Kimax, quèsaco? Ce nom sibyllin et la promesse d’essayer un «truc» proposé depuis seulement quatre mois en Suisse romande, m’ont amenée un lundi soir à Yverdon. Ma mission: me défouler en tapant dans un sac. Le kimax, dont le concept vient d’Argentine, mêle en effet différentes techniques de sports de combat avec un zeste de gym. En entrant dans la salle, je me demande vaguement si je ne vais pas être totalement ridicule. Car me retrouver parmi des gens de tout âge qui savent, eux, enchaîner rapidement crochets du droit et directs du gauche, avec des coups de genou puis de pied, le tout en musique… Enfin, il est inscrit sur le prospectus: «aucun prérequis». Le coach, Fabrice Gaube-Banas, est charmant, clair, rigolo et… quel direct! Il m’explique que le cours se déroule en trois parties:
1. échauffement: environ dix minutes;
2. technique: boxe (poings), boxe thaïlandaise (poings, genoux, pieds), kick (pieds) et fight (on mélange tout);
3. stretching.
Evidemment, nous sommes tous là pour nous défouler, transpirer, exercer le cardio, nous muscler et rigoler.
Le coup du gamin
Petits pas de course, étirements, roulement des épaules, assouplissement, j’assure, à l’échauffement. Face au sac sur pied, gantée, je crâne déjà moins. Ma compagne d’un cours, Isabelle, six ans de kickboxing et deux mois de kimax dans les poings, se donne à fond. «J’élimine toutes les énergies négatives. Le kimax me défoule et me rend zen.» Bonne élève, je l’imite, cherche cette «zénitude» (aux abonnés absents pour moi; est-ce dû à ma condition de novice?). Et voilà que je me surprends à taper comme une sourde dans ce gros boudin noir, et sans avoir besoin de visualiser la tête de mon pire ennemi! Passé dix-sept minutes, je suis en nage. Plus se succèdent les rounds - suite d’exercices montrés par le coach et séparés par un coup de gong -, plus je me concentre pour tenter d’enchaîner sans trop de dyslexie un zapping de coups un brin désordonnés. Ne pas oublier de serrer les poings sous peine de les retrouver en compote, de protéger son visage, de taper avec le cou-de-pied et non la pointe (pour épargner ses orteils). Quand le coach s’exclame: «Et ça, c’est pour le gamin. Puis paf, paf, gauche, droite!» Non mais, Fabrice… Suis choquée, vais lui faire une tête de Mickey à ce coach! Le lui dit. Il rit, m’avoue être Belge et utiliser cette expression qui, dans son plat pays, signifierait: un coup pour distraire ou pour beurre. Car nous sommes aussi un peu là pour apprendre à nous défendre, même si ce n’est pas la vocation première du cours. Dont acte. Et «poing» final.
Kimax, 10 cours: 190 fr.; gants; 79 fr. Ecoles-clubs Migros, Vevey, Yverdon et Lausanne. www.ecole-club.ch