreuses années pour que s’érige non seulement le monument du tennis, mais aussi l’homme Federer. Aujourd’hui incontesté sur tous les plans, Roger l’est devenu au terme d’une odyssée qu’il a entamée en ado vaniteux et briseur de raquettes, avant de soulever la coupe du champion toutes catégories, roi de l’élégance sur les courts mais aussi dans toutes les cours. Un fait exceptionnel.
L’enseignement que nous pouvons tirer de son fabuleux parcours se trouve sous nos yeux. A l’heure où – quelque peu dubitatifs – nous observons le spectacle de stars qui se sentent inspirées de mettre en scène leur décadence pour tenter d’honorer un statut, Federer démontre quelque chose de profondément rassurant: on peut être un homme admiré en restant parfaitement normal. Et la leçon que nous donne Roger est applicable par tous, parce qu’elle est davantage une leçon de vie que de tennis. Ainsi, si nous ne deviendrons pas toutes et tous des virtuoses de la raquette en suivant son exemple, ce qui est certain, c’est qu’avec du travail, il nous est possible de devenir des gens bien. Car ce talent, nous l’avons tous en nous.